Tennis - ATP - Arthur Rinderknech estime que le gel du classement ATP « est un peu gênant »

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Troisième Français à la Race (49e) mais toujours bloqué en dehors du top 100 (124e), ce qui l'oblige à surtout se cantonner au circuit Challenger, Arthur Rinderknech (25 ans) oscille entre fatalisme et frustration pour évoquer le gel du classement ATP qui reste en partie en vigueur plus d'un an après le début de la pandémie.

« Comment vivez-vous ce gel du classement qui vous empêche de vous situer là où vous devriez du fait de vos résultats ?
Je ne le vis pas mal. C'est la règle, ce qui a été mis en oeuvre par l'ATP, donc je ne peux que l'accepter. Maintenant, évidemment que c'est un peu gênant quand on voit, pas forcément Benoît, mais certains joueurs qui ne jouent pas ou qui n'ont pas une grande motivation ou qui sont sur la fin qui en profitent pour continuer à aller juste sur les gros tournois et empocher les gros prize-money. On se dit que ça fait des places perdues.

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Et que certaines opportunités s'envolent alors que vous, vous devez continuer à jouer les Challengers ?
Les joueurs au-dessus de moi, qui ne le seraient pas forcément si la règle était "normale", prennent des places dans les gros tournois, donc évidemment que j'aurais plus ma place pour y participer. Avec la règle actuelle, en faisant un résultat semi-correct, ils gagnent autant de points qu'ils en perdent.

Cette impression d'être ralenti dans sa progression génère-t-elle une frustration ?
Oui, un petit peu. On m'a dit il n'y a pas longtemps que sans le gel des classements, je serais autour de la 80e place mondiale. Ce serait génial d'être déjà top 100. Maintenant, j'espère que ce n'est pas à cause de cette règle que je n'irai jamais plus haut que mon classement actuel. J'en suis capable. Je suis plus dans l'idée d'essayer de progresser, et que ça paiera.

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C'est un casse-tête pour tout le monde sur le circuit ?
Je sais que ça fait jaser. Mais le problème, c'est que quelques-uns des joueurs qui bénéficient du blocage sont des joueurs assez importants. Ce n'est pas moi, 120e mondial qui ne suis jamais allé plus haut, qui vais faire changer la donne.

À chaque échelon, la même question se pose : comment peut-on monter avec cette règle ? Le joueur Futures se demande comment il peut dépasser le joueur Challenger. Le joueur Challenger se demande comment il peut doubler le joueur ATP. Même au plus haut niveau, on se demande. Zverev l'avait dit il n'y a pas longtemps en constatant qu'il était derrière Roger (Federer) malgré une finale en Grand Chelem et des titres en Masters 1000.

Cette règle, qui partait d'une bonne idée au moment de la pandémie, n'est plus vraiment acceptable aujourd'hui ?
À partir du moment où les tournois sont revenus et où tout le monde peut jouer, il faut revenir à l'ancienne règle parce que là, certains sont protégés et en jouent. Certes, ce n'est pas facile pour tout le monde mais c'est la loi du travail. Si tu n'es pas prêt à aller dans le dur quelques semaines, il faut faire autre chose. »

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