Surf - Coronavirus - Surf - Coronavirus : il a bravé l'interdit pendant le confinement, il témoigne

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Pendant le confinement, beaucoup de surfeurs ont bravé l'interdiction d'aller à l'eau. Ils se sont offerts des sessions en cachette, le matin tôt ou le soir. Un jeune surfeur landais témoigne, sous couvert d'anonymat.« Vous avez vécu un confinement un peu spécial. Racontez-nous.Mis à part la première semaine, j'ai été très régulièrement surfer. Je partais de chez moi de nuit, un peu avant l'aube, et j'étais sur la plage en une demi-heure à vélo. Mes planches et ma combi étaient enterrées dans la forêt, comme ça, si on m'arrêtait sur le trajet, j'avais mon attestation valable pour mon heure de sport. Je surfais de 6h à 7h30. C'était terriblement frustrant de sortir de l'eau, d'autant plus que c'est souvent à ce moment-là que la houle commençait à se caler. Je repartais par la forêt et je n'ai jamais croisé personne si ce n'est un sanglier à deux reprises. Parfois, des potes me rejoignaient, on était maximum trois. Malgré l'interdiction, on a pris cette liberté, mais on s'est dit qu'on ne le dirait pas. On ne s'en est pas vanté.Déconfinement : la vague à l'âme pour les surfeurs de FranceVous avez toujours réussi à échapper aux contrôles et patrouilles ?La première semaine, comme je n'avais pas grand-chose d'autres à faire, j'ai regardé quand passaient les hélicos et les patrouilles. J'ai donc vite compris que cela ne craignait pas le matin tôt et le soir. J'ai des potes qui se sont fait prendre, à d'autres endroits. Moi, j'ai eu de la chance. Et de toute façon, si je m'étais fait attraper, je n'aurais pas fui ni contesté l'amende. On s'est tous dit, on a un crédit, c'est 135 euros. On n'avait tous pas grand-chose à faire, donc on s'est dit : « Allez, on tente !»Combien de fois par semaine alliez-vous à l'eau ?Souvent... À chaque fois qu'il y avait des belles conditions j'y allais.Il y en a souvent eu en mars et avril...C'est vrai. J'y suis souvent allé, j'avoue.Quand vous étiez à l'eau, la peur de se faire prendre était-elle présente ?Oui, et d'ailleurs c'était un peu chiant (sic). Je n'ai, à cause de ça, pas passé des sessions comme d'habitude. Je n'étais pas du tout libéré.Braver l'interdit, était-ce aussi une sorte de défi ?Pour être honnête, je n'étais pas motivé par l'envie de braver un interdit. Je reconnais qu'il y avait quand même une petite histoire d'adrénaline un peu débile, mais pas forcément désagréable. Avec les gendarmes et les policiers, on avait conscience de jouer un peu au chat et à la souris. Ça peut paraître grisant de jouer avec la Police. Perso, je mettais une cagoule et un bob. Je n'avais absolument pas envie d'être affiché comme étant un mec qui désobéit, au cas où je me serais fait pincer.Était-il inconcevable pour vous de rester totalement confiné et de ne pas aller surfer ?Je ne sais pas... Disons que si je m'étais fait prendre, je n'y serais pas retourné. Comme l'océan était à côté et qu'on ne croisait personne, c'était assez dur à concevoir de ne pas y aller sachant tout ça. On a respecté les gestes barrières, les distances entre nous, on ne se checkait pas non plus. C'était dur de voir ce qui était interdit dans ce que l'on faisait. Mais bon, ce n'est pas bien ce que l'on a fait. Je suis d'accord, nous n'avons pas été exemplaires. »

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