Tennis - ATP - Monte-Carlo - Lucas Pouille : « Mon meilleur match depuis ma reprise »

L'Equipe.fr
·4 min de lecture

Victorieux 6-3, 6-4 de Guido Pella au premier tour du Masters 1000 de Monte-Carlo, Lucas Pouille voit le bout du tunnel après de longs mois de galère. « Lucas Pouille, quel est votre sentiment après cette victoire contre Guido Pella ?
C'est une victoire qui fait du bien tant sur le plan de l'état d'esprit que du jeu. Pour la confiance, c'est forcément que du positif. Il y a eu vraiment de très bons passages et il y a encore du déchet, des points à régler mais j'en suis conscient. Je sais que c'est en enchaînant des matches que je vais l'effacer. Je retiens du positif. C'est mon meilleur match depuis ma reprise. lire aussi Le film du match Dans une reprise, qu'est-ce qui est le plus compliqué ? Qu'est-ce qui a fait que ça s'est mieux passé aujourd'hui ?
Ça fait deux mois que j'ai recommencé la compétition. Après l'enchaînement des tournois, j'ai fait une bonne prépa sur terre où on a beaucoup bossé à la All In Academy dans le sud de la France. On a pris le temps, on a été hyper rigoureux. J'avais l'envie de faire une bonne saison sur terre. La semaine dernière, c'était une défaite contre Berankis après un match de 2h50, tout n'était pas bon mais tout n'était pas mauvais non plus. J'ai voulu repartir au travail. L'état d'esprit est bon. Il faut répéter ce genre de match. Après une longue période, ce qui est très difficile, c'est d'être patient. Mon problème est souvent d'être un peu trop impatient et exigeant à ce niveau-là. lire aussi Sa victoire contre Pella La paternité vous a-t-elle fait prendre du recul ?
Sur certaines choses, oui. Sur d'autres, pas encore (sourire). Je vois les choses un peu différemment. Cette longue période m'a permis de repenser à ce que j'avais pu faire ces dernières années et ce que j'ai envie d'améliorer. La défaite de Marbella aurait pu me mettre un peu dans le trou. Encore une défaite, j'aurais pu baisser un peu les bras et au contraire, on est restés très positifs avec toute l'équipe pour repartir au travail tout de suite. « Il y a eu beaucoup de doutes et je ne voyais vraiment pas le bout. Aujourd'hui, je n'ai plus du tout de douleurs et d'appréhension » Le temps vous a-t-il paru très long ? Avez-vous eu des périodes de doutes ?
Oui, ça m'a paru extrêmement long et j'ai cru ne jamais en voir le bout. La blessure a commencé en septembre 2019, je me suis arrêté en octobre et j'ai écouté à la lettre ce que me disaient les médecins. À chaque fois, je rechutais. À un moment, il y a eu le gros doute de savoir si j'allais pouvoir rejouer normalement, notamment quand j'ai pris la décision de me faire opérer même si les chirurgiens étaient très confiants. Pour eux, c'était une petite opération. Mais une opération du coude pour un joueur de tennis, on sait que c'est toujours délicat. Il y a eu beaucoup de doutes et je ne voyais vraiment pas le bout. Aujourd'hui, je n'ai plus du tout de douleurs et d'appréhension. Ça a pris beaucoup de temps avant de resservir normalement. Pendant plus d'un an, je n'ai pas servi une seule fois à 100 %. C'est d'ailleurs l'endroit où je pèche le plus pour retrouver mes sensations. C'est normal après une si longue période d'arrêt. Qu'avez-vous pensé des déclarations de Benoît Paire ?
La seule chose que je peux dire, c'est que moi je suis heureux d'être sur le court. Chacun voit et vit la crise sanitaire différemment. J'ai passé quasiment un an et demi sans toucher une raquette, ça m'a beaucoup manqué. Je suis heureux d'être là et content que le Tour se joue même si ce serait encore mieux avec le public et qu'on a hâte de revivre des émotions comme avant. En attendant, je profite et je suis content de faire mon métier. »