Teddy Riner et Clarisse Agbégnénou, à leur rythme

De retour des Jeux de Tokyo l'an dernier, Teddy Riner et Clarisse Agbégnénou arboraient avec fierté leurs médailles olympiques. ( E. Garnier/L'Équipe)

L'un, Teddy Riner, revient de blessure, l'autre, Clarisse Agbégnénou, de congé maternité. Tous deux reprennent en douceur et seront présents avec leurs clubs, le 26 novembre à Gori (Géorgie) pour la Ligue des Champions. Avec en tête un unique objectif : Paris 2024.

Riner, plus fort que la douleur

« Merci le Japon. J'espère te revoir bientôt. » Posté par Teddy Riner, dimanche, sur son compte Instagram. Sa manière de dire son bonheur d'avoir pu passer une dizaine de jours en stage où le décuple champion du monde des lourds se sent bien. Signe aussi que le Français a retrouvé la pêche après le coup d'arrêt à la suite d'une sévère entorse de la cheville droite, le 24 août, lors d'un stage au Maroc. Cette blessure l'a contraint de déclarer forfait pour les Mondiaux, à Tachkent, mi-octobre. Ce contretemps fâcheux a-t-il semé le doute dans le clan Riner ? « Non », assure Franck Chambily, « l'objectif reste le même : les JO à Paris en 2024. Le Mondial 2023 en mai au Qatar est aussi un objectif, tout le reste ce seront des évaluations », ajoute l'entraîneur de Riner. Après les JO de Tokyo (3e en + 100 kg ; 1ER par équipes mixtes), le judoka n'avait plus combattu en individuel jusqu'à sa victoire, le 10 juillet dernier, au Grand Chelem de Budapest.

À 33 ans, Riner craint-il que son corps lui dise stop d'ici 2024 ? « Il dit déjà stop mais je ne l'écoute pas. Ça fait plus de quinze ans que je suis sur les tatamis, donc mon corps grince, s'exprime comme il peut sauf que je le mets en sourdine. S'il faut que je monte sur le tapis en 2024 avec une jambe cassée, je le ferai », a répondu le champion.

Son retour en compétition est prévu avec son club, le PSG, le 26 novembre à Gori en Géorgie, pour la Ligue des champions, épreuves par équipes. De ses sensations dépendra sa participation au Masters du 20 au 22 décembre à Jérusalem. Avant de repartir en stage à l'étranger chercher des rivaux qu'il ne trouve plus en France.

Agbégnénou, un bébé et ça repart

Après son doublé olympique (or en individuel en - 63 kg et par équipes mixtes) à Tokyo l'an passé, Clarisse Agbégnénou (30 ans) n'avait pas caché des envies de maternité. Avant d'envisager de se lancer dans son dernier défi : les JO à Paris en 2024. Le 15 juin, la quintuple championne du monde des - 63 kg a donné naissance à son premier enfant, Athéna. La porte-drapeau de la France à Tokyo s'était entretenue physiquement jusqu'à quelques jours de son accouchement. Après un congé maternité, elle a repris progressivement l'entraînement judo dans l'été mais n'était pas encore prête pour disputer les Mondiaux en Ouzbékistan, le mois dernier, où en son absence Manon Deketer a décroché le bronze dans sa catégorie (-63 kg). Son retour sur les tatamis de compétition ne devrait plus tarder. « Clarisse va bien, elle s'entraîne tous les jours. Elle fera sa rentrée avec nous en Ligue des champions le 26 novembre à Gori (Géorgie) », annonce Philippe Sudre, le président du Red Star de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), où Agbégnénou est licenciée. Cette épreuve se disputant par équipes, la catégorie des - 63 kg n'est pas représentée, la Française combattra donc en - 70 kg. De quoi lui éviter un régime drastique pour sa reprise. Rester en - 70 kg est-il une éventualité ? « Ce n'est pas l'idée, l'idée c'est de rester en - 63 kg », répond Ludovic Delacotte, coach référent d'Agbégnénou en équipe de France. Le retour en compétition en individuel est envisagé début 2023, peut-être au Grand Chelem de Paris (5-6 février) ou plus vraisemblablement à celui de Tel-Aviv (17-19 février).

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