Surf - QS - Charly Martin : «J'ai ma place sur le CT»

L'Equipe.fr

Surfeur atypique, Charly Martin se débrouille sans sponsor principal, ce qui ne l'empêche pas d'être très ambitieux. Cette saison encore, le Guadeloupéen vise une qualification dans l'élite et même le top 5 du QS. Entretien.«Vous avez vécu des années de galère. Est-ce pour vous toujours aussi compliqué de vivre du surf ?Oui ça l'est encore (rires). Mais, si tu fais de bons résultats, ce n'est pas compliqué. Moi, ça fait six mois que je suis sportivement dans une phase difficile. Et comme le surf est mon unique rentrée d'argent... J'ai bientôt des compétitions en Martinique, à la Barbade et au Portugal, j'espère me constituer un capital pour le reste de la saison.Quels sont vos objectifs ?Je veux me qualifier pour le CT et finir dans le top 5 du QS, afin d'avoir un bon seeding.Ce sont des objectifs très élevés, non ?Il y a deux ans, j'ai fini 13e ou 15e du QS (22e en 2014 en fait, ndlr). Je me dis que c'est donc un objectif qui est atteignable. Je pense que j'ai toutes mes chances. Je manque juste de moyens.Comment expliquez-vous votre mauvais classement en 2015 (60e) et 2016 (80e) ?En 2015, je commence l'année par un quart à Trestles. Ensuite, ma saison est en dents de scie, et je rate de peu de faire un bon résultat à l'US Open. Ça se joue souvent à peu de choses... Depuis, je n'arrive pas à gagner une compétition comme cela avait été le cas à Lacanau (2013) et Newquay (2012). Financièrement, c'est donc compliqué et je ne peux pas être dans les meilleures conditions sur les compétitions.Y a-t-il des compétitions que vous ne pouvez pas faire parce que le voyage est au-dessus de vos moyens ?En mai, je n'irai pas au Japon. C'est comme ça depuis trois ans.La qualification sur le CT de Joan Duru peut-elle vous booster ?Evidemment. De toute façon, j'ai ma place sur le CT depuis un moment, je n'en doute pas. Avec Joan, on a pendant longtemps fait les compétitions ensemble. Pareil avec Leo (Fioravanti). Je pense qu'on est tous au même niveau et ce qui fait la différence ce sont les petits détails. Le haut niveau, c'est ça.Comment jugez-vous votre début de saison ?Pas génial du tout. C'est mon pire début de saison. A cause de mon manque de moyen, je ne suis pas arrivé avec de bonnes planches sur les deux compétitions australiennes (97e à Newcastle et 73e à Manly). Je ne connaissais pas bien mon matériel. Mais la saison est longue, on peut se qualifier sur deux ou trois compétitions. C'est ma 5e année sur le QS, je commence à connaître. A tout moment tu peux cartonner, c'est une histoire de timing. Il faut être constant et ton heure viendra.Quelles sont les épreuves à ne pas rater cette saison, celles où il faudra vraiment performer ?L'US Open à Huntington ce sera important. J'ai déjà fait plusieurs fois de bons résultats et je m'y sens à l'aise. Balito (en Afrique du Sud), ce n'était pas mon truc mais, l'an dernier, j'ai passé du temps chez un surfeur local et ça va mieux désormais. Je veux bien faire lors de ces deux premiers Prime. Et pour me préparer, je vais aller m'échauffer à la Martinique, à la Barbade et au Portugal. Ce sont des compétitions à moindre frais qui doivent me servir de tremplin.La qualification pour le CT se joue souvent à Hawaii en novembre. Quelle relation entretenez-vous avec Haleiwa et Sunset ?C'est particulier, c'est un peu je t'aime moi non plus. En 2014, c'est à Hawaii que je rate la qualification pour l'élite. Ça s'est joué à une série près... Et je venais de perdre ma planche magique. Mais c'est un endroit que j'apprécie énormément, comme Tahiti et la Guadeloupe. J'y vais depuis presque 15 ans et parfois j'y restais trois mois, ce qui n'est plus vraiment faisable aujourd'hui. Je sais qu'un jour je ferai des résultats là-bas. Ça demande de la préparation, il faut être prêt physiquement. Mais tu n'es pas toujours maître de ton destin. Et il y a beaucoup de pression.Dans quels domaines pensez-vous devoir progresser techniquement ?Je dois améliorer mon taux de réception dans les airs. Et à force de surfer de mauvaises vagues en QS, j'ai mon surf qui se réduit en amplitude. Ce qui me manque, c'est un peu de « spray ». Je tape souvent dans les parties très critiques et techniques de la vague mais ça ne rentre pas souvent. Notamment parce que je n'ai pas un surf assez démonstratif. Et dans les petites conditions, j'ai parfois du mal à m'exprimer. Je me dois d'avoir un surf plus tonique et rapide.Quels sont les surfeurs qui vous inspirent ?Je regarde un peu tout le monde. Ce que font Joan (Duru), Leo (Fioravanti), Jérémy (Florès) et Michel (Bourez), ça me motive à fond. Il y a évidemment John John (Florence) et Gabriel (Medina). Italo (Ferreira) a été incroyable à Snapper. Kelly (Slater) est toujours au-dessus, comme Mick (Fanning). Et avant, j'étais très fan d'Andy Irons. J'essaie de prendre le bon chez ces surfeurs-là. Moi, mon souci, c'est que je surfe très bien en free surf mais en compétition j'ai parfois du mal à faire le job dans les trente minutes.»

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