Stratégie inchangée pour Suzuki à l'approche du titre

Léna Buffa
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Suzuki aborde l'avant-dernière course de la saison avec un potentiel inédit depuis 20 ans, celui de remporter les titres constructeurs et teams, mais aussi la plus prestigieuse de toutes les couronnes, celle des pilotes. , distancé de 37 points pour le moment. Si l'équipe d'Hamamatsu n'a pas voulu jusqu'à présent imposer de consignes à son binôme, son patron prévient que ce ne sera toujours pas le cas ce dimanche, quels qu'en soient les risques.

"Nous restons fidèles à notre stratégie, à notre philosophie, qui est de ne pas avoir de consignes d'équipe. C'est également une marque de respect. Álex est toujours dans la course au titre. Si Fabio Quartararo est encore dans la lutte, Álex Rins l'est aussi", rappelle Davide Brivio au site officiel du MotoGP.

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Au vu des performances affichées dimanche dernier, sur ce même circuit de Valence, les chances de célébrer le titre de Joan Mir avant de se rendre la semaine prochaine au Portugal sont réelles. Si ce second Grand Prix devait produire le même résultat, avec une victoire du Majorquin devant son coéquipier, les lauriers seraient en effet acquis. Et même si Rins devait trouver les ressources pour inverser leur ordre à l'arrivée, cela resterait insuffisant pour qu'il puisse battre le jeune leader. Il ne faut pas oublier la concurrence, qui peut contribuer à repousser l’échéance, mais Davide Brivio s'attache à gérer ce qu'il peut, à commencer par le respect mutuel que se portent ses pilotes.

"J'étais assez content après la dernière course, parce qu'ils ont montré qu'ils sont intelligents et qu'ils comprennent l'importance que cela a pour Suzuki et pour l'équipe. J'espère que ça va continuer comme ça, on ne sait jamais en compétition !" sourit-il. "En tout cas, notre approche ne va pas changer. Notre approche est de faire les meilleures courses possibles comme tous les dimanches, comme nous l'avons fait jusque-là. Je suis sûr qu'Álex va essayer de gagner la course parce qu'il en était très proche dimanche dernier, alors nous allons les laisser se battre."

"Nous visons de bons résultats avec les deux pilotes, donc notre approche ne change pas. Nous sommes peut-être trop courageux, je ne sais pas ! Mais c'est ce que nous aimons, c'est pour ça que je suis satisfait. La semaine dernière, il y a eu des polémiques sur le fait de pénaliser ou pas les pilotes [Yamaha, suite à l'affaire des soupapes, ndlr]. Or, nous avons toujours dit que nous voulons que cela se joue en piste, de manière sportive. C'est un sport, que le meilleur gagne. Même si je sais que cela pourrait être dangereux et que je serai critiqué s'il se passe quelque chose, c'est le risque que nous voulons prendre, pour l'amour du sport."

Deux pilotes qualifiés en milieu de grille

Après les qualifications, c'est Joan Mir qui a l'avantage malgré une maigre 12e place décrochée sur la grille de départ. Álex Rins, lui, s'est fait piéger par les conditions météo variables de la Q1, ne parvenant pas à boucler le tour parfait pour accéder à la seconde séance.

"Ce n'était pas bon, ça a été un peu un désastre en qualifications", regrette-t-il, se sentant malchanceux. "J'ai attaqué énormément dans mon dernier tour, je me rapprochais, j'allais pouvoir passer ou en tout cas ça allait être très proche, mais j'ai vu que la pluie était plus forte dans les secteurs trois et quatre, il y avait beaucoup de drapeaux, et j'ai décidé de ne pas prendre trop de risques. C'est pour ça qu'on a été éliminé de la Q2."

"Ce qui compte, c'est qu'on a un bon rythme", souligne Rins malgré tout. "Il faudra prendre un bon départ et faire de bons premiers tours. On sait qu'on en a le potentiel. Cette piste n'est pas comme Aragón, c'est plus étroit, mais on va essayer."

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Davide Brivio espère lui aussi que ses pilotes, plutôt habitués aux qualifications lointaines, parviendront à inverser la tendance cet après-midi. "Disons que ce sera un dimanche normal, avec de mauvaises positions de qualification mais un bon rythme en course !" appelle-t-il de ses vœux. "Il faut qu'on remonte. C'est déjà arrivé plusieurs fois et j'espère que nous pourrons le faire aujourd'hui aussi. Nous sommes plutôt relax, nous abordons cette course comme une course normale. Nous allons essayer de remonter aussi bien et aussi vite que possible, et nous verrons où cela va nous mener."

Sur le papier, la donne parait en tout cas compliquée pour Rins, face à un coéquipier qui ne commet que très peu d'erreurs et qui a cumulé sept podiums (un résultat qui suffirait à le titre aujourd'hui) lors des neuf dernières courses. Le Catalan, qui a perdu de gros points en début de championnat en se blessant dès le premier Grand Prix, sait qu'il doit jouer le tout pour le tout. Si les résultats des autres pilotes pouvant peser dans la balance ne lui appartiennent pas, son unique objectif doit être d'aller chercher la victoire.

"Si nous voulons réduire l'avantage de Joan, je pense que la seule chose à faire est d'essayer de décrocher la première place. Comme il l'a montré cette saison, il est très régulier," prévenait-il dès son entrée dans ce Grand Prix, désireux d'améliorer les réglages de sa machine afin de se montrer plus performant que dimanche dernier en fin de course. Désormais, les motos sont réglées, les positions de départ son fixées... Let them race !

Avec Vincent Lalanne-Sicaud