Tennis - Coronavirus - Coronavirus : quelques joueurs ont repris en douceur... et à huis clos

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Les premiers matches de l'ère à huis clos, en direct de Höhr-Grenzhausen en Allemagne, ne calmeront pas la frustration des amateurs de tennis. On mentirait en disant qu'on a trouvé la solution à ce manque de tennis, qui ronge les amateurs frustrés de matches et d'émotions pendant cette ère interminable passée sous bulle. Se dire (à l'exception de quelques matches de ligue russe) qu'il a fallu se téléporter via des caméras fixes au tennis club de Höhr-Grenzhausen (Allemagne) pour voir des joueurs -un peu- connus taper dans la balle restera l'un des moments tragicomiques de cette période Covid-19. Coronavirus : décision à la mi-juin pour l'US Open C'est Werner - Hassan qui a lancé vendredi la danse de ce « Tennis Point exhibition » censé calmer les frustrations des joueurs privés de jeu et des téléspectateurs privés de spectacle. L'audience n'a pas forcément dû être au rendez-vous, ne serait-ce qu'à cause des trésors de patience pour obtenir la liaison via la ruse des VPN... Une fois sur « place », l'ambiance glaciale d'un terrain de terre battue, isolé parmi d'autres courts couverts, évidemment vide de spectateurs, ne prétendait pas pousser à l'excitation maximale. Sous forme de poule, ils sont huit à se dégourdir les jambes pendant ce petit masters disputé sur quatre jours jusqu'au 4 mai, dans des rencontres de deux sets gagnants de quatre jeux. Le plus connu Dustin Brown (239e), et le mieux classé Yannick Hanfmann (143e), sont accompagnés par Jean-Marc Werner (658e), Benjamin Hassan (354e), Florian Broska (1628e), Jan Choinski (332e), Johannes Haerteis (342e) et Constantin Schmitz (584e). Ils toucheront une petite prime de présence et se disputeront un prize money de 3000 euros. Leur point commun ? Habiter à moins d'une heure trente du lieu de rendez-vous. Yannick Hanfmann, 143e mondial « C'était génial, mais aussi un peu étrange. C'est agréable d'être de retour sur un court. C'était comme s'entraîner avec un ami »
Il faudra sûrement plus de spectacle pour intéresser le monde si la planète tennis est amenée à se redessiner un avenir à court terme dans ce genre de pratique régionale et confinée. Il n'y a, sur le court central de à Höhr-Grenzhausen, ni juges de ligne ni ramasseurs de balles. Les bancs et la chaise d'arbitre sont désinfectés à chaque match, mais les balles ne sont pas différenciées. « On a d'abord pensé à des boîtes de balles distinctes, a indiqué à la BBC Ruben Herrera, le directeur du club, mais en lisant un guide sur la faible probabilité de contamination par les balles, on fait comme d'habitude. » Non testés au Covid-19, les joueurs, placés dans des petits boxes derrière la vitre du bar du club en attendant leur tour, rentrent masqués et ne se serrent pas la main à la fin du match. Ils s'y sont faits, comme ils ont pu. « En tout cas, on peut se laver les mains partout, a souri Broska, lors d'une interview en visio à AP. J'aime jouer avec la foule (il appartient à l'équipe universitaire américaine de Mississippi State), ça me donne beaucoup d'énergie. Là, j'essaie de me procurer ma propre énergie... Mais ce n'est évidemment pas la même chose. Peut-être que je peux montrer mon niveau aux gens qui me regardent. » Une exhibition en Floride avec Matteo Berrettini Hanfmann, lui, essayait plutôt de savourer : « C'était génial, mais aussi un peu étrange. C'est agréable d'être de retour sur un court. C'était comme s'entraîner avec un ami. » Parfois, il faut savoir se contenter d'un zeste de compétition. « Il y a deux semaines, ne pas être sur le terrain faisait partie des plans, constatait Brown. Et je pense que tous ceux qui sont là sont heureux de revenir. »

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