Tennis - Fed Cup - Guy Forget : « « La magie de la Fed Cup, c'est ça ! »

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L'ancien capitaine de l'équipe de France de Fed Cup (1999-2004) salut l'état d'esprit conquérant qu'a su insuffler Julien Benneteau aux Bleues lors de leur succès, ce dimanche, en finale de la Fed Cup contre l'Australie (3-2). « Comment avez-vous vécu cette troisième victoire de l'équipe de France en Fed Cup, après celles de 1997 et 2003 ?
J'ai envoyé un texto à Julien (Benneteau) pour lui dire qu'à 1-1 tout était possible, que le résultat serait la conséquence de l'engagement, de l'intensité, de ses options tactiques. Il connaît trop bien la musique et le jeu et je suis sûr que c'est ce qu'il a dit à ses joueuses. Le match de Kristina (Mladenovic), c'est extraordinaire. Battre la n° 1 mondiale (Ashleigh Barty), à domicile, alors que t'es menée 6-2, 4-3, balle de break, un passing pour faire 5-2... Tu te dis quasiment que c'est fini. On est allé en finale, à un coup de raquette près, on quitte l'Australie triste avec l'impression d'avoir tout donné et on se retrouve quelques heures plus tard à être championnes du monde... La magie de la Fed Cup, c'est ça. Tout est toujours possible. Toutes ont contribué à faire gagner l'équipe cette année, que ce soit Pauline (Parmentier), Caroline (Garcia), ou Kristina qui a été énorme sur ce week-end. Et puis, il y a Julien qui a un rôle bien plus important qu'on veut le croire dans cette équipe. Julien (Benneteau) a été patient, parfois ferme. Cette victoire est aussi la sienne C'est-à-dire ?
Il a réussi à recréer cette osmose, cette volonté de retravailler ensemble alors que je peux vous dire que ça n'a pas été simple, et pas que depuis le 1er janvier mais sur toute l'année. Il a été bon. Pour un premier capitanat, il a eu des cas assez délicats à gérer. Il a été patient, parfois ferme. Cette victoire est aussi la sienne, dans un rôle pas forcément visible. Nous, on voit le résultat devant la télé mais ce sont des heures et des heures de prises de tête, de discussions, avec les joueuses, les coaches, les parents, les proches, pour faire en sorte que tous les malaises soient aplanis. C'est encore une victoire très « française », celle d'un collectif plus fort que la somme des individualités...
Toutes nos victoires, à chaque fois, ont été acquises dans une ambiance propice à la performance. Chacun a mis son ego de côté, à chaque fois le capitaine a réussi par des discussions à faire en sorte que tout le monde aille dans le même sens, ce qui n'est pas facile pour des joueuses de tennis, on le sait. Quand tu vois Kristina et Caroline tomber dans les bras l'une de l'autre et pleurer ensemble de joie, tu te dis qu'il n'y a que le sport qui peut apporter ça, recréer ce ciment alors qu'à un moment donné, il y avait de grosses fissures. C'est aussi pour cela qu'elle est belle cette victoire. Quand tu gagnes 3-0, que tu mets des raclées, ce n'est pas pareil. Une équipe de Fed Cup, c'est un collectif, on partage, on échange, on s'engueule, on n'est pas d'accord mais on se retrouve autour d'un projet commun. Chacune a réussi à prendre sur elle et c'est comme ça que les victoires sont les plus belles. En tout cas, on se souviendra de celle-là pour ces raisons-là. Ça peut être le début d'une saison 2020 formidable Comment transformer ce succès collectif en réussite individuelle à l'avenir ?
Je ne veux pas m'immiscer dans les carrières individuelles, ni parler d'une joueuse en particulier, mais il y a tellement de petites choses qui pourraient être tentées, essayées, pour les voir donner ce rendement-là tout au long de l'année. C'est à Julien, fort de cette dynamique et de l'impact que cela a déclenché, d'essayer pour la saison prochaine de donner des orientations, quelles qu'elles soient, techniques, tactiques, au niveau de l'encadrement et de la préparation. C'est la fin de cette saison mais ça peut être le début d'une saison 2020 formidable. Parce qu'elles ont du talent et un fort potentiel, ces filles, même celles qui n'ont pas joué. Quand tu bats la n° 1 mondiale chez elle, vainqueur du Master, alors que t'étais presque à un point de la défaite, après des résultats pour le moins irréguliers tout au long de l'année, il y a de quoi se dire ''Mais j'y suis, quoi ! Pourquoi pas moi ?'' J'espère que ça va inciter Kristina à y croire encore plus. Peut-être que les défaites qu'elle a eues cette année, seront de l'histoire ancienne à partir de 2020. » Retrouvez le tableau de la Fed Cup

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