Stravius, Dumerc, Buchard... six sportifs professionnels révèlent publiquement leur homosexualité

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Le nageur français Jérémy Stravius, à Angers le 15 février 2019 - Icon Sport
Le nageur français Jérémy Stravius, à Angers le 15 février 2019 - Icon Sport

Dans le documentaire Faut qu'on parle de Canal+, six sportifs français professionnels ont publiquement parlé de leur homosexualité pour la première fois: la basketteuse Céline Dumerc, l'escrimeuse Astrid Guyart, le patineur Kévin Aymoz, la judoka Amandine Buchard, le nageur Jérémy Stravius et le rugbyman Jérémy Clamy-Edroux. Face caméra, chacun s'est confié sur leur vécu dans le monde du sport par rapport à leur orientation sexuelle.

"J'ai le sentiment que je devais le faire. Pas forcément pour moi, mais peut-être pour d'autres athlètes qui pourraient se poser des questions", explique Astrid Guyart, vice-championne du monde par équipes, sur ce qui l'a poussé à prendre la parole à la télévision. "Je sais que je fais quelque chose de bien en essayant de libérer la parole, peu importe les critiques", confirme Kévin Aymoz, quadruple champion de France.

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"J'ai vu la pression d'un vestiaire"

Dans ces entretiens, ces sportifs ont évoqué leurs craintes qu'ils ont pu avoir au sujet du regard de leurs coéquipiers. "Je préférais mentir. Tout le temps. Je disais que j'avais un copain", se souvient la championne d'Europe Amandine Buchard. Jérémy Stravius, champion du monde sur 100m dos, estimait de son côté qu'il était peut-être préférable de ne rien dire, vu que "tout se passait bien" sans que son entourage sportif soit au courant. "Si demain je l'avoue, est-ce que les relations au sein de l'équipe de France seront bonnes?", s'est-il notamment demandé. "Du coup, tu te mets des barrières pour que rien ne soit mal interprété", remarque Jérémy Clamy-Edroux, pilier de Rouen (Pro D2).

"J'ai vu la pression d'un vestiaire, avec des gens se questionner sur leur sexualité", raconte Astrid Guyart, qui déplore notamment les "rumeurs" qui relèvent de "l'homophobie ordinaire", mais aussi les "blagues homophobes" qu'elle pouvait parfois entendre dans son cercle proche et qui peuvent empêcher des homosexuels de s'assumer. Des mauvais souvenirs à mettre en parallèle avec cette anecdote de Céline Dumerc avec des coéquipières: "Elles avaient peur de prendre la douche avec nous (elle et une autre joueuse lesbienne, ndlr). Ça m'a choqué. Je ne scanne pas toutes les filles. Je suis dans un vestiaire, j'ai juste envie de gagner un match".

"Je me suis senti plus épanoui"

Mais le documentaire est aussi l'occasion pour ces sportifs de faire part de leur soulagement d'avoir pu se réveler à un moment donné. Kévin Aymoz dit notamment que cela a changé positivement sa vie sportive: "Je suis très fier de l'équipe de France, il y a zéro moqueries. Je me suis senti plus épanoui". Idem pour Jérémy Stravius, qui raconte notamment comment Amaury Levaux l'a mis en confiance: "Ça m'a fait beaucoup de bien que ce soit eux qui viennent vers moi et m'en parlent".

"Il y aura des critiques et des moqueries, mais ce n'est pas grave", estime de toute façon Jérémy Clamy-Edroux. Avant de saluer le monde du rugby, qu'il estime ne pas être homophobe, et d'inciter celui du football à suivre ce chemin: "J'espère que les footballeurs vont se réveiller (...) et que d'autres personnes vont avoir le courage de ce que je viens de faire".

Article original publié sur BFMTV.com

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