Stefano Vukov, coach d'Elena Rybakina après son titre à Wimbledon : « J'en étais sûr à 100 % »

Stefano Vukov, coach d'Elena Rybakina après son titre à Wimbledon : « J'en étais sûr à 100 % »

Le Croate Stefano Vukov, qui coache Elena Rybakina depuis la fin de l'année 2018, était certain que sa joueuse allait gagner un jour Wimbledon. C'est juste arrivé plus tôt que prévu.

« Avez-vous toujours pensé qu'elle pouvait gagner Wimbledon ?
Oui, j'en étais sûr à 100 %. Je ne pensais pas forcément tout de suite, parce qu'on a connu pas mal de difficultés cette année, entre les blessures et le coronavirus. Mais j'y croyais à fond parce qu'elle est calme dans les moments chauds. Elle a ce talent. Elle me l'a montré dès le premier tournoi auquel on a participé, il y avait beaucoup de matches serrés et elle s'en était sortie. Sans effort apparent. Parce que c'est sa personnalité.

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Quand on a débuté, elle était aux alentours du top 200. Elle était venue me voir pour me dire : '' Je veux être n°1.'' Je lui avais répondu : ''OK, cool, mais essayons d'abord de voir si on peut gagner le tournoi 25 000 dollars.'' On était quelque part en Chine. Et elle a gagné deux tournois d'affilée, juste pour me montrer que j'avais tort. C'était une petite compétition entre nous qui a marché. J'ai compris qu'elle voulait aller vite, alors que je lui disais qu'il fallait quand même prendre un peu son temps. Et cette année-là, elle a fini 36e mondiale.

A-t-elle le jeu pour être n°1 ?
De nos jours, oui, absolument. J'ai été très surpris par la retraite de Ashleigh Barty, c'est elle que je surveillais de près. Désormais, les possibilités sont ouvertes. Avec les points, elle aurait été n°2 à la Race et n°7 au classement. Le niveau est là. Elle est capable de jouer sur toutes les surfaces.

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« C'est elle qui est calme, et moi, j'amène l'électricité et l'énergie. Elle est comme ça, elle n'en fait jamais trop en essayant d'être différente. »

Elle n'a pas semblé perturbée par l'enjeu durant cette finale de Wimbledon...
La victoire contre Halep en demie a été très importante. Elle avait perdu deux matches très serrés contre elle en finale de Dubai (en 2020) et l'année suivante à l'US Open. Les deux rencontres s'étaient déroulées de la même manière, avec un set d'avance, un break d'avance et elle avait commencé à se montrer nerveuse avant de perdre. Cette fois-ci, il y avait aussi quelque chose de personnel dans cette finale, pour se prouver à elle-même qu'elle avait progressé. On a senti qu'elle avait beaucoup de confiance. Elle avait aussi gagné sur le Court 1 pour sentir l'atmosphère des grands courts.

Mais elle n'a rien montré et vous étiez tous comme fou dans la box...
C'est comme ça que ça marche pour nous. C'est elle qui est calme, et moi, j'amène l'électricité et l'énergie. Elle est comme ça, elle n'en fait jamais trop en essayant d'être différente. Elle a l'habitude de nos manifestations, je pense même qu'elle ne doit même plus m'entendre quand je crie.

Pourriez-vous nous la décrire en quelques mots ?
Une grosse travailleuse. Perfectionniste, même si ça peut-être parfois compliqué quand les choses ne fonctionnent pas comme elle le souhaite. Tout ça sans rien montrer de ses émotions. Pour moi, c'est le ''mix'' parfait !

Elle dégage beaucoup de puissance, mais elle bouge plutôt bien, non ?
Son centre de gravité est assez haut, pour bouger d'un coin à l'autre, mais on a beaucoup travaillé pour rendre les choses simples. Mais comme elle est timide, et qu'elle ne croit pas toujours en elle, quand une balle est courte, elle n'ose pas y aller ou se dit qu'elle ne l'aura jamais. Mais elle est très coordonnée, elle a fait dans sa jeunesse de la gym et du patin à glace. Les parents ont fait un bon travail avec elle. Ils ne lui ont jamais mis la pression. Quand ils l'avaient incité pour aller dans une université américaine, c'est elle qui n'avait pas voulu. Elle est restée à la maison, avec son petit groupe.

Pensez-vous que c'était injuste pour elle qu'on mette en avant durant ce tournoi le fait qu'elle soit née en Russie ?
On l'a compris on sait comment le monde fonctionne. On a saisi la situation, on n'est pas bête. On savait qu'on n'allait pas pouvoir éviter ce débat. Ce qui se passe est un gros problème dans le monde, tout le monde veut que ça s'arrête, et également elle et les joueurs de tennis. Mais ça ne l'a pas affecté du tout. Elle avait eu les mêmes problèmes quand elle était partie au Kazakhstan. Les gens n'arrêtaient pas de lui demander : ''Pourquoi ? Pourquoi ?'' C'est la même histoire, à une autre échelle. Il n'y avait rien à cacher, juste à dire la vérité.

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Qu'est-ce que cette victoire représente pour le Kazakhstan ?
Beaucoup, évidemment. Le tennis est beaucoup aidé là-bas, on a des infrastructures incroyables. J'espère que beaucoup d'enfants vont s'en inspirer. C'est difficile pour nous parfois de voyager aussi loin pour rentrer s'entraîner, elle n'est pas rentrée à la maison depuis la fin de l'année dernière. Ses parents vivent à Moscou, les visas sont difficiles pour voyager. Ce n'est pas toujours simple pour Elena. »

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