Surf - CT - Play-offs - Johanne Defay : « J'ai tout à gagner »

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Grâce à sa quatrième place ex aequo au terme de la saison régulière, Johanne Defay est qualifiée pour les play-offs, dont la waiting period (9-17 septembre) débute ce jeudi à Trestles, en Californie. La Française peut décrocher le titre mondial en quelques heures.

« Dans quel état d'esprit abordez-vous ces play-offs ?
Je sors tout juste de la conférence de presse (l'interview a été réalisée mardi soir), et il a été annoncé que le swell n'arrive pas avant dimanche. La compétition devrait avoir lieu entre dimanche et mardi, ce qui me laisse un peu de temps (sourire). Sinon, tout se passe bien, je suis dans une famille super, qui m'accueille depuis ma première année sur le World Tour. Là, j'ai vu les neuf autres surfeurs des play-offs. C'était un moment spécial, et ça rend les choses un peu plus concrètes et officielles. C'est vraiment chouette de faire partie de ces dix derniers surfeurs.

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Vous sentez-vous prête physiquement et psychologiquement à en découdre pour le titre mondial ?
Oui bien sûr. Physiquement, c'est moi qui peux potentiellement avoir le plus de boulot car je peux avoir six séries à surfer. C'est beaucoup. Au vu des conditions annoncées, je pense qu'il faudra pas mal ramer. Ils (la WSL) ne savent pas encore si on aura le droit aux jet-skis. Après, je suis une des plus prêtes à encaisser physiquement, donc cela ne me fait pas vraiment peur. Et mentalement, je me dis que je suis la cinquième sur la ligne de départ, de ce fait je n'ai rien à perdre. J'ai envie de profiter du moment, montrer du beau surf et continuer sur cette dynamique.

La pression est-elle quand même forte ?
Les premières au classement ont beaucoup plus à perdre. C'est quand même chouette de se dire que tout ce qui va m'arriver n'est que du bonus. Mais il faut aussi se dire que le titre est clairement possible. Je n'en ai jamais été aussi proche. Je vais clairement tout donner. Comme je suis moins consistante qu'une fille comme Carissa (Moore) par exemple, une épreuve sur un jour me correspond très bien.

Avez-vous établi une vraie stratégie sachant que le format est particulier ?
Je ne dirai pas qu'avec Simon (Paillard, son coach et compagnon) on a mis en place quelque chose de différent. Je reste sur le même état d'esprit. J'ai la sensation d'avoir bien surfé cette saison, d'avoir eu des séries très serrées à chaque fois quand j'ai perdu. Je veux vraiment être à 100 %. C'est un énorme challenge de battre toutes ces filles, comme Stephanie (Gilmore), Sally (Fitzgibbons) et Tatiana (Weston-Webb). En même temps, une fois encore, j'ai tout à gagner. C'est une journée à aborder sans pression, mais avec un maximum d'envie.

Le spot de Lower Trestles, il vous inspire de bonnes ondes ?
C'est vraiment une bonne vague, super fun et agréable à surfer. Elle offre plein d'opportunités et la possibilité de faire des manoeuvres différentes. C'est bien aussi qu'un vrai bon swell arrive. J'ai eu de bonnes sensations et de bons souvenirs ces dernières années. J'ai déjà signé une demie (en 2014) et un quart (en 2016). Il faudra savoir gérer les longs moments d'attente entre les sets.

La contre-performance à Tokyo (élimination en 8es de finale) a-t-elle été évacuée ?
Oui, c'est derrière moi. C'était une première et les Jeux m'ont permis d'expérimenter ce genre d'événements (les play-offs) qui se jouent sur une journée. Aux JO, le lendemain, je me suis dit : "Ah ouais, c'est fini... Quatre ans qu'on en parle et c'est déjà fini." C'était assez surprenant. On savait que les vagues à Tokyo, ce serait assez compliqué. Ça fait partie de notre sport et c'est aussi pour cela qu'on l'aime. Là, à Trestles, on a une waiting period plus longue, et on aura de meilleures vagues.

Que pensez-vous de l'instauration de ce système de play-offs, pas forcément très équitable sur une saison entière ?
Je pense que, pour ceux qui finissent la saison entre la deuxième et la cinquième place, c'est un super format. On a tous une chance d'aller chercher le titre en très peu de temps, c'est fou. La saison a prouvé que Carissa (Moore) et Gabriel (Medina) ont été énormes et consistants. Tout le monde se dit qu'ils méritent le titre. Si l'un d'eux ne l'a pas, ce sera un peu bizarre sur le moment... ça va être compliqué à avaler, vraiment pas évident. Mais ce format existe dans d'autres sports. À la différence près qu'il n'y a pas ce facteur aléatoire de l'océan et des vagues, qui peut changer la donne. Les play-offs peuvent apporter à notre sport du show et davantage de médiatisation. La WSL essaie de voir si ça change quelque chose ou pas. Il est trop tôt pour savoir. On verra. »

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