Surf - Tahiti - Justine Dupont s'éclate à Teahupoo

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Pour la première fois, Justine Dupont est à Tahiti. La surfeuse de gros s'est frottée à la vague de Teahupoo les deux jours du « big swell ». Nous étions avec elle. Voici son récit. Une arrivée un peu freestyle « Ça fait très longtemps qu'on se dit avec Fred (David, son compagnon) qu'il faut qu'on aille en Polynésie. Depuis deux ans, on projetait de venir mais on n'y arrivait pas. Il y a eu le premier confinement, le projet d'une marque qui a avorté, le vaccin que nous n'avions pas encore.... Cette fois, on s'est fait vacciner, car on avait énormément d'attentes. Nous sommes arrivés trois jours avant le gros swell mais sans savoir qu'il aurait lieu. Je savais que ça pouvait arriver car c'est la bonne saison mais là on l'a eu d'entrée, c'était chaud. On a vraiment eu de la chance cette saison car on était de tous les grands swells : on était à Nazaré bien sûr le 29 octobre dernier pour la session historique, puis on a eu un Mavericks géant et un Jaws tout aussi géant en début d'année. Et là c'est pareil, on a réussi à avoir la grosse houle dix ans après la dernière. Le premier jour, on a dormi sur le bateau de mon frère, et ça c'était vraiment tripant. On était connecté direct à l'eau. On a vu les raies, c'était très chouette. Après, on a bataillé un peu, notamment pour le logement sur la Presqu'île. Et puis on a compris que le swell arrivait, on ne savait pas trop comment cela allait se passer. Avant de partir, j'avais parlé à Raimana pour qu'il me pilote, mais bon une fois sur place... Comment on fait ? Ce qui n'a rien arrangé, c'est que nous sommes arrivés à un moment où tous les gars se préparaient pour le swell. Ils étaient dans leur bulle et c'est normal. On s'est dit que ça allait être super chaud. Heureusement, Michel (Bourez) nous a prêté son jet-ski et Tahurai (Henry) nous a hébergés. Dans le surf de gros, on s'efforce avec Fred de tout maîtriser et tout contrôler. Là, on ne maîtrisait rien, ni le pilote du jet-ski, ni les planches, ni la vague... La veille, Tika (Smith) m'a donné des conseils ultra-précis sur comment on surfe Teahupoo, ce qui m'a quand même bien éclairé, c'était très précieux. Une énorme droite pour se chauffer Quand on a déboulé sur le spot de Teahupoo le jour du big swell (vendredi 13 août), ça ne faisait pas deux minutes qu'on était là que Raimana nous a dit " Allez Justine, suis-moi on file surfer sur la droite un peu loin". Punaise, on n'a même pas eu le temps de regarder la vague. On a suivi et on a découvert cette droite, avec personne, et c'était fou. Mais, là encore, je n'avais aucun repère. Je ne connaissais pas la vague, ni le récif, ni la passe, il n'y avait aucun bateau média pour fixer la sortie (du tube)... Du coup, je n'ai jamais surfé une vague aussi grosse et technique en ayant aussi peu d'informations... J'étais face à une page blanche.

Raimana m'a lancé sur une première vague, tout en me disant qu'il ne fallait pas que je m'inquiète. Mais une fois en bas (de la vague), je suis vite sortie, j'avais trop peur. La deuxième, un peu pareil. Et la troisième, elle était vraiment grosse, le tube était vraiment énorme. Sauf que la vague fermait et je me suis fait dégommer. Je suis partie avec la lèvre et j'ai fait toute une série de ricochets. Ça tape, c'est violent, mais ça va. J'ai touché le fond avant de prendre une autre vague sur la tête. Il y avait tellement peu de fond que je me suis mise en étoile de mer pour ne pas trop toucher. Raimana a fini par me récupérer de l'autre côté du lagon. J'en suis sortie assez frustrée, car c'était comme me donner du caviar que je ne puisse exploiter et donc apprécier. Du gâchis en somme. A Teahupoo, elle a visité le récif... On est revenus à Teahupoo et là il y avait un sacré décalage, avec des bateaux et du monde dans tous les sens, le spot était en effervescence. Les vagues étaient débiles et il y avait sur le spot une énergie très particulière suite à la vague de Kauli. Là aussi, comme sur la droite, je sais que je n'avais pas beaucoup le temps pour réfléchir et voir comment ça se passe. Quand Raimana me dit "Go !", je suis dedans mais j'avoue que je flippe. En même temps, cela fait deux jours que c'était la grande flippe. La liste d'inconnus est trop longue, et l'inconnu ça fait plus peur qu'envie. Mais j'y vais. Avec ma planche, j'ai de bonnes sensations. Raimana me tracte. J'ai une totale confiance en lui mais, à ce moment-là, on ne s'est pas parlé en vrai. Et moi, j'ai toujours besoin de capter un minimum la personne avant de faire quoi que ce soit avec elle. Je n'ai pas eu le temps de respirer une minute qu'on est partis sur une bombe, orientée très ouest en plus. Direct ! Mais la sensation était folle, je me suis retrouvée dans un trou, dans ce fer à cheval du « west bowl », et avec la consigne de devoir aller tout droit... C'était hyper perturbant. Je me suis fait enfermer, j'ai bouffé et pété la planche. J'ai bien visité le récif. Après, Lucas m'a demandé de le tracter, ça c'était le truc surtripant. Et lui, à son tour, a voulu me tracter. Sauf qu'on était deux étrangers et que généralement cela ne se fait pas, il faut généralement au moins un local dans le duo. Mais les locaux nous ont dit que c'était ok. Comme ma planche était cassée, Nathan (Florence) m'a prêté la sienne. Sauf qu'elle n'était pas du tout comme la mienne, beaucoup plus ronde et avec trois dérives et non quatre comme moi. Donc là, je suis repartie dans l'inconnu... Le soir, j'avais tous mes pètes à soigner, les bouts de coraux à enlever à la pince à épiler... Après, comme j'avais mal, je n'ai pas réussi à dormir. Et je savais que j'avais fait un truc de fou, mais je n'avais pas les images pour vraiment réaliser. J'avais quand même conscience de ne pas avoir pris un vrai tube, j'ai joué plusieurs fois avec la vague. C'était frustrant. Tout est aussi allé tellement vite. J'ai envie, après avoir vécu ça, d'y aller étape par étape. De capter le truc, et de bien la surfer à la rame cette vague de Teahupoo. Mais pas de stress, on a le temps, on est là pour deux mois. On vient de passer quelques jours sur le bateau de mon frère, au large de Moorea. C'était top ! Et là on file de nouveau direction la Presqu'île, du côté de Vairao et Teahupoo. C'est très jungle, très sauvage. On va aller surfer tous les jours, on veut découvrir les spots progressivement. Et si on a le temps, avec Fred, on irait bien à Huahine et aux Tuamotu. Sinon, ce sera pour la prochaine fois, car c'est clair qu'on reviendra. »

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