Surf - Blog Florès - Blog Jérémy Florès #24 : confiné 14 jours à Sydney

L'Equipe.fr
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Depuis 14 ans, Jérémy Florès fait partie des meilleurs surfeurs du monde. Pour L'Équipe, le Réunionnais raconte tout ce qui fait le sel de sa vie de rêve... Pour ce blog #24, il nous raconte sa quatorzaine obligée à Sydney avant les quatre étapes australiennes. « Je suis actuellement, et depuis environ dix jours, enfermé en quatorzaine dans un appart'-hôtel, au 29e étage d'une tour, dans le centre-ville de Sydney. Nous, les surfeurs pros, sommes obligés d'en passer par là avant les quatre compétitions qui vont s'enchaîner en Australie entre le 1er avril et la 26 mai. C'est un confinement radical, c'est super strict. Je suis avec ma copine et ma fille, et nous n'avons même pas le droit de sortir dans le couloir. Un gars de la sécurité est posté à chaque étage pour veiller. Mais franchement ça va, nous ne sommes pas à plaindre. On n'a pas un petit appart' avec deux chambres et une petite terrasse. Ils (la WSL) nous ont mis dans de bonnes conditions. lire aussi Les blogs de Jérémy Florès Il y a un an tout juste, nous avons vécu le premier confinement à Tahiti. Devant la maison, il y avait l'océan, donc on pouvait se baigner un minimum tous les jours dans le lagon. Et marcher un peu. Un jardin, c'est un luxe. Là, il n'y a rien de tout cela, c'est très spécial. Moi, ce qui me manque le plus, c'est de ne pas aller dans l'eau, même pas pour surfer, mais juste pour me baigner, nager un peu. L'eau, ça te purifie des mauvaises énergies. C'est un bienfait dont j'ai besoin quotidiennement. Franchement, ça me manque. Je pense que c'est le premier truc que je vais faire une fois dehors : sauter dans la mer. lire aussi Les trois Frenchies racontent leur quatorzaine à Sydney Pour relier Sydney, nous avions rendez-vous à Los Angeles pour prendre un avion affrété par la World Surf League avec tous les athlètes du circuit pro, sauf les Australiens bien sûr. Sauf que pour rejoindre L.A. depuis Papeete, nous avons dû, avec Michel Bourez, passer par Paris. Nous avons fait un Tahiti - Paris, puis un Paris - LAX, avant de filer à Sydney... À un moment, je vois qu'on passe au-dessus de Tahiti alors que cela faisait une semaine qu'on était dans les avions... (rire) Quand on est arrivé en Australie, on était vraiment soulagé. En ce moment, voyager en famille, ce n'est vraiment pas évident. C'est toute une organisation, avec tous les papiers à remplir, les autorisations à décrocher... C'était ça ou alors je ne les voyais plus pendant quatre mois. Cela aurait été beaucoup trop long. Impossible pour moi.

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Il faut souligner que cette série d'épreuves en Australie, à moins de gagner une compète, on va à peine rentrer dans nos frais. Perso, j'ai des économies, je peux me le permettre. Mais il y a d'autres surfeurs qui n'ont pas les mêmes moyens. Certains, de ce que j'ai entendu dire, ont été obligés de faire des prêts. C'est chaud... Les deux mois à Hawaii, en décembre et janvier, cela avait déjà été un budget conséquent. Donc si tu ne performes pas, tu es perdant financièrement. Je pense que, du coup, il y aura beaucoup d'intensité lors de ces deux mois de compétition, plus que d'habitude. On occupe nos journées comme on peut. Le matin, on aimerait bien dormir un peu plus mais la petite est réveillée assez tôt, elle nous saute dessus et après il faut l'occuper. On fait des petits jeux, des activités, et on ne regarde pratiquement plus la télé. Moi, j'essaie de faire un peu de sport tous les jours. Je fais des séances physiques d'1h-1h30 avec un peu de vélo d'appartement, des exercices pour travailler le cardio et l'explosivité, le tout agrémenté de yoga tonique. J'essaie de varier un peu, sinon je m'ennuie vite. La semaine dernière, j'ai fait un live sur Instagram. J'adore car ça me donne l'impression de parler à des gens alors qu'en fait, sur le moment, j'étais tout seul dans mon salon comme un c... (rire)

À partir du 1er avril, quatre compétitions vont s'enchaîner. Ce ne sont pas les épreuves du Dream Tour auxquelles on peut rêver. Newcastle et Narrabeen, c'est plus des vagues pour des QS... Ce n'est pas vraiment mon point fort. Mais on ne va pas se plaindre, je suis content de ce qui arrive. On va remettre le lycra, on va refaire des séries et je vais faire de mon mieux. « Avec cet arrêt forcé, entre le long voyage et la quatorzaine, le physique va ramasser » J'espère qu'on aura un peu de houle quand même. J'ai en partie grandi à côté de Narrabeen, à Newport, et je sais que s'il y a de la houle il peut y avoir de belles vagues. On va finir cette tournée australienne par une nouvelle épreuve à Rottnest Island, un endroit que je ne connaissais pas du tout. On verra. C'est l'étape dont j'ai le plus hâte car c'est une île. J'ai regardé des vidéos sur Youtube : l'ambiance a l'air sympa et les vagues plutôt cool. Quand c'est nouveau, je suis toujours intéressé. L'autre côté positif, c'est que, comme on n'a pas surfé, on va avoir faim, on va tous être très motivés. Le côté négatif, c'est qu'avec cet arrêt forcé, entre le long voyage et la quatorzaine, le physique va ramasser. Mais je tente de ne pas trop me prendre la tête avec ça. Je suis content d'être là, de participer et d'avoir ma famille au bord. Je profite de ces moments, d'autant que je ne sais pas encore combien de temps ça va durer. »