Tony Parker : "Être un jour propriétaire des Spurs"

EXCLU YAHOO SPORT - Tony Parker vient de sortir son autobiographie, Au-delà de tous mes rêves (Solar). Il y raconte son enfance entre père et mère, heureuse en Normandie, son arrivée à 15 ans à l’INSEP, puis au PSG basket, jusqu’à ses premiers pas en NBA et son ascension vertigineuse. Entretien.

Gregg Popovich et Tony Parker (photo Ronald Cortes/Getty Images/AFP)
Gregg Popovich et Tony Parker (photo Ronald Cortes/Getty Images/AFP)

S’il y avait une image à retenir de votre maillot, le numéro 9 des Spurs à jamais sanctuarisé dans les hauteurs de l’AT&T Center de San Antonio…

Faire défiler pour accéder au contenu
Annonce

Tony Parker : Le moment où le maillot est monté tout en haut. J’étais heureux, juste heureux (il le répète plusieurs fois). C’est bizarre quand ta vie défile avec tes enfants et ta femme à tes côtés. Mon fils avec le casque pendant la cérémonie ? Il a 3 ans, il voulait le mettre car il y avait trop de bruit. 

Et souhaitez-vous qu’il devienne basketteur comme le fils de LeBron James ?

T. P. : Il fera ce qu’il veut. Je ne le forcerai pas. Le plus important, que mes enfants soient de bonnes personnes, plus que d’être connus et avoir de la gloire.

Comment ressort-on émotionnellement d’une telle fête ?

T. P. : Beaucoup d’émotions, de la nostalgie. Mes amis, la famille, 250 personnes étaient là, un moment privilégié, partagé… On se rappelle de différentes anecdotes… Avec Thierry Henry ou Teddy Riner ? On a bien rigolé. J’ai été ému par le soutien de tout le monde. Un soutien inconditionnel.

Qu’est-ce qui a été le plus dur dans votre carrière NBA ?

T. P. : Gagner le respect des Américains en tant que meneur européen. Pas de respect… Ils ne respectaient pas le basket français. Pour eux, le basket tricolore n’était pas bon. 

De quelle manière cela se matérialisait-il ?

T. P. : Tim Duncan, la star des Spurs, ne m’a pas adressé la parole pendant un an.

Cela a dû vous affecter ?

T. P. : Non, je l’ai très bien vécu, une sorte de motivation supplémentaire, style en France on ne sait pas jouer au basket. Et le respect est venu petit à petit. J’avais fait de bons playoffs la première année… Et la première discussion s’est faite naturellement avec lui. Petit à petit, on s’est rapproché. Il a fallu 3-4 ans.

Tony Parker, "Au-delà de tous mes rêves" (Solar Editions)
Tony Parker, "Au-delà de tous mes rêves" (Solar Editions)

Et chez les Bleus, le moment le plus fort ?

T. P. : 2013 et le titre de champion d’Europe. On s’était fait cette promesse lors de notre titre de champion d’Europe junior. Et le plus dur ? 2005, on perd en demi-finale du championnat d’Europe alors que l’on avait 7 points d’avance à 40 secondes de la fin (face à la Grèce). Si on gagne, on est champion d’Europe… Et c’est aussi à cause de cette défaite, pour cette raison que je suis revenu tous les étés jouer avec les Bleus.

Il n’y a pas de regrets d’avoir arrêté cette saison alors qu’un Charlotte – Milwaukee aura lieu à Bercy en janvier ?

T. P. : Non, zéro regret. J’ai déjà joué en France avec San Antonio. Le maillot canonisé en haut de l’AT &T Center, c’est le truc ultime, et ensuite au-dessus, il y a le Hall of Fame, le plus haut que tu peux atteindre. Pour que vous compreniez, en 60 ans, seuls 10 maillots des Spurs ont été sanctuarisés, et seuls 2 joueurs de la franchise sont au Hall of Fame, au Panthéon du basket. Gervin et Robinson. Pour être éligible, il faut attendre 3-4 ans après sa retraite. On verra bien. Je pense que Duncan et Ginobili sont les prochains sur la liste.

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur Tony Parker, ce jeune meneur arrivé en NBA à l’âge de 19 ans ? 

T. P. : J’étais rempli d’envie et motivé comme jamais… 

C’est lié à votre double-culture ?

T. P. : C’est sûr. J’ai pris le meilleur des 2 mondes, de la mentalité européenne et américaine. Ma mère est hollandaise et j’ai grandi en France… Et j’ai essayé de transmettre cette surmotivation en équipe de France, mon rôle d’amener cette culture de la gagne. C’est important de déteindre sur les autres.

Quel est le joueur le plus fort que vous ayez affronté ? LeBron James ?

T. P. : Non Kobe Bryant. Le meilleur de l’histoire, c’est Jordan, mais quand je l’ai affronté, il était en fin de carrière… Et celui qui se rapproche le plus de MJ, c’est Kobe, dans ses move, l’attitude, dans tout… 

Et aujourd’hui, le plus fort ?

T. P. : Oui LeBron James.

Votre rêve ultime, que l’ASVEL devienne une franchise NBA dans une ligue transatlantique et mondiale ? 

T. P. : Il faut voir comment l’Euroligue évolue. Les patrons de l’Euroligue décideront. Je veux aller le plus haut possible, donc gagner l’Euroligue avec l’ASVEL.

Et devenir propriétaire d’une franchise NBA… Vous voyez de qui je parle ?

T. P. : Président des Spurs ? Oui, c’est un challenge. Les Clippers ont été rachetés 2 milliards en 2014 (par Steve Balmer, ex-PDG de Microsoft). Combien m’a coûté l’ASVEL ? Je ne parle pas de ça.

Au-delà du basket, vous avez décidé de vous diversifier en rachetant la station de ski de Villard-de-Lans. Pour quelles raisons ? 

T. P. Une aventure humaine. J’ai connu cette personne à travers l’ASVEL féminin, qui ne voulait pas que la station soit rachetée par des Russes ou des Chinois. J’y suis allé plusieurs fois, et puis j’y ai skié, car maintenant j’ai le droit de le faire ! J’y serai pour Noël et le réveillon du nouvel an en famille. 

Propos recueillis par Antoine GRYNBAUM

À lire aussi