Thibaud Briet sera un atout précieux pour les Bleus au Mondial de handball

Thibaud Briet ce samedi à Orléans face à l'Égypte. (A. Réau/L'Équipe)

Le jeune arrière gauche de l'équipe de France, Thibaud Briet, s'est mis en évidence samedi contre l'Égypte (33-32) dans un rôle inattendu de défenseur avancé.

Suivre les traces de Thibaud Briet est un bonheur permanent, celui de la découverte et de la joie de vivre. Samedi à Orléans, le jeune arrière gauche (23 ans) a encore vécu une nouvelle expérience au sein de l'équipe de France lors du dernier match de préparation au Mondial face à l'Égypte (33-32).

Sur une longue séquence en fin de première période, le Nantais a été aligné au poste avancé d'une défense étagée « 1-5 », une alternative au système préférentiel des Bleus en « 0-6 » (à plat). Un positionnement très inhabituel pour un joueur de son gabarit (2,05 m). « Je suis un peu multifonction, disait le gentil géant dans son éternel sourire. C'est une défense qui me correspond bien parce que je suis grand, mobile et assez rapide, donc je peux bien gêner les trajectoires. C'est une défense assez piégeuse, j'aime bien. »

Briet s'est montré à l'aise pour perturber les redoutables Égyptiens, et c'est lors de cette période que la France a pour la première fois creusé un petit écart (15-12, 26e). « Cela fait partie des essais qui ne sont pas pour s'amuser, soulignait Guillaume Gille, le sélectionneur. On pense à sa capacité à amener quelque chose dans ce secteur de jeu, de par sa taille, sa vitesse de déplacement, sa lecture du jeu. C'est aussi très chouette, chez un jeune joueur, de voir sa capacité à se muer dans un rôle qui est un peu différent de celui qu'il a d'habitude. »

Le Normand n'avait pourtant pas eu beaucoup l'occasion de pratiquer cette défense, juste quelques fois à l'entraînement dans son club. « L'assimilation se fait plus rapidement grâce à Mathieu (Grébille) et aux Parisiens qui ont l'habitude de la faire. Je m'y sens bien », assure-t-il.

Du haut de ses 23 ans et 15 sélections, il commence même à avoir un peu de vice, à l'image du ballon qu'il a reçu dans la tête sur un coup franc direct de Yehia Elderaa (30e). « Ça sonne un peu mais ça allait, j'ai connu pire. Alors j'ai eu peur que les arbitres ne mettent pas carton rouge, je me suis dit : ''Il faut que tu tombes.'' J'avoue, j'en ai un peu rajouté... », lançait-il dans un éclat de rire.

Arrivé chez les Bleus par surprise il y a un an, en profitant de la cascade de cas positifs au Covid, le jeune homme a bien grandi. Après un Euro 2022 discret, il a pris une autre dimension à Nantes et est prêt à surfer sur cette dynamique au Mondial.

« Aujourd'hui, je ne découvre plus, j'ai beaucoup plus de repères sur le terrain et en dehors, souligne-t-il. J'ai gagné en constance dans mon jeu et en confiance. J'arrive avec des convictions. J'ai beaucoup d'envie de montrer ce que je vaux. En défense, je me sens très bien. Je sais que je peux faire plus en attaque, mais en tout cas je prends beaucoup de plaisir. Dès que je serai sur le terrain, j'apporterai cette énergie qui me caractérise, de la rage, je veux me tuer à la tâche. »

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En habitué des formidables ambiances de la H Arena de Nantes, il se réjouit d'affronter le chaudron de Katowice mercredi 11 janvier lors du match d'ouverture face à l'hôte polonais, après avoir goûté la ferveur d'Antarès au Mans mercredi (contre les Pays-Bas, 43-32) puis de l'Arena d'Orléans samedi : « L'ambiance en Pologne, ça va être excellent, j'adore. Quand c'est contre nous, c'est encore mieux, ça transcende ! »