Que disent les programmes de Macron et Le Pen sur le sport ?

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Très peu présent dans la campagne, le sport n'est pas non plus un enjeu de l'entre-deux-tours. Nous avons donc demandé aux deux référents sport des candidats Emmanuel Macron et Marine Le Pen de nous en parler.

Sans grande surprise, le sport a peu existé pendant la campagne présidentielle. À l'exemple du grand oral sport, organisé par le CNOSF et sept organisations sportives le 17 mars dernier, qui a rassemblé trois candidats, la socialiste Anne Hidalgo, l'écologiste Yannick Jadot et le communiste Fabien Roussel qui ont tous réalisé des scores inférieurs à 5 %. Tenu par un agenda très dense, le président Emmanuel Macron, qui faisait sa première conférence de presse de candidat l'après-midi même, avait décliné. Tandis que Marine Le Pen avait proposé d'envoyer une vidéo mais les organisateurs avaient posé comme condition la présence du candidat.

Un référent sport dans chaque équipe

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Amélie Oudéa-Castera, ancienne joueuse professionnelle et directrice générale de la Fédération française de tennis, planche depuis plusieurs mois sur le programme sport du président candidat Emmanuel Macron, aidée notamment par Cyril Mourin, le conseiller sport d'Emmanuel Macron. Elle a rencontré des dizaines d'acteurs pour connaître leurs attentes et rédiger des mesures parmi lesquelles le candidat pioche au gré de ses sorties tout en présentant son bilan du quinquennat. Amélie Oudéa-Castera s'était déjà impliquée dans la campagne de 2017 mais de façon moins officielle.

Aleksandar Nikolic, président du groupe Rassemblement National au conseil régional du Centre-Val de Loire, était lui déjà le conseiller sport de Marine Le Pen lors de la précédente campagne. Le directeur des « Jeunes avec Marine » a « principalement rédigé » le programme de la candidate du RN, avec le directeur de campagne adjoint Jean-Philippe Tanguy. Il précise que le sport ne fait pas partie des thématiques de Marine Le Pen car seules sont annoncées les mesures budgétées afin de « ne pas présenter un budget déséquilibré ». De fait, il n'y a aucune allusion au sport dans le programme de la candidate du RN.

Les 5 actions mises en avant dans le bilan sport du président Macron

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- Près de 2 millions de jeunes qui font du sport à l'école grâce aux dispositifs créés par le Gouvernement et notamment « j'apprends à nager ».
- Le pass-sport de 50 euros pour les jeunes de 6 à 18 ans qui s'inscrivent dans un club.
- La stratégie sport et handicap.
- Le plan de lutte et prévention contre les violences sexuelles dans le sport.
- La création de l'Agence nationale du sport (ANS).

30 minutes d'activités physiques quotidiennes à l'école, une fête du sport en septembre

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Lors de son premier déplacement de campagne à Poissy (Yvelines), le 7 mars dernier, le président candidat a annoncé la généralisation des 30 minutes d'activités physiques quotidiennes à l'école primaire dès la rentrée 2022. Cette idée, lancée par Paris 2024 en 2019 et appuyée par le Gouvernement, a été retenue par Amélie Oudéa-Castera qui précise que cela représente 48 950 établissements. « Le président a choisi cette première mesure car il a la conviction que plus tôt on prendra l'habitude de bouger et plus on développera le goût chez nos enfants », explique-t-elle en soulignant que la « logique sport a l'école » se prolongera jusqu'à l'université.

Marine Le Pen souhaite pour sa part instaurer une « fête du sport en septembre dans toutes les écoles », explique Aleksandar Nikolic. La présence des élèves y sera obligatoire et ils pourront découvrir différents sports grâce aux associations sportives invitées à se présenter. L'occasion aussi pour les clubs de recruter des parents comme bénévoles. Il annonce également la création d'olympiades dans les écoles, collèges et lycées pour « donner envie aux enfants qui ne pratiquent pas en club de représenter leur établissement lors de compétitions et leur donner envie de faire du sport ».

Le sport de haut niveau : 40 000 euros par an, la mise en place d'un statut professionnel

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Dans son bilan sur le sport, le candidat Emmanuel Macron souligne que 362 athlètes ont intégré la première liste du cercle haute performance, crée par la cellule haute performance de l'Agence nationale du sport, qui leur garantit un minimum de 40 000 euros par an afin de s'entraîner sereinement pour les prochains Jeux de Paris 2024 et les suivants. La cellule propose en parallèle un accompagnement socio-professionnel des athlètes.

Comme en 2017, Marine le Pen souhaite créer un « contrat pour les sportifs de haut niveau » destiné à les aider à s'entraîner dans de bonnes conditions et les accompagner dans leur reconversion. Il ne concernera pas que les médaillables mais aussi les plus jeunes, « les talents qui ne sont pas dans le cercle de haute performance », précise Aleskandar Nikolic. « On travaille pour donner un statut professionnel aux sportifs qui représentent la nation », précise-t-il.

La « politique du sport » présentée dans le plan du RN pour « établir l'unité nationale »

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- Action 28 : responsabiliser les fédérations sportives.
- Action 29 : fermer les clubs qui pratiquent le communautarisme en droit ou en fait.
- Action 30 : accroître les sanctions à l'égard des agresseurs d'arbitre.

Les Jeux de Paris 2024 dans le viseur

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Très investi dans l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 depuis la candidature, le président Macron a fixé l'objectif d'être dans le Top 5 des nations d'ici à l'horizon 2024 et au-delà. Il l'a annoncé lors de la remise des décorations aux médaillés olympiques et paralympiques de Tokyo, le 13 septembre dernier à l'Elysée : « La France doit intégrer durablement le top 5 olympique et paralympique. J'y crois ». Il avait auparavant souligné que le bilan des jeux d'été n'était pas tout à fait « ce que nous attendions ».

Des propos qui avaient suscité les critiques de Marine Le Pen à l'époque. « Je suis d'accord avec lui (Emmanuel Macron), contredit aujourd'hui Aleskandar Nikoli, mais il faut voir quelle politique a été mise en place pour y arriver ». Il se dit « très inquiet car la France est en déclin sur les sports olympiques comme on l'a vu aux Jeux de Tokyo et de Pékin. [...] Aux Jeux d'hiver, la performance s'est concentrée sur le biathlon, c'est très bien mais ce n'est pas tout. On est sans relève dans plusieurs sports comme l'athlétisme par exemple ».

Des sportifs appellent à faire barrage à l'extrême droite

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Dans une tribune publiée ce mardi par franceinfo avec Le Parisien-Aujourd'hui en France, une cinquantaine de sportives et sportifs français appellent à « faire barrage à l'extrême droite » en votant pour Emmanuel Macron au deuxième tour de l'élection présidentielle 2022. Parmi eux, entre autres, Clarisse Agbégnénou, Samir Aït Saïd, Romain Bardet, Laure Boulleau, Stéphane Diagana, Céline Dumerc, Allison Pineau, Antoine Dupont, Nikola Karabatic, Christophe Lemaître, Blaise Matuidi, Jean-Pierre Papin, Tony Parker, Dimitri Payet, Tony Yoka...