Surf - CT - Michel Bourez : « Si j'arrêtais aujourd'hui, j'aurais énormément de regrets »

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Michel Bourez a vécu une saison 2021 très compliquée, ponctuée par une 28e place mondiale et un maintien non acquis. Le surfeur tahitien, qui a les JO de Paris 2024 en ligne de mire, fait le bilan et nous livre son plan pour retrouver sa place dans l'élite. Interview... dans son jardin. « Vous entamez chaque saison avec beaucoup d'ambition. En raison du Covid, cette année 2021 a été très particulière (manches annulées, d'autres ajoutées, tournée en Australie...) et au final vous n'avez pas réussi à vous requalifier via le classement. Comment jugez-vous votre saison ?
Elle a été horrible, je viens de vivre ma pire année sur le Tour. J'ai terminé à la 28e place, donc je fais partie des derniers. Cette saison a été très difficile, en partie à cause de toutes les restrictions liées à la crise sanitaire. Il a fallu partir trois mois en Australie avec la famille, je ne vous dis pas le stress que cela a engendré. Nous sommes restés deux semaines enfermés dans une chambre d'hôtel avec les enfants, avant d'enchaîner quatre compétitions dans des vagues médiocres... ça a vraiment tué mon mental. Si ma famille n'était pas venue avec moi, je pense que j'aurais abandonné et je serais revenu (à Tahiti). Tu fais tellement de sacrifices pour être pro et surfer de bonnes conditions... Là c'était nul. Il n'y a pas eu un moment avec des bonnes vagues, mis à part à Margaret River. lire aussi Toute l'actu du surf Pensez-vous que, si la saison avait été normale, vous vous seriez maintenu sans problème ?
C'est sûr cela aurait été bon. J'en suis certain. Après, il faut savoir que l'année 2020 (saison blanche à cause du Covid), que j'ai passée ici, m'a fait du bien. Ça m'a énormément donné envie de rester (dans l'élite). En Australie, quand je perdais, j'étais énervé mais j'en avais surtout marre. Ça a vraiment été une année difficile. L'épreuve olympique a-t-elle contribué à rendre cette année encore plus compliquée ?
Non au contraire, les JO ont été le côté positif de l'année. On attendait ça depuis un long moment, c'était donc le bonus. Et puis, finir cinquième, c'est un bon résultat. Pour quelqu'un qui vient du circuit pro, j'estime que c'est un résultat normal, correct en tout cas. En quarts, je suis tombé contre (Gabriel) Medina, le mec le plus en forme de l'année. Mais je pense que si je l'avais battu ensuite j'aurais pu gagner une médaille.

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Allez-vous du coup participer aux Challenger Series à la rentrée pour tenter de vous requalifier ?
Oui ! Mais déjà, je vais demander l'injury wildcard car je me suis blessé (au cou) au printemps lors des Championnats du monde au Salvador, ce qui m'a fait manquer la fin des Mondiaux justement et la compétition au Surf Ranch. Il m'a fallu un mois pour récupérer mon niveau normal. Kolohe (Andino) va en avoir une et après on devrait être trois pour une place. Il pourrait y avoir un "Surf off" à Pipe (en février) pour nous départager. Mais, de toute façon, je m'inscris aux Challenger Séries et si je n'ai pas la réponse avant pour l'injury wildcard je fais les quatre épreuves (Huntington, Ericeira, Hossegor, Haleiwa). « Je vais mettre une branlée aux jeunes vous allez voir » Mis à part Haleiwa, qui est un spot parfait pour votre surf, et vous l'avez souvent prouvé, ce sont des épreuves où vous vous sentez de performer ?
Pas du tout. Déjà, je déteste mettre la combinaison, et là il faudra la porter tout le temps. La droite d'Ericeira (au Portugal) ça va, je l'ai surfée quand j'étais jeune, c'est du reef. J'ai mes chances. Je redoute plus la France (Hossegor). Mais je serai motivé, je vais mettre une branlée aux jeunes vous allez voir (rires). Vous confirmez que vous allez tout faire pour être encore là en 2024, pour finir votre carrière avec l'épreuve de surf des JO à Teahupoo ?
Oui. Il faut que je sois là encore jusqu'en 2023. Pourquoi ? Parce que la qualification pour Paris 2024 se fera en 2023. Donc moi il ne me reste que deux ans à tenir sur le circuit pro. L'année prochaine, on devrait savoir comment se passent les qualifications pour les JO. Donc, en fonction de ça, j'aviserai. L'idée est, de toute façon, de rester sur le Tour. Ce serait un manque de respect vis-à-vis des autres surfeurs de ne pas se donner au maximum. Paris 2024 doit vous servir à boucler la boucle de votre carrière pro ?
C'est exactement ça. Si j'arrêtais aujourd'hui, j'aurais énormément de regrets. Jérémy, il vient d'arrêter mais cela faisait longtemps qu'il y songeait. Il a tout fait bien jusque-là, il peut partir tranquille. Moi non, je suis tout l'opposé. 2024 sera le bon moment pour stopper l'aventure. »

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