Tennis - Rolex Paris Masters - Pourquoi Adrian Mannarino ne veut jamais connaître le nom de ses adversaires

L'Equipe.fr
·3 min de lecture

Depuis des années, Adrian Mannarino refuse de connaître le nom de son prochain adversaire jusqu'au dernier moment. Le Français, qui affronte Alexander Zverev ce jeudi en huitièmes de finale du Rolex Paris Masters, s'en explique. À chaque conférence de presse, la même rengaine. Avant de s'asseoir face aux journalistes - ou face à un écran, Covid-19 oblige - Adrian Mannarino prévient : « Pas de question sur mon prochain match, je ne veux pas savoir contre qui je joue. » Le Français fonctionne ainsi depuis de nombreuses années. « Il nous fait chier avec ça, se marrait Jean-Christophe Faurel, son ancien entraîneur, en 2017 à Cincinnati. Je peux comprendre que quatre jours avant le tournoi, il n'ait pas envie de connaître trop tôt son premier tour. Mais après je lui ai dit que sur des tournois de ce niveau, c'était difficile de ne pas savoir. » Mardi, après le premier tour du 36e mondial au Rolex Paris Masters, remporté face au Serbe Dusan Lajovic (7-6, 6-3), c'est même la modératrice de l'ATP qui s'est chargée de faire passer le message. Alors quand un journaliste téméraire commença à évoquer son deuxième tour, Mannarino l'interrompit immédiatement : « Non, non, je ne veux surtout pas savoir ! » Adrian Mannarino « Les joueurs dans le top 100, il me faut à peu près 20 secondes pour savoir comment ils jouent et qu'est-ce qu'il faut faire contre eux. Le savoir trois jours à l'avance ou 20 minutes avant d'entrer sur le court, ça ne fait aucune différence pour moi » « De toute façon il n'y a pas un joueur au monde qui va vous dire : "Ah bah je joue lui donc je vais jouer le revers ou je vais essayer de servir comme ça", on a tous des réponses un peu bateaux dans ces conditions-là, explique-t-il. Quand je le sais à l'avance, ça m'épuise un peu dans la tête. J'ai tendance à jouer le match avant d'entrer sur le court. Ça m'arrive de croiser des joueurs qui me disent "tu joues contre lui" parce qu'ils ne font pas attention et généralement je perds. » « Je crois que tous les joueurs dans le top 100, il me faut à peu près 20 secondes pour savoir comment ils jouent et qu'est-ce qu'il faut faire contre eux, ajoute le joueur de 32 ans. Du coup le savoir trois jours à l'avance ou 20 minutes avant d'entrer sur le court, ça ne fait aucune différence pour moi. Certains joueurs aiment bien regarder des vidéos, se rassurer en regardant les zones de service, etc. Moi je suis quelqu'un qui fait ça à l'instinct. Pour l'instant c'est ce qui me réussit le mieux. Je préfère faire de cette manière. »

« Cette année en Australie, il y a eu le tirage au sort le jeudi avant le tournoi, se souvient-il. Je savais que je jouais Dominic Thiem au premier tour le mardi. Cinq jours à l'avance je sais contre qui je joue, un tirage difficile. Ça influe vachement sur ma manière de m'entraîner et de préparer les matches. Quitte à avoir un tirage au sort qui n'est pas en ma faveur ou qui ne me fait pas plaisir, je préfère le savoir le plus tard possible pour au moins préparer ça de manière plus relâchée. » Mannarino ne devrait donc apprendre que quelques minutes avant d'entrer sur le central du POPB ce jeudi soir qu'il affronte l'Allemand Alexander Zverev, 7e mondial, pour une place en quarts de finale du Masters 1000 parisien.