Tony Estanguet : « L'essentiel est préservé »

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Tony Estanguet lors de la journée olympique le 26 juillet au pied du Stade de France. (PAQUOT BAPTISTE/L'Équipe)
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Tony Estanguet, président de Paris 2024, décrypte le slogan des Jeux olympiques et paralympiques et parle des dossiers chauds qui vont rythmer les deux prochaines années jusqu'à la cérémonie d'ouverture.

Trois jours avant le « conseil olympique et paralympique » de ce lundi matin à l'Élysée, nous avons demandé à Tony Estanguet, patron de Paris 2024, de faire le point sur les sujets chauds, à deux ans de la cérémonie d'ouverture. Depuis Metz, où il est venu encourager l'un de ses fils qui participait au Championnat de France de canoë-kayak slalom, il s'est isolé trente minutes dans sa voiture pour parler basket, budget, sécurité et... nouveau slogan.

« Ouvrons les Jeux, c'est votre façon de célébrer le J-2 ans ?
On voulait un slogan qui sonne comme une évidence et on s'est rendu compte que depuis le début de ce projet, on est dans le défi permanent d'ouvrir ces Jeux. On veut avoir cet objectif de partager la magie des Jeux et l'énergie des Jeux avec le plus grand nombre. On est allé chercher le breaking pour ouvrir les Jeux à des communautés qui sont aujourd'hui moins parties prenantes de cet événement. Le programme Terre de Jeux était pour partager la magie des Jeux dans tous les territoires, la cérémonie d'ouverture... Ouvrons grand les Jeux, c'est relativement simple, ce sera le même slogan pour les Jeux Paralympiques, dans la continuité du même logo. Il y a des petits jeux de mots, on ouvre grand les yeux, on ouvre grands les bras, les coeurs...

À deux ans des Jeux, la Fédération internationale de basket n'est pas enthousiaste à l'idée de jouer le tournoi préliminaire à Lille ?
On a eu des soucis techniques sur quelques sites, ce n'est pas la première fois qu'un comité d'organisation, y compris à deux ans des Jeux, est confronté à ce genre de difficultés. Pour les préliminaires de basket, trouver dans quelle salle on peut optimiser les choses est un défi. Je trouve que ce concept (switch avec le hand à Lille la première semaine) est cohérent, c'est un compromis. Le basket aurait aimé être à Bercy pendant les deux semaines, ou être à Paris pendant les deux semaines. Il y a de la place pour organiser un tournoi préliminaire de basket assez dingue dans la plus grande salle de France avec 27 000 personnes (stade Pierre-Mauroy) et c'est aussi ça que j'ai envie de réussir avec les basketteurs ; que les Français aient envie d'aller voir des matches de basket à Lille dans une salle incroyable.

Tony Estanguet

« Mon rôle c'est d'être garant d'une forme d'équité »

Vous avez appelé les joueurs, notamment de NBA, pour leur expliquer ?
Oui j'ai eu des échanges avec eux. Certains comprennent très bien et sont favorables à la proposition que l'on a suggérée, d'autres regrettent parce que c'est dans leur intérêt de vouloir le mieux pour leur sport et c'est légitime. Moi, mon rôle c'est d'être garant d'une forme d'équité et, là, on rétablit cette équité vis-à-vis du hand qui était un peu délocalisé pendant les deux semaines à Lille. Je trouve ça bien que tous les sports co, y compris le hand, puissent jouer à Paris grâce à cette salle du hall 6 qui s'est libérée et qui convient parfaitement à la Fédération internationale de hand pour les phases préliminaires. Il n'y a pas de choix parfait, il y aura toujours des mécontents, des gens qui ne soutiendront pas les Jeux.

On a un peu l'impression que tout vous tombe sur la tête en ce moment : la FIBA, les risques pointés dans le rapport du comité d'audit, les doutes sur la sécurité de la cérémonie...
C'est sûr qu'il y a des difficultés ici ou là mais si on prend un tout petit peu de recul, je trouve que l'essentiel est préservé. On continue avec ambition et envie. Ce n'est pas simple car il y a beaucoup de parties prenantes, on parle des acteurs publics, des Fédérations nationales et internationales, des athlètes, des entreprises qui financent les Jeux, des syndicats... il y a énormément d'acteurs à coordonner mais globalement, ils jouent le jeu. Si on en est là aujourd'hui à deux ans des Jeux, c'est parce qu'il y a cet effort collectif.

Vous maintenez votre volonté d'une cérémonie d'ouverture telle que présentée en décembre dernier sur la Seine ?
C'est un défi cette cérémonie, on n'a pas choisi la facilité mais j'assume ça et je pense que la France est capable d'organiser de grands moments de rassemblement, de fête. Elle a été décidée après avoir vraiment regardé les tenants et les aboutissants. Même s'il y a eu des incidents récemment en termes de sécurité, on continue d'avancer parce que, depuis plus d'un an, les équipes travaillent ensemble. Il y a des groupes de pilotage sur la sécurité, avec la préfecture de police, Paris 2024, la ville de Paris... On continue de regarder tous les défis, tous les enjeux et comment on avance sur la répartition des rôles de chacun : quais bas, quais hauts, le filtrage. Tout cela est débattu, on a des réunions mensuelles sur le sujet et un groupe spécifique sur la Seine qui mobilise tous les acteurs de cet écosystème pour bien anticiper les sujets.

Il manque pourtant des agents de sécurité privée ?
Dès la fin 2021, on a lancé des appels d'offres pour recruter des moyens humains autour de la sécurité privée avec un échéancier à fin 2022. L'idée est d'avoir cette cartographie assez précise de tous les moyens humains disponibles et des compléments à aller chercher, soit en allant former des ressources complémentaires soit en faisant appel, et c'est prévu aussi dans le protocole de la sécurité, à des forces de l'ordre public en complément de celles que l'on n'aurait pas réussi à aller trouver. Il y a une gouvernance en place avec l'État qui reste garant de la sécurité. C'est lui qui va assurer le continuum de sécurité. Nous, on a un budget conséquent, qui était à moins de 200 M€ et qui a été revalorisé dans la dernière révision budgétaire (295,60 M€).

Tony Estanguet

« Je ne souhaite pas non plus faire travailler des équipes sur des scénarios catastrophe alors que rien n'annonce la catastrophe »

Le rapport de votre comité d'audit pointe la menace inflationniste et le risque de ne pas atteindre toutes vos recettes ; vous avez déjà une idée des économies à réaliser pour rester dans votre budget de 4 milliards d'euros ?
Je ne veux pas donner de chiffres maintenant car ils ne sont pas stabilisés et toutes les directions ont pour objectif d'ici le mois de décembre, donc pour nous cet automne, de continuer à aller à la chasse à toutes les économies On discute de manière assez étroite avec le CIO là-dessus parce que je pense que ça veut dire aussi un niveau de service différent. Il faut nous rechallenger pour voir comment et où est-ce que l'on continue à aller chercher des économies. On avait réussi à générer à peu près 300 M€ d'économie il y a deux ans.

Ce sera du même ordre cette fois-ci, ou plus ?
Non ce ne sera pas plus ça c'est sûr. Ce sera forcément moins parce qu'on est déjà sur un modèle qui est optimisé donc cela veut dire qu'il faut continuer à essayer de pousser notre modèle.

Le rapport souligne aussi la nécessité de signer avec un autre partenaire premium sous peine de ne pas atteindre le 1,1 milliard de sponsoring domestique ?
Je pense que l'on sera à 80 % (de cette somme) en fin d'année et si on n'y était pas, on sera obligé de s'adapter car on est des gens responsables et jusqu'à présent on a toujours su trouver des solutions. Je ne souhaite pas non plus faire travailler des équipes sur des scénarios catastrophe alors que rien n'annonce la catastrophe. Aujourd'hui, on est dans le vert. En termes de revenus, ça avance plutôt très bien et on tient la barre donc il peut y avoir des gens qui annoncent des risques. Des risques, il y en a, on le sait depuis le début et avant même que ça commence. Même si à l'époque je n'imaginais pas qu'il y ait le Covid mais, malgré tout ce qui s'est passé depuis deux ans, je trouve que le projet reste très fort ».

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