Surf - Série (4/4) - Série surf de gros (4/4) : avec ou sans leash ?

L'Equipe.fr
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Le surf de gros est devenu une discipline qui s'est énormément démocratisée ces dernières années. Toute cette semaine, nous revenons sur cet engouement, à travers quatre thèmes. Ce jeudi, il est question du leash et de savoir s'il est un accessoire si indispensable dans les grosses vagues.

Dans le milieu des aficionados du surf de gros, désormais très populaire - il n'y a qu'à voir la marée humaine présente le 29 octobre dernier sur le spot de Praia do Norte à Nazaré -, une question revient avec insistance : « Pourquoi la plupart des surfeurs de gros n'ont pas de leash ? »

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Si effectivement le leash est un accessoire devenu indispensable depuis la fin des années 50, et qui sert comme chacun sait à relier le surfeur à sa planche via un cordon, dans le surf de gros il est très fréquent de constater que bon nombre de surfeurs s'en passent. Il y a plusieurs raisons à cela.

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Déjà, il faut savoir que dans des contrées comme à Hawaii, les surfeurs de l'extrême n'en ont pas. Hawaii, c'est la Mecque du surf et on a souvent à faire à des « puristes ». Donc, le leash, même dans des vagues qui déménagent comme à Waimea Bay, ils font sans. C'est dogmatique.

Après, selon les spots et leur configuration, les surfeurs de gros choisissent de mettre un leash, ou pas. À Peahi (Maui, Hawaii), le leash est de rigueur sinon la planche finit dans les gros cailloux du bord. La vague de Jaws n'est pas très éloignée du rivage, rendu très dangereux à cause du courant et des grosses pierres qui peuvent en un mouvement de ressac briser n'importe quelle board...

À Belharra comme à Nazaré, sauf exception, les chargeurs n'accrochent, eux, pas de leash. « À Belharra, le leash ne tiendrait très certainement pas, notamment parce que la vague est très puissante, et que nous restons à notre place au large, explique Peyo Lizarazu, expert du spot basque. Avoir sa planche proche de soi, c'est paradoxalement une source de danger. En cas de chute, c'est le meilleur moyen de prendre sa planche en pleine figure. Ça pourrait donc être contre-productif. »

Les mots sont aussi justes que pertinents : c'est effectivement parfois « paradoxalement une source de danger » et « contre-productif ». De célèbres accidents de surfeurs chevronnés ont pu être causés par un leash qui ne leur a bizarrement pas rendu service. Lors d'une chute, le cordon peut se coincer dans le corail, comme ce fut peut-être le cas pour le très regretté tahitien Malik Joyeux, noyé à Pipe.

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Il y a aussi eu le drame dont fut victime Mark Foo à Mavericks, en Californie, en décembre 1994 (voir vidéo ci-dessus). « Mark Foo aurait été assommé par sa planche à Mavericks, et il n'est pas remonté à la surface, relate le photographe Sylvain Cazenave. À Jaws, les premiers surfeurs de gros ont vite compris qu'ils pouvaient être assommés, donc ils ont enlevé le leash malgré les rochers présents pas très loin au bord. »

Leash ou pas leash ? Ange ou démon ? La question se pose souvent, le débat reste en tout cas entier sur certains spots, même si nombre d'intéressés ont depuis toujours choisi leur camp et leur façon de faire.