Ligue Europa - Roma-Lyon, Mouctar Diakhaby continue d'écrire son histoire

C'est l'une des grandes surprises de l'OL cette saison. À 20 ans, Mouctar Diakhaby s'est imposé dans l'équipe de Bruno Genesio. Au préalable cinquième défenseur central du club rhodanien derrière Mapou Yanga-Mbiwa, Nicolas Nkoulou, Emanuel Mammana voire Jérémy Morel, le natif de Vendôme a renversé la hiérarchie. Il était aligné avec Mammana jeudi, à Rome, en huitième de finale retour de la Ligue Europa. Un match au cours duquel il a marqué, comme à l'aller, jouant un rôle précieux dans la qualification lyonnaise. La belle histoire d'un espoir qui aurait pu ne jamais jouer pour les Gones.

L'OL tient le choc et s'invite en quarts

Originaire du quartier de Malakoff à Nantes, Diakhaby aurait pu rester dans sa ville. Mais par deux fois il n'a pas convaincu le FCN. "Nantes l'a pris à 13 ans pour jouer avec les U14. Mais ils n'étaient pas satisfaits" , se souvient Yvonnick Sidaner, alors joueur de Vertou et dirigeant du FC Nantes.  "Chez nous, il jouait attaquant ou excentré. Pour les coaches en place, il était moins performant que d'autres et à la fin de l'année, il nous a demandé à partir" , ajoute Matthieu Bideau, responsable du recrutement pour la formation nantaise.  "Il est revenu à Vertou. Il a fait les années U15 et U16. Ensuite, il est passé U17 et c'est l'année où tout a commencé pour lui" , précise Yvonnick Sidaner.

Entraîneur des U19 nationaux à Vertou, ce dernier n'hésite pas à l'intégrer à son équipe alors que Diakhaby n'a que 15 ans. "Un club à côté de chez nous montait en national. Vertou n'avait pas encore d'équipe à ce niveau en U17. Moi, j'entraînais les U19 et on m'a demandé de convaincre Mouctar de rester au club. Je lui ai dit qu'il allait reprendre avec la catégorie au-dessus et qu'il ferait les matches amicaux avec nous. Il a fait la préparation et il s'est avéré qu'il était au niveau pour être surclassé."

Recalé par Nantes, Rennes et Angers...

Aligné en milieu défensif, Diakhaby, en pleine croissance sur le plan athlétique et footballistique, se fond rapidement dans le collectif. Titulaire indiscutable, il retrouve l'espoir de convaincre un club professionnel. Yvonnick Sidaner relance alors le FC Nantes où son frère entraîne les U17 :  "Mouctar a passé quatre jours là-bas. Certains croyaient en lui, d'autres un peu moins et ils ont décidé de le faire revenir le mois suivant. Le temps passait, mais la réponse n'était toujours pas favorable. J'ai donc pris les devants pour contacter Angers et Rennes." Mais encore une fois Diakhaby se retrouve bloqué aux portes de la signature. "Rennes nous a dit qu'il n'avait pas une assez grosse VMA , se rappelle Yvonnick Sidaner. Je leur ai dit que pour un défenseur central ça suffirait, mais ils n'étaient pas de cet avis. Quant à Angers, qui jouait en Ligue 2, j'ai été surpris par leur refus."

Les doutes reviennent et Diakhaby finit par apprendre que Nantes ne le signera pas. "Il y avait du pour et du contre. On savait qu'il allait partir de Vertou, mais on l'a laissé filer. Évidemment, on n'imaginait pas qu'il allait signer à Lyon et c'est une petite déception, mais ce n'est pas comme si on ne l'avait pas vu. On ne voulait pas le faire signer uniquement pour éviter qu'un enfant de notre ville parte , explique Matthieu Bideau, à l'origine de sa venue au FCN après un passage au Pôle Espoir de Saint-Sébastien.

Tout proche de Niort, finalement à Lyon

Yvonnick Sidaner se tourne vers Laval et Niort. "Laval s'est déplacé pour un match de Coupe Atlantique et l'a trouvé bon, mais ça a traîné et  Niort m'a appelé pour me dire - on veut le revoir et il y a 90% de chances qu'on lui fasse signer quelque chose !" Un soulagement pour le joueur et sa famille. Pourtant, et alors que l'affaire semble bien embarquée, il ne signe pas et décide d'aller faire un essai à l'OL le jour où le contrat devait être paraphé.  "Une prise de risque" , aux yeux d'Yvonnick Sidaner, qui avait mis en garde son père, lui disant qu'en cas d'échec il lui serait difficile de trouver un point de chute. Au final, l'avenir a donné raison à Diakhaby puisque c'est à l'OL qu'il a signé.

"On est un peu surpris", reconnaît Matthieu Bideau. "Moi, je dis chapeau à Mouctar d'avoir cru en lui" , lâche Yvonnick Sidaner. Et les progrès sont fulgurants. "C'est un garçon qui manquait cruellement d'agressivité et qui a changé dans sa façon de voir le football. Techniquement, il a toujours eu des capacités. Son gabarit, il l'a toujours eu pour lui. C'est quelqu'un qui a toujours été véloce. Mais il avait tendance à subir les choses, à se faire marcher dessus , commente Matthieu Bideau. C'était un libero. Le beau joueur avec une qualité technique, qui jouait un peu dans un fauteuil à la Laurent Blanc." À Lyon, il se retrouve sous la coupe de Cláudio Caçapa, chargé de l'encadrement des défenseurs rhodaniens. Un maître en la matière dans l'art de jouer stoppeur. Un modèle, finalement, pour Diakhaby qui a tout l'avenir devant lui pour espérer un jour marcher sur les traces du Brésilien.

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