Surf - Ian Fontaine, quand un surfeur breton découvre Tahiti : « Teahupoo, c'est une belle violence »

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Le célèbre surfeur breton Ian Fontaine a enfin franchi le pas : il a filé pour six mois intenses en Polynésie découvrir la vague de Teahupoo. Nous l'avons croisé sur le spot, en extase. Il nous raconte ce trip au long cours un peu dingue. Le projet « Je suis à Tahiti depuis mai et pour six mois. C'est ma première fois ici. J'avais envie de venir depuis longtemps mais c'est un trip qu'il faut bien organiser. Il faut venir avec du temps devant soi, il faut profiter car ce sont des vagues tellement différentes de chez nous que tu as envie d'apprendre un peu. Ma conjointe, qui est interne de médecine, a eu l'opportunité de venir travailler ici six mois. Moi j'ai dit : « Pas de problème, je viens avec toi à Tahiti ». Du coup, on est parti tous les deux. lire aussi Matahi Drollet : « Mon cerveau était bombardé d'adrénaline » Cet endroit, j'y pense depuis longtemps. Ça remonte à la première compétition de mon frère, qui avait gagné une planche de Hira Teriinatoofa. À l'époque, on voyait déjà toutes les images de Teahupoo. Cette vague fait depuis partie de ma wish-list, j'avais envie de la surfer au moins une fois dans ma vie. Avec le Covid et l'arrêt des compétitions, j'ai repensé à tout ça. Teahupoo est donc devenue une priorité. J'ai poussé ma copine à ce qu'elle s'inscrive pour cette mutation, afin qu'on puisse partir tous les deux. » Les sensations et la découverte « Quand je suis arrivé, j'ai été super touché par l'endroit. J'ai fait initiation Teahupoo, en mode découverte première étoile. J'ai pu surfer un peu tous les types de swell, les orientations et tailles différentes. Ça fait partie des vagues les plus grosses que j'ai vues de ma vie. La vague de Kauli (Vaast), c'est de mes propres yeux la plus grosse que j'ai vue de ma vie. Teahupoo est depuis le début ma principale activité. J'ai découvert plein de trucs, c'est top. J'ai appris à tuber, à me placer, à gérer les différentes sections, etc. J'ai beaucoup appris aussi des locaux, comme Kauli et Kevin Bourez, qui m'ont donné des conseils. J'ai découvert aussi un peu les îles et donc d'autres spots. Il me reste plein de choses à faire et je pense qu'en six mois je n'aurais pas fait le tour. Mais c'est bien, cela me permettra de revenir. »

L'accueil au line up « J'avais la chance de connaître pas mal de surfeurs, du fait de les avoir croisés lors des compétitions juniors et du QS. Ça a été un gros avantage pour moi. Je suis arrivé avec des contacts, du coup les premières fois dans l'eau je connaissais quelques personnes. Et après, tu te fais ta place en fonction des vagues que tu prends et de l'aisance que tu as. Après, ça se jauge. S'ils voient que tu es capable de prendre ce type de vagues-là, alors tu es plus accepté. La première session, je suis arrivé tout blanc, avec mon casque, ma crème, il n'y avait personne dans l'eau. Les deux gars du boat drive se sont dit : "lui c'est sûr il va bouffer direct". Et en fait non, j'ai pris de bonnes petites vagues. Au final, c'est assez détendu. Mais comme c'est un spot dangereux, si tu viens t'engager ici, tu es vite respecté par les locaux. C'est un spot très cool en termes d'ambiance. Au pic, les gens rigolent, ça discute, tu dis bonjour à tout le monde, tu te présentes, ils ont tous le sourire. Dire bonjour à tout le monde dans l'eau, ça peut paraître surprenant mais tu ne fais ça nulle part ailleurs. Ça met une bonne ambiance tout de suite. » Le tube de Teahupoo « C'est de la belle violence. C'est très violent mais tellement beau... Et tellement parfait. Que du coup tu y reviens autant que possible. Quand tu bouffes, tu te fais éclater mais la vision que tu peux avoir est vraiment particulière. Le décor est magique, avec les montagnes... C'est aussi magnifique que c'est violent, vraiment. » La suite du programme « J'ai de la famille qui arrive et on va partir à la découverte du reste de l'archipel. On va aux Tuamotu en bateau. Ça aussi c'était un truc que j'avais très envie de faire ici et depuis, longtemps. On va essayer de surfer un peu. Et on va revenir à la presqu'île fin août car on avait réservé un logement pour la compétition. Je vais surfer Teahupoo à fond jusqu'à la fin de la saison hivernale (fin septembre) et je serai a priori encore là pour le changement de saison. Ce sera intéressant de surfer les autres spots aussi. Novembre normalement on rentre. Il y a une compétition aux Açores et je pense y participer. Et après, comme ma copine a pris une disponibilité, on va essayer de partir de nouveau en voyage et découvrir des endroits comme l'Afrique du Sud pour surfer à Jeffreys Bay. C'est là aussi une vague (Supertubes) que je veux faire dans ma vie. » La Bretagne, si loin si proche « Je suis évidemment super fier de surfer la vague et d'être l'un des premiers - ou même peut-être le premier - de Bretagne ici à Teahupoo. Et d'avoir été sélectionné pour les trials (finalement annulés). J'ai reçu plein de messages et encouragements. La Bretagne me suit et est à fond derrière moi. Et, des fois quand je suis dans l'eau, je me dis : "allez on va essayer de représenter un peu la Bretagne et d'avoir une bonne vague pour les copains à la maison". Ça fait partie des motivations. Les trials, ça aurait été énorme, j'aurais été trop content de les faire. D'autant que j'ai bataillé pour avoir ma place. Ce sera pour une prochaine fois. »

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