Taekwondo - Les Bleus en repérage aux Championnats d'Europe à Sofia, en attendant le TQO de mai

L'Equipe.fr
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Forte de ses trois titres de décembre dernier, l'équipe de France se rend aux Championnats d'Europe à Sofia avec en perspective le tournoi de qualification olympique dans la capitale bulgare dans un mois (7-8 mai).

Une dernière petite angoisse, dans l'attente des résultats des tests PCR qui devaient délivrer l'équipe de France, l'autoriser à s'envoler ce lundi pour Sofia. Une inquiétude généralisée dans le monde du sport actuel mais d'autant plus légitime pour le taekwondo bleu que, trois semaines plus tôt, avant d'intégrer sa bulle pour la préparation terminale de l'événement, il avait enregistré la défection d'Althéa Laurin, positive au Covid-19.

À dix-neuf ans, l'espoir à la voix douce n'a pas eu à lutter contre de trop gros symptômes, mais elle est restée à l'isolement quand ses coéquipiers sont partis en stage à Bugeat. Forcément, elle s'avance en Bulgarie dans l'inconnue.

Il y a quatre mois, elle avait pourtant été l'une des révélations des Bleus lors d'autres Championnats d'Europe, qui mettaient en scène les catégories olympiques (4 masculines : -58 kg ; -68 kg ; -80 kg ; + 80 kg et 4 féminines : -49 kg ; -57 kg ; -67 kg et +67 kg). Comme Althéa Laurin, on avait découvert à Sarajevo Cyrian Ravet (18 ans), et applaudi à la confirmation du potentiel et la nouvelle sérénité de Magda Wiet-Hénin. Ces trois-là avaient été sacrés alors que Dylan Chellamootoo décrochait une médaille de bronze.

Qu'attendre de ce nouveau rendez-vous continental à Sofia qui met en scène classiquement huit catégories chez les hommes et chez les femmes ? L'enjeu s'annonce double : parce qu'il y a des médailles à aller chercher, mais que l'étape, sans être la seule, servira aussi aux dirigeants français de dernier indicateur avant le choix primordial des quatre catégories et combattants qui essaieront d'aller valider les quotas pour les Jeux, lors du tournoi de qualification qui se tiendra à nouveau à Sofia, les 7 et 8 mai.

« C'est un réflexe naturel mais, je dirais malheureusement, les athlètes ont déjà la tête à la qualif, pointe Louis Lacoste, le directeur de la performance. À l'entraînement, on essaie de leur expliquer qu'il vaut mieux se concentrer sur la compétition, viser le plus beau résultat qui leur ouvrira les portes du TQO en renforçant leur confiance et, en même temps, en provoquant de la méfiance chez leurs adversaires. »

S'il conviendra donc d'éviter de se projeter trop tôt, les Français connaissent à l'avance l'équation à venir. Championne d'Europe en titre et médaillée de bronze mondiale en 2019, Magda Wiet-Hénin est la seule assurée de jouer sa qualification olympique en -67kg le mois prochain.

Pour les autres, rien n'est acquis. La France n'ayant le droit d'aligner que deux catégories féminines et deux masculines, il faudra trancher. Du côté des femmes, l'autre catégorie ciblée est celle des lourdes et impose un duel à distance (puisqu'à Sofia, il ne s'agit pas des catégories olympiques) entre Althéa Laurin (-73kg) et Solène Avoulète (+73kg).

Pour les hommes, il faudra en désigner deux sur les six engagés. « Comme cette équipe de France est assez jeune, ces Championnats doivent aussi être considérés comme une préparation en termes d'expérience, de confiance en soi, en ses capacités, à acquérir. C'est l'occasion de prendre de l'épaisseur dans le paysage international », rappelle Louis Lacoste.

Les Bleus ne resteront pas à Sofia jusqu'au TQO
Ces dernières semaines, dans leur retraite corrézienne de Bugeat, où seize athlètes avaient été convoqués, ils ont travaillé les points forts de chacun, les options tactiques, la répétition des mouvements. Ils ont surtout décidé de modifier le programme.

Si le protocole renforcé semble fonctionner (tous ont subi 5 tests PCR en trois semaines), limitant les risques de contamination, ils ne resteront pas en Bulgarie jusqu'au TQO comme prévu initialement.

« Je suis revenu sur cette idée, explique Lacoste. Après avoir discuté avec les médecins, les athlètes, le staff, j'ai pas mal cogité. Une nuit, je me suis réveillé en sueur... Certains des athlètes engagés sur les Europe n'iront pas au TQO et vont rentrer à la maison. Alors, stop : on va tous là-bas, on revient, et on repartira sur une nouvelle aventure. »

Il envisage la mise en place de petites bulles individuelles dans la semaine qui suivra les Championnats d'Europe, parce que ses ouailles vont s'égayer dans la nature pour une parenthèse de récupération. Il sera alors temps de réunir à Bugeat l'équipe resserrée (entre 10 et 13 athlètes seulement) pour envisager plus sérieusement le TQO, épreuve couperet de toute la saison olympique.