Tony Estanguet raconte sa fascination pour le surf : « L'intensité des moments de glisse est dingue »

Tony Estanguet a toujours été fasciné par le surf, un sport qu'il pratique régulièrement. Le président du COJO nous raconte depuis Tahiti, où il est en déplacement, les origines de cette passion.

S'il a fait une exceptionnelle carrière en canoë-kayak (entre-autres trois médailles d'or aux JO de 2000, 2004 et 2012), Tony Estanguet a toujours été fasciné par le surf. Le président du Comité d'organisation des Jeux Olympiques (COJO), actuellement en déplacement en Polynésie en vue de l'organisation de l'épreuve de surf aux JO de Paris 2024, n'avait que quatre ou cinq ans quand il a été émerveillé pour la première fois. Chaque été, il partait en vacances en famille dans un camping à Anglet, au Pays basque, à proximité du spot de La Barre. Avec son père, passionné par les sports outdoor, et ses deux frères, le petit Tony s'asseyait sur le sable pour regarder les surfeurs danser dans les vagues. Coup de foudre.

« J'adorais regarder, j'étais fasciné par cette glisse, ces trajectoires, nous a-t-il confié dimanche après-midi à Teahupoo. Je trouvais ça super beau. Les quelques secondes où on est debout sur une planche, c'est de la glisse pure. C'est très fort et très intense. En plus, ce sport se pratique dans un cadre très agréable. » Avec ses frères, qui eux aussi avaient attrapé le virus, ils sont scotchés devant les premières émissions de surf à la télé et les exploits de Tom Carroll, l'Australien double champion du monde (1983 et 1984).

« Ce fut une libération de s'imaginer être un surfeur, même dans la mousse »

C'est à 10 ans que Tony Estanguet a pris ses premières vagues, à Anglet. « Ce fut une libération de s'imaginer être un surfeur, même dans la mousse. Au début sur un body, puis à genoux sur le body et après enfin sur une vraie planche de surf. J'ai beaucoup aimé ça, passer la barre, faire le canard (pour passer sous la vague). C'est aussi affronter un peu ses peurs : quand on se prend deux-trois shorebreaks sur la tête, ça calme. »

Mais il avoue qu'il a tellement toujours été dans une pratique irrégulière - trois ou quatre fois par an - qu'il n'a, à ce jour, jamais pu devenir un bon surfeur. « Il faut en faire régulièrement, confirme-t-il. Je n'en ai pas fait assez pour progresser, mais suffisamment quand même pour avoir des sensations et m'amuser. Et comme depuis tout petit j'observe, j'ai un peu les codes, je sais où me placer, j'ai des bases. »

« Dans le Sud-Ouest, il y a de super vagues, de super endroits mais, pour les athlètes, Tahiti était la meilleure option »

La frustration des furtifs moments de glisse en surf lui a fait préférer le kayak, sport qui lui a permis de « maximiser le temps de plaisir ». « Mais l'intensité des moments de glisse en surf est dingue », relativise-t-il. Samedi, sur un spot au large dans la passe de Te Ava Ino, non loin de Teahupoo, le boss du COJO s'est éclaté comme jamais lors d'une session dans le lagon sur une petite gauche aux côtés des cracks français Kauli Vaast, Vahine Fierro et Justine Dupont. « Comme la vague ne cassait pas, une fois qu'on est debout ça va tout seul. C'était génial, je me suis régalé. »

Si son frère aîné a acquis un bon niveau, Tony Estanguet a pris l'habitude d'aller surfer deux fois par an avec lui. Ensemble, ils ont écumé les plages des Landes et du Pays basque comme Guethary, Seignosse, Hossegor ou Capbreton. « J'adore ces spots mais, ce qui est difficile quand on n'est pas un bon surfeur, c'est de prendre des vagues. Notamment à cause du monde, et des locaux qui sont généralement mieux placés au pic. Quand il y a du monde au line up, j'ai peur de faire mal à quelqu'un. »

Il reconnaît donc que la décision qui a été il y a trois ans de choisir Teahupoo au détriment d'un spot du Sud-Ouest (Lacanau, Hossegor et Biarritz étaient en lice, en plus de La Torche) n'a pas été simple. « Dans le Sud-Ouest, il y a de super vagues, de super endroits mais, pour les athlètes, Tahiti était la meilleure option. Ça a encore du mal à passer pour certains mais cela fait partie du jeu. J'assume, il faut aller de l'avant. » Et ramer fort. Et ça, il sait faire.