Tennis - Comment adapter sa préparation physique à la terre battue ?

L'Equipe.fr
Roland-Garros, qui débute le 28 mai prochain, est dans toutes les têtes. Comment les joueurs et joueuses du circuit adaptent leur entraînement à cette surface ? Réponse avec Pierre Mazenq, préparateur physique au sein de la Fédération Française de Tennis (FFT).

Roland-Garros, qui débute le 28 mai prochain, est dans toutes les têtes. Comment les joueurs et joueuses du circuit adaptent leur entraînement à cette surface ? Réponse avec Pierre Mazenq, préparateur physique au sein de la Fédération Française de Tennis (FFT).Opposé à Dominic Thiem en quart de finale à Rome ce vendredi, Rafael Nadal, vainqueur à Monte-Carlo, Barcelone et Madrid, tente de continuer sa moisson sur terre battue. Une surface dont les spécificités impliquent un programme d'entraînement adapté, d'après Pierre Mazenq, préparateur physique à la FFT : « les appuis sont différents, les points durent plus longtemps, les matches sont plus longs, etc. Il faut qu'il y ait une période de transition – idéalement de trois semaines – , durant laquelle on se réhabitue à la terre battue et à ses exigences.»Ce temps d'adaptation représente souvent l'une des rares plages de travail sans compétition que les professionnels se ménagent : « c'est l'occasion de faire un rappel sur les qualités développées lors de l'avant-saison, grâce à de grosses séances, avant de réduire le volume et passer sur du qualitatif à l'approche des tournois. »Deux thématiques et la proprioception en filigraneNotre expert identifie deux axes de travail sur cette période : « une dominante musculaire et une dominante énergétique. Musculairement, il faut insister sur la phase excentrique au niveau des ischio-jambiers et des adducteurs et veiller à la stabilité du genou. C'est un mélange de renforcement et de proprioception sur tous les étages des membres inférieurs, de la hanche aux chevilles, qui permet d'aborder les glissades en toute sécurité (même si on glisse aussi sur dur, à haut niveau). Le travail énergétique, quant à lui, permet de bien récupérer pour enchaîner les efforts. »Trois exercices de proprioception (pour le tennis mais pas seulement)6060Il conseille donc d'intégrer la prévention articulaire à son entraînement, plutôt que de l'appréhender isolément : « il y a deux moments où le travail proprioceptif est intéressant. Au moment de la mise en route le matin, pour redonner de la stabilité, et sur fond de fatigue pour faire réagir l'organisme, lui demander de s'adapter, même si musculairement, il est moins disponible. »Tout dépend des caractéristiques du joueurEnfin, Pierre Mazenq insiste sur l'importance d'aborder cette phase de transition différemment selon le profil du joueur : « chacun s'adapte aux surfaces mais conserve ce qui fait sa force. Nicolas Mahut ne va pas se mettre à gratter la balle parce qu'il est sur terre par exemple (sourire) ».D'après lui, même dans une période de travail spécifique, « il faut donner une cible, en fonction des caractéristiques du joueur ou de la joueuse. Soit il/elle a un très bon VO2 max, à l'origine, et cela va revenir très vite en quelques séances, soit il/elle a de gros manques dans ce domaine et ce sera LA cible. Une préparation réussie passe par une identification de l'axe de travail principal, autour duquel on construit un programme. »

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