Le Stade Villeneuvois veut mettre en place des CDD sportifs pour ses joueuses de rugby

L'équipe du Stade Villeneuvois évolue en Championnat Elite 1, l'équivalent du Top 14. (Stade Villeneuvois)

Le rugby féminin n'est toujours pas professionnel. Le petit club de Villeneuve- d'Ascq relève ce défi.

Daniel Herrero, entraîneur emblématique du Rugby Club Toulonnais et du PUC l'assure : « Le rugby féminin aujourd'hui flamboie, pétille, obtient des résultats remarquables, le Championnat est de très bon niveau, nos filles bataillent tous les dimanches après des semaines d'entraînements rigoureux, appliqués, méthodiques. »

Or, malgré cet élan, le rugby féminin n'est toujours pas professionnel. Seules les internationales disposent de contrat et les autres joueuses touchent simplement des primes de match. Une aberration contre laquelle un petit club du Nord a décidé de lutter. Le Stade Villeneuvois, club de Lille Villeneuve-d'Ascq, a annoncé que des CDD sportifs allaient être proposés à ses joueuses pour la saison prochaine.

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Laura Di Muzio, présidente et ancienne internationale s'est lancée le défi fou d'avoir la première équipe féminine semi-professionnelle. Le club dispute le Championnat Élite 1, l'équivalent du Top 14. « La situation doit évoluer, de nombreuses filles sont dans des situations précaires, je ne supporte plus de les voir faire des choix entre le rugby et les études ou bien même devoir se lever à 4 heures du matin pour pouvoir payer leurs factures et venir à l'entraînement le soir. Comment peut-on expliquer à ces filles qu'elles ne touchent que 200 à 300 euros par mois grâce à des primes alors qu'elles sont les meil­leures dans leur sport ? », explique d'un ton agacé la présidente.

Pour me­ner à bien ce projet, le club fait un appel aux dons. « Le but est de proposer un contrat à 600 euros par mois pour 50 % de l'effectif et dans trois ans pour toutes les joueuses. En un mois, nous avons atteint 30 % de notre objectif grâce aux entreprises locales. »

Le projet suscite l'adhésion. Le Stade Villeneuvois reste une petite structure à côté des grands clubs aux budgets plus importants mais c'est bien lui qui s'est lancé en premier. « J'ai reçu énormément de messages de joueuses, d'entraîneurs ou même de présidents pour savoir comment on va faire », assure la présidente.

« Devenir semi-professionnelles nous aiderait énormément dans notre quotidien, notamment au niveau de la récupération, se réjouit Cécile Bouchard, joueuse et chargée de communication et marketing. Ça devient parfois difficile de quitter son domicile à 8 heures et d'y revenir à 22 heures sans avoir encore mangé, et ce tous les jours. »

Daniel Herrero clôt le sujet : « On ne peut plus considérer qu'autant d'engagement, autant de pugnacité, autant de passion ne se concrétisent pas par un salaire décent. »