Tennis - Comme Gaël Monfils, ces joueurs méconnaissables sur le circuit depuis la reprise de la saison

L'Equipe.fr
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Il n'y a pas que Gaël Monfils qui enchaîne les contre-performances depuis le tournoi de Cincinnati, fin août. D'autres membres du top 50 n'ont pas remporté plus d'un match sur le circuit. Gaël Monfils a pris la décision d'arrêter sa saison mardi, dans la foulée de son abandon face à Pablo Carreno Busta au tournoi de Vienne. « Là, il fallait couper la spirale négative. Je n'arrive pas à donner le meilleur de moi-même, donc j'arrête pour mieux reprendre », a-t-il annoncé en direct sur sa chaîne Twitch. Pourtant, le Français avait démarré sa saison - pré-confinement - dans une dynamique positive. Après un huitième de finale à l'Open d'Australie, il avait remporté les tournois de Montpellier et de Rotterdam avant de s'incliner en trois sets face à Novak Djokovic au terme d'un match de haute volée en demies à Dubai. Mais le confinement est passé par là. Et pour le double finaliste du Rolex Paris Masters, où il sera absent cette année, cela a rimé avec dérèglement. « J'ai beaucoup perdu durant le confinement. On faisait des exercices, mais sans jamais savoir quand on allait reprendre. On se posait beaucoup de questions. À la reprise, je n'avais plus la même confiance », reconnaît-il. Depuis, il n'a remporté qu'un seul set en quatre matches, face à Alexander Bublik à Roland-Garros. Avant, il avait été baladé par les Allemands Dominic Koepfer et Yannick Hanfmann, pourtant au-delà du top 50, au cours des tournois de préparation. Le 11e mondial n'est pourtant pas le seul à avoir été durement touchés par le confinement, au point de perdre totalement le fil des victoires depuis la reprise de la saison. Les autres, d'ailleurs, sont tous Européens, continent le plus touché par les mesures sanitaires. Fabio Fognini (16e) Fabio Fognini avait décidé de zapper la tournée américaine pour se concentrer sur sa surface de prédilection, la terre battue. Alors qu'il s'avance avec le statut de tête de série n° 1 à Kitzbühel, il est corrigé d'entrée (6-1 6-2) par le surprenant Marc-Andrea Huesler, demi-finaliste du tournoi et double vainqueur de Challenger par la suite. Un niveau qui n'étonnait pas l'Italien, lui qui s'est fait opérer des chevilles fin mai pour des douleurs récurrentes qui n'ont pas diminué par la suite. « Je ne suis toujours pas aussi rapide et réactif qu'il y a trois mois et demi. Je n'ai toujours pas de sensation sur le côté de mon pied, près de mon petit doigt, à cause d'un problème nerveux », disait-il après sa défaite face à Ugo Humbert à Rome, où il a montré un visage plus accrocheur (7-5 7-6).

L'Italien n'avait donc pas grand espoir en arrivant à Roland-Garros. Il a même affronté Mikhail Kukushkin... en bas de survêtement, officiellement pour faire face au froid. Défait en quatre sets, la tête de série n° 14 a tenu le duel pendant quasiment trois sets avant, avant d'être gêné physiquement et de faire appel au kiné. C'est la dernière fois qu'on l'a revu sur un court : testé positif à la Covid-19 avant son entrée en lice en Sardaigne, il a mis un terme à sa saison pour se concentrer sur 2021. Sa seule victoire, il l'a obtenue face à Philipp Kohlschreiber, 94e mondial, à Hambourg. Nikoloz Basilashvili (36e) Depuis la reprise, le Géorgien a participé à presque toutes les compétitions possibles. De Cincinnati à Vienne, il affiche le plus triste bilan du circuit : sept tournois, sept défaites, aucun set remporté. Sur dur comme sur terre battue, le lauréat du tournoi de Hambourg l'an dernier s'est fait balayer par tous ses adversaires. C'est lors de son dernier match, au premier tour des qualifications, qu'il s'est montré le plus accrocheur, emmenant Norbert Gombos, 104e mondial, au tie-break du premier set (perdu 7-2). Il faut dire que le Géorgien, au jeu à risques, connaît des problèmes autres que le tennis. L'ancien n° 27 mondial a été arrêté par la police en mai pour avoir agressé son ex-femme sous les yeux de leur fils de cinq ans. Bien qu'il nie les faits, il risque trois ans de prison et 400 heures de travaux d'intérêt général. Une affaire qui a fait grand bruit en Géorgie, où les violences domestiques ne sont pas rares. En attendant, il ne pointe qu'au 134e rang du classement Race, qui ne comptabilise que les points de la saison 2020. Benoit Paire (28e) Le retour de Benoit Paire a été cauchemardesque. Malade, il n'a pas gagné le moindre jeu avant d'abandonner au début de la deuxième manche face à Borna Coric à Cincinnati. Un début qui allait donner le ton du reste de la saison. Contrôlé positif à la Covid-19 à l'aube de l'US Open, il est resté isolé pendant dix jours dans une chambre de l'hôtel new-yorkaise. Un traumatisme psychologique pour le Français, qui n'a eu que quatre jours pour se préparer à affronter Jannick Sinner à Rome. Le Français y a montré son pire visage (6-2 6-1), s'agaçant envers l'arbitre à de nombreuses reprises avant d'expédier son match. « J'étais bien pendant une heure, c'était l'autonomie que j'avais, pour moi c'était un bon entraînement », a-t-il confié, laconique, en conférence de presse. Un nouvel abandon une semaine plus tard à Hambourg pour des douleurs à l'estomac a compromis ses chances d'arriver en confiance à Roland-Garros. Malgré une entrée en lice probante face à Soonwoo Kwon, sa seule victoire depuis la reprise, l'Avignonnais s'est incliné en quatre manches contre Federico Coria au tour suivant. « Je vais rentrer un peu chez moi, voir mes amis. Ça fait six semaines que je ne suis pas rentré chez moi, que je vis dans des chambres d'hôtel. À un moment, j'ai juste envie d'aller faire un resto, même si ça ferme à dix heures », expliquait-il alors. Mais malgré ces instants de répit, le retour sur dur ne s'est pas révélé plus glorieux, avec une défaite sèche contre Dennis Novak, 92e mondial. Benoit Paire a exprimé son mal-être avant sa sortie d'entrée face à Mikhail Kukushkin, 91e mondial, ce jeudi à Astana, où il était tête de série n° 1. Pour lui, le coupable est tout désigné : le confinement. « L'isolement total que nous avons vécu en France a tout changé, a-t-il confié. Rester si longtemps sans pouvoir rien faire a été un frein au niveau physique et je ne me suis pas senti à l'aise depuis mon retour sur les courts. Je n'étais pas préparé mentalement à jouer dans des stades vides. J'ai besoin de ressentir la chaleur du public, voir la passion que nous éveillons avec notre jeu. » Et de se projeter vers 2021 : « Je ne suis pas inquiet pour l'année prochaine. Je suis très positif parce que je veux juste faire une saison 2021 au top. »
Kyle Edmund (47e) C'est peu dire que Kyle Edmund est à côté de ses pompes depuis la reprise de la saison. Pourtant, contrairement aux autres joueurs cités, le Britannique a connu des matchs accrochés, remportant au moins un set dans cinq des sept matches disputés depuis la reprise. Mais seul l'un d'eux s'est transformé en victoire, face à Alexander Bublik au premier tour de l'US Open. Le natif de Johannesbourg s'est même signalé au grand public au tour suivant, quand il s'est payé le luxe de prendre le premier set au n° 1 mondial Novak Djokovic.


Mais hormis lors du Grand Chelem américain, il s'est toujours incliné, face à des joueurs moins bien classés que lui. Ses deux dernières défaites sont les plus inquiétantes, avec un cinglant 6-4 6-0 face à Yoshihito Nishioka à Cologne 2, puis en qualifications contre Jason Jung, 127e mondial, cette semaine à Vienne. Dire que le n° 1 Britannique avait remporté le deuxième titre de sa carrière à New York en début de saison... Il n'aura pas l'occasion de se refaire la cerise à Bercy, où il a déclaré forfait.
Et chez les femmes ? Aucune déroute similaire n'est à signaler chez les meilleures joueuses du monde. Il faut descendre à la 48e place pour trouver Anastasiya Sevastova, coupable de trois défaites d'entrée en quatre tournois disputés. Des sorties en deux sets secs, dont la dernière face à Jasmine Paolini (94e) à Rome. Depuis le 14 septembre, la Lettonne n'a plus foulé les courts. Elle peut toutefois se targuer d'avoir dominé Cori Gauff au premier tour de l'US Open, sa seule victoire depuis la reprise. Une période compliquée aussi pour Rebecca Peterson, 50e mondiale. La Suédoise a attendu Roland-Garros fin septembre pour remporter un set, face à Alison Van Uytvanck. Avant cela, elle avait enregistré cinq défaites sèches en six matches. Son seul succès ? Face à Margarita Gasparyan à Istanbul... sur abandon, à 3-2 dans le premier set.