Surf - CT - Coronavirus - Pour Michel Bourez, « mentalement, c'est très dur »

L'Equipe.fr
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Suite à l'annulation de la prochaine épreuve du circuit pro à Sunset Beach et au report de la suivante à Santa Cruz, Michel Bourez nous a avoué être déstabilisé par ces nouveaux coups d'arrêt. « Quelle a été votre réaction suite à l'annulation de Sunset Beach et au report de Santa Cruz ?
J'étais vraiment déçu. Sunset, c'est une compétition où je pensais faire la différence, et qui me tenait à coeur surtout après mon mauvais départ à Pipe (il a été éliminé en 16es de finale, ndlr). Ça aurait été donc la compétition idéale pour effacer ce faux pas et prouver, surtout à moi-même, que je pouvais revenir. Car après un an « off », faire un mauvais résultat à Pipe fut un coup dur. Santa Cruz, c'est une bonne vague aussi mais ce n'est pas si grave que ça. Sunset, j'avoue, c'est vraiment gênant. lire aussi Toute l'actu du surf Cette annonce vous a vraiment surpris ou vous vous y attendiez un peu ?
On avait quand même entendu beaucoup de rumeurs les jours précédents. Comme quoi il n'était pas sûr de pouvoir lancer Sunset, que les relations avec le gouvernement (de Hawaii) étaient très compliquées... Pendant les fêtes, beaucoup de gens de Californie sont descendus sur Hawaii et ils n'ont pas très bien respecté les gestes barrières. Ils ont fait un peu n'importe quoi. Pour eux, venir ici c'était la fête... Les locaux étaient un peu "verts", ils savent qu'ils ont désormais plus de risques d'attraper la maladie. Du coup, l'état d'Hawaii a décidé d'annuler toutes les compétitions, bien que nous, les surfeurs pros, et la WSL ayons tout fait pour respecter le protocole sanitaire.

Du coup, quel est votre programme ?
Je vais rester à Hawaii, histoire d'optimiser mon séjour, aussi parce qu'à Tahiti il n'y a pas grand-chose à faire. Là, je vais pouvoir surfer au maximum. Avec Jérémy (Florès), on allait ces derniers jours souvent s'entraîner à Sunset. Désormais, on va aller se focaliser sur d'autres spots. Je pense rester ici jusqu'à la fin du mois si les vagues sont toujours bien, ma famille va, elle, rentrer le 15 en Polynésie. « On marche toujours sur des oeufs » Et ensuite le prochain rendez-vous est l'Australie avec la prochaine compétition à partir du 1er avril à Bells Beach...
Oui, et ils (la WSL) sont assez confiants. Pour nous, ça va être un peu chaud car on va devoir se mettre en quatorzaine dans une chambre d'hôtel à notre arrivée sur le sol australien. Et peu importe si tu as un test négatif. Je pense donc partir un mois avant la compétition, pour avoir quinze jours d'entraînement sur place entre la fin de ma quatorzaine et le début de l'épreuve, histoire de surfer, de me remettre dans le bain. Est-ce compliqué, dans ce contexte, de rester psychologiquement au top et motivé pour la suite, qui n'aura lieu au mieux que dans trois mois ?
C'est ça qui est le plus embêtant. Mentalement, c'est très dur. On ne sait pas si la reprise en Australie est à 100 % sûre, on marche toujours sur des oeufs. Tu ne sais pas si tu dois te mettre à fond dans l'entraînement à un instant "T". On doit se focaliser sur un but précis, se mettre dans notre bulle, alors que là on doute. À chaque fois, nous ne sommes pas sûrs que la prochaine épreuve aura vraiment lieu. Et à Pipe, il fallait faire des tests constamment, ce qui a ajouté un stress avant nos séries. Il y avait cette pression sur chacun de nous pour ne surtout pas être positif, car sinon la compétition aurait été arrêtée à cause de ça. Donc bon, il faut gérer et s'adapter, il n'y a que ça. »