Surf - Mondiaux - Joan Duru (champion du monde ISA) : « Je ne m'y attendais vraiment pas »

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Sacré champion du monde ISA dimanche au Salvador, le Français Joan Duru revient de loin après une période très compliquée. Entretien. « Êtes-vous redescendu de votre petit nuage après votre titre de champion du monde ISA ?
Pas trop. Après ma victoire, j'ai pris le vol pour la France dès le lendemain. Je suis arrivé à la maison mardi soir. Il y avait tous mes potes, Maud (sa compagne) et ma famille qui m'attendaient. C'était fou ! Le dernier jour, j'ai enchaîné trois séries. Tout s'est passé super vite. J'ai presque oublié ce qui s'est passé. Je ne réalise pas vraiment encore. J'ai reçu beaucoup de messages. Sur Instagram, je n'ai pas encore tout regardé. lire aussi Pauline Ado : « Je reviens de loin » Les Mondiaux, c'est une épreuve au long cours. Et vous n'étiez pas du tout favori...
C'est en effet une compétition hyper longue. Pendant dix jours, il y a des séries tout le temps. C'est compliqué, il faut rester focus très longtemps. En plus, j'étais resté pendant une longue période sans faire de compétition. Là, je venais de reprendre, j'avais juste fait les deux QS au Portugal. Au Salvador, j'y suis vraiment allé en mode pour m'entraîner, passer des séries, me remettre dans le bain. Au final, je finis par gagner. Je ne m'y attendais vraiment pas. Dès fois, je pars sur des compétitions hyper bien entraîné alors que là c'était moins le cas. Et je m'étais fait mal aux genoux deux semaines avant...

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Qu'est-ce qui a fait que toutes les planètes se soient si bien alignées ?
Déjà, je n'avais pas de pression avec les JO par exemple. J'ai vu des séries où des mecs ont perdu parce qu'ils en avaient énormément. Moi, à côté, j'étais beaucoup plus relax. Même si être en équipe (de France) c'est généralement pas mal de pression. Tu ne veux pas faire perdre l'équipe. Et puis, dès le premier jour, j'ai super bien aimé les vagues, elles étaient puissantes et j'avais une super planche. « Quand je vois ceux qui sont qualifiés (pour les JO), et que je finis devant eux sur cette compétition... » Être choyé par le staff de l'équipe de France, c'est un vrai plus ?
Oui c'est évident. Il y a toujours quelqu'un sur qui compter. On a des coaches, un kiné, qui s'est bien occupé de ma jambe. Se faire masser tous les jours, on n'a pas l'habitude. C'est vraiment super. Malgré votre victoire à ces Mondiaux, vous ne serez pas du voyage à Tokyo. C'est un gros regret ?
Oui c'est sûr. À l'époque, quand il y avait la qualification à décrocher via le CT, je m'étais blessé. Je m'étais donc fait à cette idée que je n'y serai pas. Après, quand je vois ceux qui sont qualifiés, et que je finis devant eux sur cette compétition... Cette victoire a-t-elle un petit goût de revanche sur la finale quelque peu injustement perdue lors des Mondiaux de 2017 à Biarritz ?
Complètement. Biarritz, j'étais vraiment blasé de passer si près de la victoire. Donc oui, c'est top d'avoir fait mieux cette fois. Contrairement à certains, je n'y croyais pas. Il y avait vingt séries à passer quand même. Ce résultat, c'est hallucinant. Cette victoire va-t-elle vous remplir de confiance avant les Challenger Series de l'automne, déterminants pour une qualification dans l'élite ?
Tout à fait. Je suis sorti du CT au moment de ma blessure. Après, il y a eu le Covid. Et j'ai perdu mon sponsor (Volcom)... Pendant un an je n'en avais plus. Et il n'y avait plus de compète. J'ai du coup un peu perdu ma motivation. Je pensais passer le BE (brevet d'état) et trouver un boulot. C'était donc dur de s'y remettre, mais j'ai retrouvé un sponsor (Dockers) et les compétitions ont repris. Tout ça m'a remotivé, je suis reparti au combat. Ça me met une belle motivation pour les Challenger Series à venir et me requalifier. Le circuit pro, vous confirmez que vous allez tout faire pour y retourner ?
Grave ! En plus, ces Challenger Series, ce sont de bonnes vagues. Il y a le Portugal, Hossegor, Hawaii. Je vais être motivé et je vais tout donner pour me requalifier. » lire aussi L'actualité du surf