Story - Ciro Petrone, des plateaux de la série Gomorra aux terrains de foot

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Révélé dans le film « Gomorra », l'acteur Ciro Petrone déniche désormais les talents en devenir sur les terrains de la région de Naples.

La scène est culte et a donné une affiche qui l'est tout autant : un grand maigre au nez proéminent qui tire à la AK47 sur une plage, en slip. Cette image d'Épinal du sud de l'Italie, on la doit au film Gomorra, sorti en 2008, inspiré du roman de Roberto Saviano, primé de nombreuses fois (la série éponyme a aussi connu un grand succès).

Ciro « Pisellino » Petrone, le tireur en slip, a aujourd'hui 33 ans et une dizaine de films à son actif après cette ascension fulgurante : « J'ai grandi dans le quartier de Montesanto à Naples, je n'ai jamais pris de cours de théâtre, confie-t-il. Je travaillais avec mon père, qui tient un stand de fruits, quand une photographe m'a proposé de rencontrer un réalisateur. C'était Matteo Garrone, qui s'appuyait sur une agence via laquelle j'avais fait un premier film bien plus jeune. Il n'y a pas eu vraiment de casting, mais j'ai eu le rôle. Nous, Napolitains, avons tous un talent caché. »

Bien qu'étant l'un des multiples personnages de ce long-métrage, le physique particulier de Petrone a marqué les esprits, notamment ceux des footballeurs, qui raffolent des films sur la mafia : « Quand j'allais à Milan, je fréquentais le restaurant Giannino, le quartier général d'Adriano Galliani (ex-dirigeant historique de l'AC Milan). Les joueurs me reconnaissent, j'ai même passé toute une nuit en discothèque avec Lionel Messi et son frère, Ezequiel Lavezzi est venu à mon anniversaire, Alexandre Pato est un ami... »

En les côtoyant, il affine ses connaissances et pas forcément son réseau de contacts : « Sans me vanter, je suis compétent en matière de foot. Je consomme énormément de matches, jusqu'aux Championnats américains. Je faisais des story sur Instagram, où m'a contacté Francesco De Marco, le frère d'un ami et surtout un agent licencié à la Fédération italienne. »

Depuis l'an dernier, Ciro Petrone écume ainsi les terrains de Naples et ses alentours à la recherche de talents dans le plus gros réservoir d'Italie : « Ma notoriété est une arme, les joueurs sont intrigués quand je les contacte. Je garantis une certaine crédibilité et ils voient que je suis un gars simple qui a gardé les pieds sur terre. Si je ne croyais pas en eux, quel intérêt aurais-je de les tromper pour 200 ou 300 euros de commission ? »

Il a ainsi ramené plusieurs joueurs de Serie B et C dans l'écurie de De Marco, qui se charge d'interagir avec les clubs, car Petrone n'a pas l'intention de prendre de licence et se complaît dans ce rôle de talent scout : « Ce sont des gamins de quartiers difficiles, beaucoup ont un talent inné, ils savent qu'ils sont bons mais ne s'imaginent pas évoluer en Serie A. Je leur fais comprendre que leur vie peut changer du jour au lendemain. » Comme quand on passe d'un stand de fruits et légumes à l'affiche d'un film culte.

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