Tennis - Tomas Berdych part à la retraite

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Ex n°4 mondial, Tomas Berdych va mettre fin à sa carrière à 34 ans, miné par des problèmes de dos. Il l'annoncera ce samedi à Londres. Tomas Berdych voulait l'annoncer lui-même samedi à Londres. Mais les médias tchèques ont anéanti l'effet d'annonce d'une retraite qui semblait de plus en plus inexorable. Battu au premier tour de l'US Open par un qualifié américain, Jenson Brooksby (394e mondial), pour ce qui restera son dernier match, le Tchèque avait ensuite déclaré forfait à Saint-Pétersbourg et Zhuhai. À 34 ans, il souffrait du dos et peinait à s'en remettre. Après un début d'année où il avait donné le change (finale à Doha, 8es de finale à l'Open d'Australie, demi-finale à Montpellier), il n'avait plus jamais dépassé un deuxième tour sur le circuit pour tomber à la 103e place mondiale. Le plus beau de ses treize trophées restera son deuxième qu'il avait gagné, lors du Masters 1000 de Bercy en... 2005 face à Ivan Ljubicic. Porté par une impeccable technique et un coup droit perforant, qui lui ont permis de gagner des trophées sur les quatre surfaces, il avait pris un abonnement dans le top 10, mais sans jamais pouvoir l'illustrer dans les plus grands tournois. Sa meilleure performance en Grand Chelem restera sa finale de Wimbledon en 2010 perdue face à Rafael Nadal, avant qu'il ne marque l'histoire de la Coupe Davis en remportant deux fois d'affilée le Saladier en 2012 et 2013 avec son compère Radek Stepanek. Impétueux au début de sa carrière, il ne s'était pas fait que des amis. Ulcéré par son comportement moqueur, Fabrice Santoro, qui avait failli en venir aux mains à Wimbledon en 2006, fut l'un de ses premiers détracteurs. En 2008, le Parisien, sur la foi de témoignage de joueurs français, l'avait élu « joueur le plus antipathique du circuit ». Titre confirmé par Rafael Nadal, qui peinait à le voir en peinture depuis que le Tchèque avait chambré le public madrilène après avoir éliminé l'Espagnol en 2006.
Il y avait du docteur Jekyll chez le Tchèque aux beaux yeux bleus et à la face de poupon. Mais il s'était calmé au fil des années jusqu'à parader dans des maillots à fleurs (vous vous souvenez d'une de ses tenues à Roland Garros ?), auréolé de son flegme d'enjôleur, souvent au bras d'Ester, sa mannequin de compagne, comme dans des saynètes de Ken et Barbie en mode moins automatisé. Il ne se déridait jamais ? Le voilà notamment qui mettait le feu à la twittosphère, révélant un humour caustique et corrosif. Comme l'a dit Richard Gasquet, « il a appris à sourire et il ne s'arrête plus. » Gilles Simon « Maintenant il est agréable, il s'arrête pour dire bonjour » Gilles Simon avait un jour raconté la métamorphose. « C'était à Monte Carlo, en 2006. Il m'avait allumé à bout portant dès le premier jeu et m'avait fixé avec ses yeux noirs. On s'était chambré durant tout le match, tout ça parce qu'il y avait soi-disant eu des histoires quand je l'avais battu à Melbourne l'année d'avant. Et puis....il a complètement changé. Maintenant, il est agréable, il s'arrête pour dire bonjour. Mais je peux comprendre. Quand un jeune débarque et gagne comme lui Bercy en 2005, il prend un melon pas possible et il a l'impression qu'il faut mener la guerre à tous les étages. Et puis à un moment, il comprend que s'il faut tirer la gueule à tout le monde pendant dix ans, ça risque d'être long ! »

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