Surf - Le surf foil en quête de liberté

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Sur la Côte basque et dans les Landes, le surf foil cristallise les inquiétudes du fait de sa dangerosité supposée. Plusieurs municipalités ont décidé de l'interdire. Des figures locales se sont emparées du sujet et se mobilisent en faveur d'une pratique libre. « En 2019 je me suis fait sortir de l'eau par la police à 6h45 du matin », se remémore Xabi Anton, alors en pleine session de surf foil à Anglet. Une intervention matinale motivée par un arrêté datant de début 2018, interdisant la pratique du foil toute l'année sur l'ensemble des plages de la commune. « C'est l'inconnu que représente le surf foil qui avait engendré cette décision. C'est un outil qui reste dangereux du fait de sa dérive », justifie Pascal Bourricaud, responsable des plages de la ville d'Anglet. Il concède un manque de connaissance et de recul suffisant concernant la pratique et une nécessité de la part de la municipalité de se protéger en cas d'incident. Anglet a été la première municipalité de la côte à bannir le foil de ses plages. De nombreuses communes du littoral ont suivi dont Seignosse. « Nous avons justifié cette décision par la vitesse importante et un matériel aux caractéristiques tranchantes », explique David Treku, responsable des plages à Seignosse. Il tempère cette interdiction par le fait qu'elle ne s'applique qu'aux zones réglementées. « Sur 6 km de littoral nous ne réglementons que 600 mètres en basse saison et 2 km en haute saison. » lire aussi Ludovic Dulou, tel un albatros Depuis, la municipalité d'Anglet a revu progressivement sa copie, autorisant d'abord la pratique sur une seule plage de la commune à des heures bien définies. Aujourd'hui, l'arrêté présente une interdiction à partir de 9h30, cantonnée à la seule période estivale. La commune de Saint-Jean-de-Luz, qui avait dans un premier temps interdit la pratique du foil sur l'ensemble de ses plages, souhaite désormais la normaliser. « Les "on dit" qui ont précédé l'arrivée du foil nous ont fait peur ainsi que des photos d'accidents qui circulaient sur internet », justifie Patrick Simon, responsable des plages à Saint-Jean-de-Luz. La ville s'est par la suite assouplie sur la question, en autorisant aux foileurs l'accès à la baie, désormais devenue un haut lieu de la pratique. lire aussi Immersion, le documentaire qui révèle « sept vies inspirées par la mer » Un changement de paradigme dû à un travail de discussion et de pédagogie de la part de certains pratiquants locaux ayant notamment fondé la Commission foil et sécurité, aujourd'hui rattachée à la Fédération française de surf. Une action initiée par Pierre Cassaigne, avec l'idée de « dissiper les craintes de ceux qui criaient au loup par méconnaissance. » Ce dernier a déjà contesté de nombreux arrêtés interdisant une pratique totale du foil, jugeant que cela relevait de « la discrimination. » « Le vrai problème c'est la surpopulation à l'eau » Parmi les membres de la Commission, le chargeur basque Peyo Lizarazu. Investi dans la défense d'une pratique libre, il considère que « le foil étant ni plus ni moins que du surf », la réglementation se fera d'elle-même du fait de règles tacites connues de tous. Un discours qui tranche avec celui de certains surfeurs, émettant des réserves. Comme Jean-François Bégué, qui indique que la cohabitation ne se fait pas toujours en bonne intelligence. « Certains n'hésitent pas à se mêler aux surfeurs et à monopoliser les vagues », relate-t-il. Des propos déjà entendus par Peyo Lizarazu, qui fait le parallèle entre les craintes liées à la démocratisation du foil et celles énoncées il y a quelques années à l'encontre du sup. « C'est un cycle qui se répète. Tout le monde en parle sans vraiment savoir de quoi il s'agit. » Et considère que la discipline restera confidentielle du fait de sa difficulté, en insistant sur la complémentarité qu'elle apporte. « Le foil est à destination de surfeurs déjà expérimentés. Cela permet de profiter d'endroits qui ne sont pas forcément propices au surf. » Il concède que l'objet « peut impressionner » mais estime qu'il est victime d'une problématique plus large. « Bien sûr que le foil est dangereux le 15 août à la Côte des Basques mais le vrai problème c'est la surpopulation à l'eau. Si on pense améliorer la sécurité en visant le foil alors on fait fausse route », conclut-il, se disant ouvert à débattre à ce sujet. Pas d'accident de foil ces dernières années Parmi les municipalités citées, aucune n'a recensé d'accident impliquant un foil ces dernières années. Il n'existe pas d'étude quant à l'accidentologie et la traumatologie propre au surf foil. L'hôpital de Bayonne qui publie chaque année une analyse rétrospective des accidents liés au surf ne fait pas mention d'une augmentation des accidents du fait d'une forme de démocratisation du foil. Il conclut cependant son dernier rapport en soulevant la problématique de la surpopulation à l'eau et proposant le développement de dérives plus souples et moins contondantes.

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