Succès populaire des Jeux méditerranéens d’Oran 2022

© Farid Achache

Mercredi 29 juin, au quatrième jour des Jeux méditerranéens à Oran, le public est encore au rendez-vous et la ville vibre au rythme du sport, pour la plus grande joie des athlètes, heureux d’avoir des supporters.

De notre envoyé spécial à Oran,

Des enfants, des parents, des grands-parents. Chaque jour depuis le début de la compétition, les spectateurs sont au rendez-vous des Jeux méditerranéens à Oran. La plate-forme pour accéder à la billetterie a très vite été saturée. Lors de la rencontre de volley-ball entre l’Algérie et la France lundi 27 juin, des dizaines de spectateur sont restés au abords de l’enceinte, avec l’espoir de prendre place en tribune. À l’intérieur, l’ambiance était festive, entre les chants des supporters, les cris des enfants, et les danses dans les gradins.

Le sport, élément de partage et de cohésion en Algérie

« Il y a une forte ferveur autour de ces jeux, et on l’a vu dès la cérémonie d’ouverture où les billets ont été vendus en moins de 24 heures. La communication autour de cet évènement se fait depuis des années, et l’effort de l’État algérien concernant les équipements sportifs a été très important », explique Bernard Amsalem, 2e vice-président du comité international des Jeux méditerranéens et ancien président de la Fédération française d’athlétisme. Il ajoute : « Le sport en Algérie et un élément très important de mobilisation, de partage et de cohésion. » Même le badminton, pas très populaire ici, a réussi à faire le plein.

Mardi 28 juin, au tennis club, on faisait la queue bien avant l’horaire d’ouverture pour voir jouer l’Algérienne Inès Ibou. Il a fallu du renfort pour la surveillance et les gens ont attendu patiemment avant d’entrer et de se masser calmement autour des courts pour ne pas perturber le jeu.

Un grand-père accompagne sa petite fille de huit ans, championne de tennis dans sa catégorie. « Je vais la suivre jusqu’au bout et peut-être même jusqu’à Roland-Garros si dieu me prête vie », lance-t-il en sortant son téléphone portable de la poche pour nous montrer la gamine avec une coupe dans la main. Ils sont venus spécialement de Blida, une ville proche d’Alger. « Je l’ai embarquée avec moi, je veux qu’elle se rende compte de ce que c’est que le haut niveau », raconte-t-il sourire aux lèvres et chapeau vissé sur le crâne.

La satisfaction des athlètes

« Franchement c’est un pays avec des gens accueillants et souriants. Il y a du monde sur les compétitions et ça fait vraiment plaisir », raconte le boxeur français Djamili Aboudou qui a combattu dans un vacarme étourdissant.

Le taekwondo ou la lutte ont aussi été des sports très suivis. Quant au football, avec le derby entre l’Algérie et la Maroc, pas besoin de faire un dessin. L’excitation était à son comble. Et ce fut un peu la soupe à la grimace quand deux garçons, maillot des Fennecs sur le dos, nous commentaient la défaite des Algériens.

Un peu plus tôt, vers le Palais des sports, une jeune femme et ses deux enfants cherchent le bassin de water-polo situe près du zoo, dans la piscine du Jardin public ! À côté, un écran géant diffuse les finales de boxe et de lutte, de quoi satisfaire ceux qui n’avaient pas eu la possibilité d’entrer dans la salle.

La salle omnisports d'Arzew n’a pas pu contenir les milliers de fans venus suivre de près la première sortie des handballeurs algériens contre la Turquie. Mardi 28 juin, à la fin de la troisième journée de compétition, l’Algérie se classait deuxième au tableau des médailles derrière l’Égypte. Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Abderrazak Sebgag s'est dit « très fier » des résultats obtenus pour le moment.

Faire découvrir la ville

L’Algérie n’avait pas organisé de grande compétition depuis 1990 et la Coupe d’Afrique des nations. À Oran, les citoyens avaient hâte de voir leur ville mise sous le feu des projecteurs. La patronne d’une petite épicerie proche du tennis club ne s’attendait pas à être débordée de la sorte. « Je suis surprise mais heureuse de croiser d’autres visages que ceux de mon quartier », sourit-elle. « Ça me donne plus de travail, mais c’est pour la bonne cause. Soyez ici chez vous ! » Un vieux monsieur fait le service des boissons fraîches au comptoir.

« Oran est une très belle ville qui a beaucoup changé. Elle va profiter de ces nouvelles infrastructures », raconte un chauffeur de taxi né dans la ville. Coincé dans les bouchons sur la route du front de mer, il se dit très satisfait que la ville s’ouvre aux étrangers.

Et pour ceux qui découvre la cité à l’occasion des Jeux méditerranéens, rien de plus impressionnant que de monter au fort de Santa-Cruz, érigé par les Espagnols entre 1577 et 1604. Ce magnifique colosse de pierre s'élève au sommet de la montagne de l'Aïdour et domine toute la baie d’Oran. La vue sur la Méditerranée est époustouflante. Les Jeux méditerranéens sont déjà une réussite sur le plan populaire.

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