Stroll a besoin d'un "petit câlin" pour reprendre confiance

Benjamin Vinel
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Si l'on prend le classement des cinq derniers Grands Prix, est tout simplement bon dernier sans le moindre point au compteur. Depuis son podium de Monza, le pilote Racing Point a chuté de la quatrième à la 11e place du championnat, certes pas aidé par un forfait au Nürburgring, mais aussi à cause de nombreux incidents dont il était parfois responsable, parfois non.

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Victime d'un violent accident au Mugello à cause d'une crevaison soudaine, d'un accrochage avec en qualifications, tandis qu'il a causé de multiples collisions en piste et a même percuté l'un de ses mécaniciens dimanche dernier. Bref, rien ne va plus.

"Il n'est manifestement pas à son niveau d'avant, c'est clair", confirme Andrew Green, directeur technique Racing Point. "Par rapport à Monza, il y a clairement un manque de confiance sur lequel nous allons devoir travailler dans la semaine à venir pour essayer de le retrouver. Je pense que la maladie [à coronavirus] l'a vraiment handicapé, c'est quelque chose que nous n'avions pas vraiment anticipé. Nous avions entendu parler du temps qu'il faut pour s'en remettre, et je crois que ça prend du temps. Je crois qu'il a juste besoin de retrouver sa confiance et de croire en lui. Alors nous retrouverons le Lance que nous avions lors des deux premiers tiers de la saison."

L'état d'esprit de Stroll était clair lors des interviews d'après-course à Imola : fermé comme une huître. Pourquoi a-t-il ainsi perdu sa confiance ? "Il a manifestement souffert physiquement et mentalement", répond Green. "Cela a été un assez gros accident au Mugello. Cela a probablement ébranlé sa confiance. Physiquement, nous pensions qu'il allait être difficile de revenir [à Portimão]. Je pense qu'il n'est simplement pas dans la même situation mentale qu'il y a quelques courses. Mais je pense qu'il a besoin de faire peut-être deux courses, ce qui est désormais fait."

"Ça ne se joue vraiment pas à grand-chose. Et si l'on ne maîtrise pas parfaitement la voiture, si l'on ne comprend pas les pneus et on ne les met pas dans la fenêtre idéale, on peut passer pour un idiot. Il faut que nous le remettions sur le droit chemin. Nous pouvons le faire. Nous avons les outils nécessaires et les bonnes personnes pour le faire."

"Je pense que la moitié de la tâche est probablement le simple fait de lui faire un petit câlin et de lui dire : 'Allez, on va t'aider à te ressaisir, on s'y met, faisons les dernières courses et essayons de reprendre la troisième place du championnat'. Je pense qu'il en est plus que capable, mais c'est un peu dur pour lui en ce moment."

De surcroît, Stroll n'a manifestement pas été aidé par un changement de réglages peu fructueux au niveau des suspensions à Imola. "Avec le recul, il se rend compte que c'était probablement une mauvaise idée. La version précédente était un peu trop lente, en somme, il ne la trouvait pas assez rapide. Il la voulait plus réactive, et nous l'avons rendue plus réactive. Mais maintenant, elle est trop réactive. Il faudra donc revenir à la précédente. Il en a tiré une leçon", conclut Green.

Propos recueillis par Adam Cooper