Le Super Sevens prépare l'avenir de l'équipe de France

René Bouscatel est à l'origine de l'InExtenso SuperSevens. (LNR)

La troisième édition de l'InExtenso Super Sevens va titrer un des huit clubs présents en finale samedi, à La Défense Arena. Ce premier Championnat de France professionnel de clubs de rugby à 7, a vocation à devenir à terme le vivier des Bleus avec en point de mire les Jeux Olympiques de Paris 2024.

On connaît désormais le Seven comme un rugby plus attrayant pour la nouvelle génération, plus axé sur le « sportainment », le show et moins enclin à attirer les publics traditionnels du rugby à XV, qui lui se veut plus difficile à suivre avec davantage de règles à assimiler. Mais avec l'InExtenso SuperSevens, le premier Championnat professionnel de rugby à 7 de clubs - dont la troisième édition tire sa révérence ce samedi à La Défense Arena - a pour objectif de créer une troisième compétition professionnelle, voulue par la Ligue Nationale de Rugby et son président René Bouscatel.

Le tout est parti d'une ambition sportive, « celle de promouvoir le rugby à 7 ». Et d'être en lien très étroit avec le rayonnement de l'équipe de France. « La genèse, c'était d'aider l'équipe de France Seven et la préparation des Jeux Olympiques 2024 », a expliqué le président de la LNR René Bouscatel en conférence de presse ce vendredi. La Ligue peut aujourd'hui se targuer de compter « 12 joueurs sur 13 de l'équipe de France qui ont participé au SuperSevens », savourait Bouscatel. « Certains joueurs qui disputeront la finale demain, sont déjà membres de l'équipe de France et retenus dans la liste pour les JO de Paris », analysait-il.

S'inspirer de ce que le Top 14 apporte au XV de FrancePour avoir été président du Stade Toulousain (1992-2017), René Bouscatel le sait bien, le quinze de France ne serait pas grand-chose sans le Top 14. Il compte bien faire en sorte que le SuperSevens devienne la même chose pour le rugby à 7. « Mon voeux le plus cher est que toutes les équipes du Top 14 aient une équipe de rugby à 7 pour participer à ce tournoi. Qu'il y ait un véritable Championnat de clubs professionnels, comme le Top 14 fournit des joueurs au quinze de France ».

Et la perspective de participer aux Jeux Olympiques dans son pays à de quoi séduire. Antoine Gibert, figure du Top 14 au Racing 92 et meilleur joueur de la première édition du SuperSevens, garde cet objectif dans un coin de sa tête : « Je suis concentré sur le XV, mais les JO c'est plus un rêve qu'un objectif, j'y pense sans y penser. Si j'ai l'opportunité d'y participer, ce sera avec grand plaisir », confiait-il vendredi, déterminé à détrôner les Barbarians, tenants du titre.

Ce nouveau Championnat est un tremplin pour des jeunes joueurs issus des centres de formation des équipes de Top 14 pour intégrer l'équipe de France. Thomas Carol en est le parfait exemple. À 21 ans, il n'a disputé que deux matches cette saison en Top 14 avec la Section Paloise, mais dans le petit monde du rugby à 7, il commence à se faire une place et grâce à ses bonnes performances sur le SuperSevens, il a disputé son premier tournoi avec l'équipe de France à 7 à Elche (Espagne), en octobre dernier. De quoi saliver sur une participation à Paris 2024. « C'était un vrai projet cette année avec mon manager à Pau (Sébastien Piqueronies), de mettre l'accent sur le 7 pour me développer. Ça peut apporter énormément pour les joueurs de XV. Je voulais passer un cap et on s'est mis d'accord sur le fait que le 7 était un vrai tremplin », disait Thomas Carol ce vendredi.

Thomas Le Roux, un oeil sur les Baabaas, un oeil d'expert sur les autresCe samedi, Thomas Le Roux aura la lourde tâche d'accompagner les Baabaas Sevens vers le doublé, après leur titre de la saison dernière. Mais il aura aussi un oeil d'expert sur les autres joueurs qui brilleront sur cette finale, avec sa casquette d'entraîneur adjoint de l'équipe de France à 7. Il espère que le SuperSevens va devenir le vivier de l'équipe de France : « La détection du groupe France qui a participé à l'étape World Series de Hong Kong a été faite sur ce tournoi. » Preuve qu'avec ce premier Championnat professionnel de clubs de rugby à 7, le sept français a de belles heures devant lui.

lire aussi : L'actualité du rugby