Tennis - Gaël Monfils : « Envie de bien jouer tout de suite »

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Lors d'une visioconférence, Gaël Monfils, 21e mondial, a expliqué son choix de s'engager pour cinq ans avec la marque française Artengo (Décathlon) et aussi évoqué le début de saison 2022 en Australie. Le changement de raquette « Je ne pensais pas forcément changer de raquette. J'ai eu un appel de Nico (Lamperin, son agent). Mon contrat (avec Wilson) s'arrêtait en fin d'année (2021). Je n'étais pas trop partant pour tester des raquettes, mais finalement je me suis dit pourquoi pas. Il y a deux ans, j'avais changé un peu le cordage, je cherche des choses. J'ai essayé plusieurs raquettes sans rien savoir, pas même de qui elles venaient. C'est la Artengo que j'ai le plus appréciée, mais pas tout de suite. Mon premier retour, c'est que c'était une très bonne raquette, mais qu'elle ne me convenait pas. Nico m'a proposé de la tester une deuxième fois. J'ai retesté, j'ai trouvé ça vraiment pas mal. Il fallait juste la customiser comme je le voulais. C'est là que Nico m'a dit que c'était une Artengo. J'étais choqué ! Pour moi, Artengo, c'était Dorian Descloix, mon partenaire de double. Je ne connaissais personne qui jouait avec Artengo, je ne connaissais pas très bien. »

Test réussi à Tenerife « Au début j'étais sceptique : "vous n'avez pas les bonnes fibres, pourquoi personne ne joue avec vos raquettes, je n'aime pas la couleur, etc..." Mais à chaque fois que je faisais une critique, le lendemain j'avais le truc parfait. En une semaine, ils m'ont changé la raquette de manière incroyable. L'équipe Artengo est venue à la maison pour faire des essais, on a pris deux jours. Il fallait que je fasse des heures d'entraînement dessus et que Günter (Bresnik, son entraîneur) valide aussi. Je l'ai testée en plusieurs fois, avant l'indoor, pendant l'indoor. Mais le vrai test, c'est quand je suis parti à Tenerife m'entraîner (intersaison en décembre). L'équipe d'Artengo est venue. Günter m'a dit que c'était parfait, on avait gagné sur des choses qu'on voulait. Il m'a confirmé ce que j'avais ressenti. C'est une très bonne raquette. D'autres joueuses et joueurs vont arriver. » Gaël Monfils « Je ne me mets pas trop de pression sur ces premiers tournois. Le but c'est d'arriver en forme dans deux semaines » Le projet de balles « Je ne voulais pas changer de raquette pour changer de raquette. Je voulais une aventure, quelque chose qui me fasse kiffer. Je veux avoir mon mot à dire sur la cosmétique et j'ai un projet personnel : développer des balles de tennis. J'avais écrit ce projet de balles il y a quelques années. Wilson avait beaucoup aimé, mais le Covid est arrivé. J'aimerais sortir une balle de tennis différente. » Rendre accessible « Ce qui m'a tenté au départ, c'est de rendre accessible. Je suis plutôt en fin de carrière donc pouvoir donner, rendre accessible, que ce soit raquette ou textile, j'ai trouvé que c'était une idée chouette. « Coolifier » la marque. On ne va pas se cacher, au début, Artengo... Tout le monde est sceptique. En fait, tout le monde aime Décathlon sans vraiment le reconnaître. Tout le monde va chez Décathlon, est déjà allé chez Décathlon, connaît Décathlon. On a tous cette image de Décathlon accessible, mais pas forcément performant au haut niveau. Je me suis dit que c'était un super challenge. Ce qu'ils font, c'est accessible mais performant. C'est l'aventure. Montrer que les produits Artengo ne sont pas que pour les joueurs de club, mais aussi pour les joueurs professionnels. Je me suis entraîné avec Ben Bonzi en Australie, il m'a dit que c'était trop cool que je passe chez eux, que j'allais démocratiser Artengo. Mes potes m'ont dit : ''tu vas montrer qu'on n'a pas forcément besoin de s'acheter des trucs super chers pour être cool et performant''. » Le début de saison 2022 « Je me sens bien, j'ai fait une bonne prépa. On a bien bossé avec Günter et Richard (Ruckelshausen). C'était vraiment bien. Je suis arrivé ici plutôt bien. Un peu de repos maintenant parce qu'on a beaucoup poussé. Je commence à sentir un peu de fatigue après cette grosse préparation. Je ne me mets pas trop de pression sur ces premiers tournois. Le but c'est d'arriver en forme dans deux semaines (pour l'Open d'Australie, du 17 au 30 janvier). Je suis plutôt bien, avec beaucoup d'envie. Envie de bien jouer tout de suite, ne pas attendre le milieu de l'année. » Gaël Monfils « La seule chose positive que je retiens de 2021, c'est mon mariage. Vraiment une sale année, une année horrible » Le stress des tests Covid-19 « J'ai fait le deuxième test après sept jours : ça se trouve demain (mardi), je suis à l'isolement aussi (sourire). J'attends demain matin en espérant être négatif pour souffler. Le test, c'est important mais c'est horrible : on peut t'enfermer dix jours. Richard (Gasquet, testé positif au Covid et à l'isolement) était asymptomatique, il allait bien. Moi là, je suis bien, je ne me sens pas malade, je suis vacciné, je fais attention, j'ai le masque, mais potentiellement demain il n'y a pas de tournoi. Merci, au revoir. Ça te fout en l'air pratiquement tout ton début d'année. C'est un stress. » Les deux dernières années sous Covid « Ça m'a miné. Quand j'ai essayé de revenir, ç'a été très compliqué. Il n'y avait pas de public. Je n'avais pas d'énergie, pas envie de jouer dans ces conditions. C'était très dur pour moi. Ce moment, je l'ai mal vécu, personnellement et professionnellement. La seule chose positive que je retiens de 2021, c'est mon mariage. Vraiment une sale année, une année horrible. Je n'ai même pas de mot. Je l'oublie cette année. De milieu 2020 à 2021, ça n'existe plus pour moi. » Artengo vise quatre têtes d'affiche sur le circuit Cyril Perrin, directeur de la marque Artengo : « Quand on a un team de 20 ou 30 joueurs sur le circuit, forcément ça coûte de l'argent et ça se retrouve dans le prix des produits. On veut rester extrêmement accessibles et éviter des raquettes à 250 ou 300 euros. Quand il en faut deux ou trois si on est un joueur de bon niveau, la facture commence à être salée. Est-ce qu'on ferait le job de Décathlon dont l'ADN est de rendre le sport accessible ? Pas forcément. C'est ce juste milieu qu'on essaye de trouver. On a besoin du haut niveau, mais pas avec un team trop large. On a une cible à quatre pour 2022 ou 2023 : deux joueuses, deux joueurs. Pas forcément Français ou francophones. À côté de ça, on a également une stratégie, pour l'instant en France mais on commence à la démarrer en Italie et en Espagne aussi, de détection de jeunes futurs talents, entre 9 et 15 ans, que l'on suit. »

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