Les têtes à répétition modifient le fonctionnement du cerveau

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Une équipe de médecins français a déterminé que le nombre de têtes effectuées au cours d'une saison avait une incidence sur le fonctionnement du cerveau.

C'est une étude inédite en France, menée par le docteur Hélène Cassoudesalle et le professeur Patrick Dehail, dont L'Équipe révèle les résultats. Elle renforce les doutes sur les risques potentiels pour la santé des footballeurs concernant la pratique du jeu de tête. Ces deux médecins, en poste au CHU et à l'université de Bordeaux, ont analysé pendant une saison le cerveau de trente sportifs, âgés de 18 à 25 ans, dix footballeurs semi-professionnels et vingt athlètes ne pratiquant aucun sport de contact, afin de déterminer les répercussions des têtes à répétition.

Alors que des inquiétudes ont émergé au cours de la dernière décennie en ce qui concerne le risque de maladie neurodégénérative dans certains sports collectifs comme le football américain ou le rugby en raison de l'exposition à des commotions cérébrales répétées, une question émerge : les chocs liés au jeu de tête au football, même s'ils n'entraînent pas de signe de commotion cérébrale, peuvent-ils avoir un effet sur le cerveau ?

L'incertitude demeure sur les risques encourus

Pour le déterminer, les deux scientifiques ont réalisé un recueil précis de l'exposition aux divers chocs à la tête subis par les footballeurs au cours de la saison, au moyen de l'analyse vidéo des matchs. Des données d'IRM fonctionnelle ont été également étudiées pour les deux groupes (footballeurs et athlètes hors sport de contact), avant et après la saison. Le nombre de chocs à la tête incidents entre les deux IRM était associé à une modification de deux réseaux de connexions fonctionnelles au sein du cerveau.

« Cela suggère que le fonctionnement du cerveau change au cours d'une saison de football, et la méthodologie que nous avons utilisée a permis de montrer pour la première fois un lien entre ces modifications et l'exposition aux têtes, explique le docteur Cassoudesalle, également membre, avec le professeur Dehail, de l'équipe Inserm ACTIVE du centre de recherche Bordeaux Population Health. On ne sait néanmoins pas encore comment ces modifications peuvent évoluer dans le temps, ni si elles peuvent contribuer au développement d'une maladie du cerveau. »

Une étude norvégienne, publiée en février dans la revue scientifique Brain Injury, a révélé que les coups de tête répétés et les chocs accidentels à la tête modifient la structure sanguine du cerveau et peuvent interférer avec les voies de signalisation.

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