Tony Estanguet, en déplacement à Teahupoo : « Rendre le spectacle incroyable »

En déplacement à Tahiti pour cinq jours pour préparer l'organisation de l'épreuve de surf aux JO de Paris 2024, Tony Estanguet a été en reconnaissance sur le spot de Teahupoo et en a profité pour échanger avec les surfeurs pros et la population locale, jusque-là quelque peu inquiète. Le président du COJO s'est confié à L'Equipe.

En reconnaissance sur le spot

« Avec Jean-Philippe (Gatien, directeur des sports de Paris 2024), nous sommes allés visiter le spot de Teahupoo dans l'idée de bien comprendre le cheminement, les juges, les officiels, les bateaux, le chenal, le placement des caméras (la retransmission sera faite par OBS)... Tout ça, je ne maîtrisais pas bien. L'idée est de rendre le spectacle incroyable, notamment pour ceux qui ne connaissent pas bien le surf. La télé, c'est vraiment un enjeu clé. On a envie que ce soit dingue. Et malgré la complexité du site, on aura de très belles images à la télévision. Je n'ai pas d'inquiétudes là-dessus. Il faut juste que les experts soient là pour filmer dans l'eau par exemple. »

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Seulement des accrédités au spot

« Nous avons un enjeu de bien réglementer l'accès au spot. J'ai demandé à mon équipe de travailler sur ce point, qui est important. Aux Jeux, c'est un système d'accréditation qui sera mis en place. Au line up, les bateaux seront accrédités car on devra avoir une maîtrise des choses. Il faudra faire ça de manière intelligente. On a vu récemment qu'il y avait eu quelques accidents, donc on se doit de faire attention. »

Rassurer les athlètes...

« J'ai rencontré les surfeurs français et internationaux (dimanche après-midi). J'ai tenu à leur dire qu'on était là, qu'on était une équipe, et que s'ils avaient besoin d'informations ou d'en savoir un peu plus ils ne devaient pas hésiter à nous en parler. On est à leur disposition s'ils ont besoin de comprendre ce qu'il va se passer. Par ailleurs, s'ils ont des idées, des commentaires, qu'ils n'hésitent pas non plus. J'en ai profité pour donner les bonnes infos concernant la waiting period, qui sera bien de huit jours et non trois comme certains le pensaient. »

Tony Estanguet

« Il faut valoriser la Polynésie. Je n'ai jamais douté par rapport à ce choix de Tahiti, qui n'a pas été simple. »

...et la population

« J'ai senti à mon arrivée qu'il y avait beaucoup d'inquiétudes. Il était donc important d'expliquer encore une fois les choses. Au final, cela s'est très bien passé. On a eu des échanges très constructifs. Ils avaient entendu dire qu'on allait bétonner toute l'île, et qu'on allait construire de grands immeubles et des ponts. On les a rassurés là-dessus. À date, à part la passerelle piétonne (au bout de la route à Teahupoo) qui sera rénovée et remplacée par une passerelle un peu plus large, nous ne sommes pas là pour imposer des choses qui vont créer des polémiques. Pour le franchissement de la rivière, si besoin on mettra en place de manière temporaire un radier (une plateforme stable) pour que des véhicules, notamment ceux prévus pour la retransmission de l'événement, puissent passer. »

Une dynamique lancée

« Globalement, le projet est de préserver cette île et de mettre les athlètes dans les meilleures conditions. Il faut valoriser la Polynésie. Je n'ai jamais douté par rapport à ce choix de Tahiti, qui n'a pas été simple. Il y a eu une résistance, car ce choix était osé. Il y a toujours des gens qui ne comprennent pas. Quand je vois ici la passion et la fierté... Ils mobilisent leur communauté. Il y a une dynamique qui se lance, je trouve ça génial. Les Tahitiens sont hyper reconnaissants qu'on les ait choisis et qu'on leur fasse confiance. Je suis convaincu qu'il y a tout pour réussir une épreuve inoubliable. »

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