Thomas Heurtel en Russie : la Fédération « n'a été informée à aucun moment »

Thomas Heurtel ne devrait pas porter le maillot de l'équipe de France dans les prochaines semaines. (A. Mounic/L'Équipe)

La Fédération française de basket s'est défendue jeudi matin d'avoir été au courant du projet de signature au Zénith Saint-Pétersbourg du meneur Thomas Heurtel, vice-champion d'Europe avec les Bleus dimanche. Et rappelle que cela pourrait lui coûter une sélection aux JO de Paris, en 2024.

La Fédération française de basket (FFBB) savait-elle que Thomas Heurtel, membre de l'équipe de France battue dimanche dernier en finale de l'Euro par l'Espagne, était alors sur le point de poursuivre sa carrière en Russie ? Non, a-t-elle affirmé jeudi matin, alors que la signature du meneur au Zénith Saint-Pétersbourg fait polémique puisque les Bleus s'étaient engagés à ne pas aller jouer en Russie en raison de la guerre en Ukraine.

L'engagement du meneur avec le Zénith pour une année (plus une en option) a été annoncé mercredi, trois jours à peine après le dernier match des Bleus. Dans un communiqué publié jeudi matin, la Fédération assure l'avoir appris sur Twitter, s'étonnant plus du timing que du fond du dossier, puisqu'elle reconnaît avoir eu connaissance de pistes russes pour le meneur de 33 ans.

« Si la FFBB était informée que Thomas Heurtel avait des contacts avec des clubs étrangers, dont russes, à aucun moment celle-ci n'a été informée qu'un contrat avait été signé ou était en cours de signature avec un club russe, écrit-elle. [...] Le joueur avait signé l'attestation sur l'honneur, au début du rassemblement de l'équipe de France, fin juillet, indiquant qu'il n'était pas engagé et qu'il n'envisageait pas de signer avec un club russe ou bélarusse. »

Heurtel privé de JO ?

Fin juillet, la FFBB avait donc fait signer une attestation disposant que « les joueurs, joueuses et (membres des) staffs qui signeraient un contrat avec un club russe ou biélorusse ne pourront plus être sélectionnés tant que les mesures d'exclusion de toutes les compétitions internationales seront en vigueur. »

« Cette décision s'applique également aux joueurs, joueuses, membres du staff ayant déjà signé avec un club russe ou biélorusse. Il est indiqué que si cet engagement n'était pas respecté, le joueur, la joueuse ou le membre du staff ne respecterait alors plus les critères de sélection pour les prochaines échéances internationales, incluant les Jeux Olympiques 2024 », pouvait-on encore y lire.

La Fédération le rappelle dans son communiqué de jeudi matin, reprenant ainsi les termes : « si Thomas Heurtel était amené à jouer avec le club du Zénith [...], le meneur de jeu ne respecterait alors pas les critères de sélection pour les prochaines échéances internationales, incluant les Jeux Olympiques de 2024. »

La seule inconnue resterait alors la durée de maintien des mesures d'exclusion, même si leur levée paraît très peu probable à court ou moyen terme dans la mesure où le régime russe ne semble pas prêt à mettre fin à sa guerre en Ukraine - il a annoncé mercredi une « mobilisation partielle » de ses soldats réservistes.

Mais en voulant préciser la situation de Thomas Heurtel, la Fédération a peut-être nourri une ambiguïté jeudi, expliquant à des journalistes de L'Équipe et de l'AFP présents au Mondial féminin en Australie que si le joueur décidait de ne pas activer son année de contrat en option et de quitter la Russie en juin prochain, « le bureau fédéral décidera[it] s'il redevient sélectionnable pour la Coupe du monde 2023 (25 août-10 septembre) et les JO ». Pas tout à fait les termes de l'engagement pris au milieu de l'été...