Szafnauer pense que la F1 n'est pas la priorité des constructeurs

Emmanuel Touzot
motorsport.com

La crise économique qui s'apprête à frapper la F1, et dont les effets se sont déjà fait ressentir avec le versement d'une avance de la part de Liberty Media aux équipes, pourrait mener les constructeurs à une réflexion profonde sur le sens de leur engagement en Formule 1. Otmar Szafnauer, qui dirige l'équipe , est la vente de voitures, et que cela pourrait les convaincre de s'éloigner de la discipline pendant la tempête.

"Ce qui définit les constructeurs, pas forcément en Formule 1 mais dans leur business habituel de développement, de vente et de conception de voitures de route, c'est que c'est un business très intense en termes de coûts", explique Szafnauer à Sky Sports F1. "Leurs coûts fixes pour l'outillage sont énormes, et ça dépend où ils en sont dans le cycle et dans la récupération de ces revenus après des coûts fixes engendrés."

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"Si cette chose arrive à un moment du cycle de vie des voitures où vous avez investi des milliards de dollars et que vous espérez en récupérer avec les ventes de voitures, mais que ça n'arrive pas, cela pourrait avoir un gros impact selon moi. Si vous êtes un gros constructeur automobile, vous devez vous demander si la compétition est vraiment votre activité principale. Non, ça ne l'est pas, vendre des voitures l'est, et il faut prendre ce genre de décisions."

Le Hongrois est bien placé pour connaître ce processus puisqu'il était directeur de la stratégie de Honda lorsque le constructeur japonais a décidé d'arrêter la F1 au terme de la saison 2008, face à la crise économique. Il se veut rassurant quant à la capacité des constructeurs à se remettre de telles crises, mais sait que cela doit parfois passer par des économies drastiques, et que les programmes en sport automobile sont souvent affectés.

"Je me rappelle que [les dirigeants de] Honda ont attendu et attendu autant qu'ils le pouvaient car ils ne voulaient pas arrêter la Formule 1 et la compétition en même temps", poursuit Szafnauer. "Mais malheureusement, en 2008, il semblait qu'il n'y aurait pas de fin à la crise financière et que les ventes de voitures n'allaient jamais rebondir, et c'est là qu'ils ont décidé d'arrêter. En réalité, les ventes ont rebondi, ils sont revenus et je pense que la même chose se produira ici. Nous surmonterons cela, les ventes de voitures se relanceront, il pourrait même y avoir une demande plus importante et nous traverserons cela. Mais dans le même temps, il est important que nous débutions la compétition aussi vite que possible."

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