Tous sports - Ysaora Thibus : « J'espère des avancées concrètes (en Guadeloupe) »

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Au moment où la Guadeloupe est en proie à de violentes tensions, l'escrimeuse appelle à un vrai dialogue. Fleurettiste prometteuse, Ysaora Thibus a quitté tôt la Guadeloupe pour rejoindre l'Insep et la métropole. Devenue cet été vice-championne olympique par équipes, la tireuse est très attachée à ce territoire où elle retourne régulièrement voir sa famille. Les événements actuels en Guadeloupe ne la laissent donc pas indifférente. Au point de plaider publiquement pour un apaisement et une résolution intelligente des problèmes soulevés. lire aussi Le blues du foot antillais « Il y a quelques jours, vous avez lancé sur les réseaux sociaux un appel à l'apaisement. Avez-vous eu des échos depuis ?
Pas mal de gens ont relayé. En métropole, certains n'avaient pas forcément très bien compris la situation. Du coup, cela a permis d'apporter un éclairage sur le sujet. Majoritairement, les Guadeloupéens, sur place ou en métropole, ont été contents que l'on puisse faire entendre leur point de vue. Ils se sont sentis écoutés. On n'a eu que de bons retours, des messages bienveillants, des remerciements. Ils étaient heureux de voir que des personnes les représentant dans d'autres domaines puissent aussi parler de la Guadeloupe en ce moment, car la situation est délicate. « Il y a de nombreux problèmes en suspens, notamment l'emploi, le coût de la vie ou encore l'accès à l'eau » Sur place, quelles sont les conséquences sur les installations sportives ? Des gymnases auraient subi des dégradations. On parle même d'incendies...
Ça dépend de l'endroit où l'on se trouve, mais ce n'est pas forcément évident de faire du sport en ce moment. Ceci dit, ce n'est pas seulement une question d'installations sportives. C'est aussi une question d'accès aux écoles, aux lieux de travail, aux commerces. C'est vrai qu'il y a des barrages, des dégradations dans pas mal d'endroits. Mais il n'y a pas que ça non plus. Il y a aussi des manifestations très pacifiques. Pour autant, cette situation de paralysie, qui s'ajoute au Covid, n'est évidemment pas bonne pour l'économie de la Guadeloupe. Pointe-à-Pitre a été dégradée par exemple, pas mal d'endroits ont été ciblés. Il va donc falloir prévoir un budget pour réhabiliter. Comment les sportifs guadeloupéens, mais aussi martiniquais, vivent-ils cette situation, sur place comme en métropole ?
On est tous touchés par cette situation. D'ailleurs, plein de sportifs ont relayé le message et ils avaient aussi des choses à dire. On est attachés à la Guadeloupe qui est un département français. On sait comment ça se passe. J'y ai grandi, toute ma famille est là-bas. Donc, on veut forcément que la situation s'arrange et s'apaise. On aimerait qu'un vrai dialogue soit ouvert et des solutions apportées. Car il y a de nombreux problèmes en suspens, notamment l'emploi, le coût de la vie ou encore l'accès à l'eau. Il y a aussi en Guadeloupe des problèmes d'évolution et de débouchés. On n'ignore pas que revenir au pays peut être compliqué économiquement. Car il y a des inégalités entre Outre-Mer et départements métropolitains. Il y a des gens qui méritent d'avoir de meilleures conditions de vie. Il y a des discours et des messages qui sont légitimes.

Quel est votre sentiment concernant ces événements et leur évolution ?
Je suis très attristée de voir ce qu'il se passe. Mais ces revendications ne sont pas nouvelles. Je connais le coût de la vie sur place. Une majorité de la population essaie de se faire entendre. J'espère que cela va déboucher sur des avancées concrètes. » lire aussi Ysaora Thibus : « Les sportives ont des choses à dire »

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