Thomas Meunier (Belgique) : « Je ne peux pas cracher dans la soupe »

Thomas Meunier n'a pas pensé à boycotter la Coupe du monde. (S. Mantey/L'Équipe)

Thomas Meunier (31 ans), latéral de la Belgique et de Dortmund, se souvient d'avoir porté le maillot du PSG, sous pavillon qatari, et de n'avoir jamais envisagé boycotter cette Coupe du monde.

« Comment réagissez-vous à l'interdiction de la FIFA faite à votre capitaine de porter un brassard « One Love » sous peine d'avertissement (*) ?
On voulait utiliser ce brassard. On en a parlé entre nous. On en a tiré la conclusion de ne pas le porter. C'est dommage. On sait tous comment cela se passe ici. Mais on connaît aussi les règles. Il y a beaucoup de différences entre ici et la culture européenne. Il faut l'accepter. Le Qatar et la FIFA travaillent ensemble. Les Fédérations européennes ont accepté les décisions de la FIFA. Si on voulait faire les choses bien, on ne venait pas au Qatar. Mais c'est trop tard.

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Allez-vous décider d'une autre action de portée politique ?
Il est grand temps de se concentrer sur le football. On sert d'exemple et on joue pour le drapeau. On voulait agir pour certaines causes. Mais tout est sujet à suspension et à sanction. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Rien. On est venu pour jouer au foot. Le Qatar est sujet à discussion depuis des mois, des années. On connaît tous la situation des droits humains ici. On a eu le temps de discuter de l'attribution, je crois en 2011 (2010, ndlr). À part si la majorité des équipes décidaient de boycotter le tournoi avant les 8es de finale, les quarts, rien ne va changer quoi qu'on fasse. Il faut passer à autre chose. Jouer du mieux qu'on peut.

Avez-vous pensé ne pas venir à titre personnel ?
Je suis dans une position délicate. J'ai évolué quatre ans au PSG. Je ne peux pas cracher dans la soupe et dire : ''le Qatar, ce sont des enfoirés''. Je ne peux pas me permettre de prendre position. Je le savais quand j'ai signé mon contrat. J'étais conscient de tout ce qui se passe ici. On pourrait aussi dire que je le cautionnais en acceptant de travailler pour un club étatique. Mais j'ai passé quatre belles années. Je n'ai jamais été influencé par quoi que ce soit. À titre personnel, à moins que ma Fédération ait choisi de boycotter, j'aurais accepté de venir au Qatar si on m'avait donné le choix.

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Allez-vous jouer avec votre masque pour protéger votre pommette comme contre l'Égypte (1-2 jeudi) ?
La bonne question, déjà, c'est ''est-ce que je vais jouer ?'' Je peux l'enlever après six semaines environ. Là, on en sera à cinq. Si je joue, ce sera avec un masque les deux premières rencontres. En fait, je n'ai jamais arrêté de m'entraîner. Je me blesse le 19 octobre contre Hanovre (2-0, il joue 62 minutes, Coupe d'Allemagne). Je me fais tout de suite opérer. Et je reprends les séances la semaine qui suit.

On vous a dit que vous ressembliez à Hannibal Lecter ?
Quand je suis rentré, c'était la période Halloween. J'ai fait une petite blague à la maison qui n'a pas marché. Là, ça fait marrer les enfants. C'est assez impressionnant. On est en train de regarder si on peut utiliser quelque chose de plus ergonomique, de plus discret tout en étant aussi efficace. Ça m'empêche de penser. Je sens la protection et ça me rassure dans les duels. Hier (dimanche), j'ai fait un entraînement et des têtes sans crainte. J'ai bon espoir que cela fonctionne. »