Tennis - Fed Cup - Kristina Mladenovic : « L'un des moments les plus forts de ma carrière »

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Kristina Mladenovic n'était pas peu fière après sa victoire contre la n°1 mondiale Ashleigh Barty (2-6, 6-4, 7-6), dimanche en finale de Fed Cup à Perth. « Que ressentez-vous après cette victoire incroyable contre la n°1 mondiale Ashleigh Barty ?
C'est très spécial. C'était un grand défi face à la n°1 mondiale qui est dans une confiance incroyable, qui joue extrêmement bien cette saison et en particulier ces dernières semaines. Je suis allée sur le court en sachant que je pouvais le faire. Y croire, me battre, être derrière au score pratiquement tout le match et trouver un moyen de gagner, 7-6 au troisième set, dans une telle ambiance, dans une finale de Fed Cup, c'est épique. C'est un de mes plus beaux et émouvants moments sur un court de tennis. Ces dernières années, j'ai eu des victoires contre des top 10 et aussi contre une n°1 mondiale, mais celle-là est spéciale : une finale pour mon pays, devant une foule incroyable. C'est un environnement différent du circuit. Fed Cup : Mladenovic crée l'exploit contre Barty Que vous disiez-vous après la perte du premier set ?
Le premier set, il y a 6-2, mais je me sentais très proche. J'ai donné un break. Après, il y a eu plusieurs jeux où j'ai mené 15-30 ou 0-30, mais j'ai manqué quelques frappes, de peu mais je les ai manquées quand même. Face à la n°1 mondiale, tu ne peux pas faire ça. Mais je sentais que je jouais comme je voulais. Je savais qu'en jouant à mon meilleur niveau, je pouvais battre n'importe qui. Mentalement, je suis restée dans le match jusqu'au bout. Kristina Mladenovic « Les émotions, c'est surtout de la fierté. Je me dis : c'est incroyable ce que j'ai en moi et ce que j'ai réussi à produire. » Le tournant du match a-t-il été cette balle de break sauvée à 6-2, 4-3 pour Barty ?
Si je n'avais pas sauvé cette balle de break, le match aurait sans doute été terminé. C'était les montagnes russes ce match. Le scénario était épique. Il y a eu beaucoup de jeux clés, de rallyes clés. Le premier set, je l'ai perdu, mais je l'ai fait travailler. Pendant 2 h 30, on savait tous les deux, Julien (Benneteau, le capitaine) et moi, que j'étais là, que j'avais la bonne tactique. À chaque changement de côté, il me disait simplement de continuer à faire la même chose. J'étais frustrée de ne pas avoir été suffisamment forte au premier set, mais j'ai continué à y croire. La tactique était simple. Il savait que j'avais les outils pour gagner, en utilisant la géométrie du court pour la faire bouger et en jouant de manière agressive en même temps. À la fin, il me disait que j'étais la plus forte mentalement. Est-ce une victoire mentale ?
Pour moi, personne n'est imbattable. Je suis très fière de la manière dont j'ai continué à y croire, à pousser, à me battre, à chercher les solutions tennistiquement, physiquement, mentalement. 7-6 au troisième contre Ashleigh Barty sur une finale de Fed Cup devant un tel public, c'est certainement l'un des moments les plus forts de ma carrière. Le niveau qu'on a joué était exceptionnel. Elle est n°1 mondiale, elle a une telle variété dans son jeu. Bien sûr que c'est mental. C'est aussi physique, on a joué plus de 2 h 30 dans des conditions humides. Tennistiquement, elle vous retourne le cerveau avec ses variations. Il ne faut pas se planter sur les schémas de jeu. Il y a des trous de souris, là où il faut jouer ou ne pas jouer. J'ai réussi à lui rendre la tâche difficile. C'est le coeur et la tête qui font la différence. Vous étiez très émue après la balle de match. L'émotion aurait-elle été la même après un match du circuit ?
C'est différent. C'est une finale. Ce match, je l'ai pris comme une finale de Grand Chelem. Je l'ai battue à Rome juste avant son sacre à Roland-Garros, c'était spécial. Mais il y a le contexte. Quand j'ai battu Ashleigh Barty à Rome, il n'y avait pas 15 000 personnes (sourire). Et ce n'était pas 7-6 au troisième en étant menée. Elle n'était pas n°1 mondiale mais 6e... C'est tout le contexte. Les émotions, c'est surtout la fierté. Je me dis : c'est incroyable ce que j'ai en moi et ce que j'ai réussi à produire. Donner ça aux gens derrière leurs écrans, l'équipe, les filles qui m'ont soutenue du premier au dernier point, et le public, c'est exceptionnel. »

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