Surf - CT - Pipe Masters - Pipe Masters : Gabriel Medina raconté par Patrick Beven

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Double champion du monde, Gabriel Medina est actuellement à Hawaï en quête d'une troisième couronne mondiale. Son ami, l'ex-surfeur pro Patrick Beven, nous fait partager l'intimité du Brésilien.Sa préparation pour le titre mondial« Après la compétition à Peniche (16 au 28 octobre), Gabriel m'a invité chez lui à Maresias. J'y ai passé tout le mois de novembre. Il n'y avait pas de but précis, il avait juste besoin de m'avoir à ses côtés.Il est déjà très bien entouré. Il a une famille super et une équipe très performante autour de lui. Il veut vraiment que j'en fasse partie au maximum. On se connaît depuis 2008, et on a toujours gardé une bonne amitié, il aime régulièrement que je sois avec lui, comme il y a deux mois à Hossegor.Pipe Masters : les enjeux de la dernière journée de compétitionDurant ce mois ensemble, c'était très important car il se préparait à fond pour le titre mondial. On s'est donc beaucoup entraîné. Au programme : natation et préparation physique.Il y avait aussi des plages de repos importantes afin qu'il se ressource et soigne sa petite lésion au dos. Il s'est fait mal cet été et cela le perturbait un peu.Pour sa préparation physique, il a un entraîneur et un physiothérapeute. L'objectif était de rester actif, de faire des exercices de gainage, avec différents ateliers très adaptés à son corps et son surf. Il était super motivé. »Gaby le mal aimé« Ce que je trouve dommage, c'est que les gens ont pris la mauvaise habitude de juger Gabriel sur sa façon d'être, de s'habiller, son look...Pareil quand est en compétition, tu sens certaines préférences qui souvent ne vont pas dans sons sens. Ça vient aussi en partie du fait que lui, quand il n'est pas d'accord avec quelque chose ou quelqu'un, il le dit ouvertement, contrairement à beaucoup dans ce milieu.Ce qu'il s'est passé à Peniche (il a été sanctionné d'une interférence contre Caio Ibelli en 8es de finale) est un bel exemple. Gabriel, en partant sur une vague en même temps que Caio, ne s'est pas trompé.La faute revient à ceux qui ont oublié de tourner le panneau qui indique la priorité. Il a perdu à cause de ça... Sur ce coup, les gens ont été contre lui et il l'a mal vécu. Le titre mondial aurait pu être plié au Portugal... Donc tout ça, c'est le genre de choses qui le motive encore plus. »Son institut à Maresias : aider les jeunes en difficulté« Ce que les gens ne savent pas, c'est que Gabriel a un coeur énorme. Dans sa ville, il a créé un institut pour les jeunes qui n'ont pas les moyens de se payer des études et des cours de surf. Le but est de les encadrer pour qu'ils deviennent des champions. Il a tout investi de sa poche. Ce n'est pas juste donner du matériel à un gars... Non, c'est scolariser le gamin et trouver du travail pour ses parents, qui se trouvent souvent en difficulté, aussi bien socialement que financièrement.C'est une vraie prise en charge familiale. Il y a des cours d'anglais, de portugais mais aussi des psychologues, des dentistes, des shapers, ils ont une piscine pour des cours de natation. Les enfants sont aidés pour tout. Parfois même, Gabriel, après sa session, il entre dans les classes et participe aux cours d'anglais, il interroge les enfants. Ces moments-là, j'y ai assisté, c'est merveilleux, très touchant. »Il est serein avant le Pipe Masters« Avant cette dernière journée du Pipe Masters, Gabriel est serein. Il est très posé, très décontracté, très calme, vraiment à la cool. On n'a l'impression qu'il n'y a aucune pression. Il est déjà passé par ces moments où le titre se jouait à Hawaï. Et il a été sacré deux fois.Là, pour lui, c'est juste une fois de plus. La première, en 2014, c'était compliqué. C'était la première fois, dans l'histoire du surf, qu'un Brésilien pouvait devenir champion du monde. Italo (Ferreira), c'est la première fois qu'il vit ça, il est donc lui aussi très motivé, forcément.Ici à Hawaii, on surfe, on traîne ensemble. Je suis pour lui un bon partenaire, un ami en qui il a confiance, je le motive.Ça me fait penser à cette période où on formait l'Euroforce avec Miky (Picon), Jérémy (Florès), Tiago (Pires), Frédo (Robin). C'est comme en Australie à une époque avec le trio Fanning, Parkinson et Morrison. Un crew, ce ne sont que des énergies positives.Pour le titre mondial, je le sens bien. Il n'y a qu'à voir ce qu'il s'est passé depuis le début de la compétition, Gabriel maîtrise son sujet.Et depuis, il s'est qualifié pour les JO, un grand moment pour lui. On verra bien mardi ce qu'il va se passer. J'ai une énorme confiance. »

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