Top 10 : Les pigistes en CFA

L'Olympique de Marseille, saison 2005-2006

Envoyer un joueur ou deux valser à Yzeure ou Endoume le temps de lui remettre les idées en place, ça peut arriver. Mais inverser la CFA et le groupe pro pour une affiche de L1, voilà une première retentissante qui reste encore aujourd'hui comme un sacré coup de poker gagnant signé Pape Diouf. Prétextant un manque de sécurité pour le Clasico du 5 mars 2006, le grand vizir met ses menaces à exécution. Pour se frotter à Pauleta et consorts, ce ne seront pas Barthez, Pagis, Nasri ou Ribéry qui seront alignés, mais bien Gastine, Dennoun ou Cantareil, tout juste épaulés par Civelli, Delfim, Gimenes et Carrasso dans les bois. Après un 0-0 très heureux et un retour à la gare Saint-Charles digne d'une victoire en C1, les instances françaises ont honte. C'est pourtant ce qu'on appelle un coaching gagnant, non ?


Vikash Dhorasoo, PSG, saison 2006-2007

L'été 2006 du p'tit Vikash ou comment passer du rang de sauveur parisien-donateur de Coupe de France face à l'ennemi à celui de pestiféré du ballon rond. Si l'enfant du Havre suscite toujours la controverse aujourd'hui, c'est en partie à cause de deux épisodes. D'abord, les « grands » de ce monde s'alarment alors de cet énergumène qui se prend à filmer les Bleus avec sa Super-8 en pleine Coupe du monde allemande. Ensuite, l'incompréhension vire au mépris lorsque « Moustache » Lacombe décide de l'envoyer faire un stage en CFA pour reprendre le rythme après un pépin à la cheville dit-on. Le début de la fin. Après quatre piges, l'ancien Lyonnais décide de vider son sac dans la presse, synonyme de clap de fin après son licenciement en octobre. Un jubilé en CFA, c'est moche.


Fabrice Fiorèse, OM, saison 2007-2008

Hiver 2011, le tout jeune retraité Fabrice Fiorèse fait un saut à la Commanderie, histoire de taper la discussion avec ses anciens coéquipiers. Mais lesquels, ceux de la CFA ou du groupe pro ? Car l'histoire du Ballon de Plomb 2004 à l'OM, c'est d'abord un transfert retentissant, quelques banderoles sympas et deux ptits buts en dix-neuf matchs en 2004-2005 (contre le PSG). Mais c'est aussi deux prêts successifs à Al-Rayyan et Lorient avant de passer la première partie de saison 2007-2008 avec la réserve olympienne, Albert Emon, puis Éric Gerets, n'ayant alors pas franchement d'estime pour le Chambérien. « Je n'ai pas de rancœur, ça fait aussi partie du métier. Et puis, je n'ai pas été très bon à l'OM... » déclara-t-il dans La Provence une fois sa carrière terminée. Faute avouée, mais moyennement pardonnée à Paris ou Marseille.

Bruno Cheyrou et Daniel Moreira, Rennes, saison 2007-2008

Guy Lacombe ou le mec qui ne passe pas par quatre chemins lorsque le rendement ou l'attitude de ses mecs lui déplaisent. En février 2008, le club qu'il vient de prendre en lieu et place de Pierre Dréossi est alors premier non-relégable et se fait sortir rapidement en coupe. Priorité est alors donnée à la jeunesse des Marveaux ou Briand pour rebondir. Quant aux vétérans d'alors, Daniel Moreira et Bruno Cheyrou, leurs prestations respectives, jugées insipides, leur valent quelques piges trois pieds sous terre. Étonnant ou non, l'ancien Lensois score alors trois pions contre Vitré, mais laisse son compteur en L1 bloqué à zéro jusqu'à la fin de l'exercice. Le juste milieu aurait donc été la L2 ou le National ?


Dimitri Payet, ASSE, saison 2010-2011

En ce début d'année footballistique, Saint-Étienne marche sur l'eau. Des victoires empilées, un derby à Gerland arraché dans les dernières minutes et des buts marqués à la pelle à Geoffroy-Guichard, tout y est. En partie grâce au talent de Dimitri Payet, enfin au niveau où l'attend Christophe Galtier. Alors quand le PSG se met sur les rangs pour que le Réunionnais rallie la capitale, ce dernier frétille et va au bras de fer avec la direction pour se tirer. Résultat des courses, le spécialiste de l'enroulé lucarne opposée l'a dans l'oignon, sa direction se montrant ferme face aux avances de son homologue parisien. Dimitri Payet en fut alors quitte pour une petite cure de quatrième division face à Pau, match au cours duquel il marquera des points avec une victoire et un but d'une splendide frappe tendue des vingt-cinq mètres. Reculer pour mieux sauter, c'est ça le dicton ?

Mateja Kežman, Jérôme Rothen et Péguy Luyindula, PSG, entre 2010 et 2012

En matière de blacklistage, Antoine Kombouaré n'a rien à envier à Guy Lacombe. En deux saisons, ce sont pas moins de trois joueurs de renom qui iront se frotter à Ivry, Villefranche-sur-Saône et compagnie. Il y eut d'abord Mateja Kežman début 2010. Un coutumier du fait d'ailleurs, déjà auteur de quelques matchs avec la réserve en 2009 après une mise à pied de Paul Le Guen. Quelques mois plus tard, c'est au tour de Jérôme Rothen, alors rémunéré 180 000 € mensuels, d'aller se frotter aux recalés des centres de formation et joueurs en fin de carrière. Viendra enfin le cas le plus épineux à gérer pour AK : Peguy Luyindula. Au placard après un clash en demi-finale de coupe la saison précédente, il passera plusieurs mois à s'entraîner avec Bertrand Reuzeau et les jeunes pousses de la formation parisienne. Malgré tout, l'histoire retiendra qu'on peut passer de la CFA aux New York Red Bulls, l'ancien Strasbourgeois s'étant engagé cet hiver avec le club de Titi Henry et Gérard Houllier.


Ryad Boudebouz-Roy Contout, saison 2012-2013, FC-Sochaux-Montbéliard

En août 2012, les supporters sochaliens n'ont qu'une crainte : voir leur club réaliser une improbable double descente en L2 et CFA2. Alors que les pros ont toutes les peines du monde en L1, la réserve n'est pas en reste, en allant s'incliner en ouverture de championnat chez le petit club rhodanien de MDA Chasselay. Et ce, malgré la présence de neuf pros parmi lesquels Roy Contout, Simon Pouplin, Mathieu Peybernes ou encore Ryad Boudebouz. Pour le premier nommé, l'histoire est étrange. Suspendu deux matchs en L1, le règlement l'autorise toutefois à jouer en CFA. Pour le second, le voir à ce niveau est en revanche synonyme de sanction. Il faut dire que ni la direction, ni les supporters n'ont apprécié sa sérénade pour rejoindre l'OM. Pourquoi pas Marseille Consolat pendant qu'on y est...

Frédéric Nimani, saison 2012-2013, AS Monaco

Golgoth de 1m91 formé aux Caillols, Frédéric Nimani n'est pas le plus fameux de la liste, mais son cas n'en reste pas moins symptomatique de ce qui peut arriver à un attaquant de second plan voyant débarquer un riche propriétaire et le budget transferts qui va avec. Malgré une soixantaine de matchs en D1 française ou grecque et une dizaine de buts à son actif, l'attaquant n'est clairement pas une priorité pour Claudio Ranieri à l'aube de la reconquête. Ce dernier lui préfère largement Germain, Touré ou Ferreira-Carrasco. Nimani prend donc son mal en patience durant six mois, le temps pour lui de scorer par deux fois en six apparitions avec l'équipe B, de résilier son contrat à l'amiable et de signer à Istres (L2) en janvier.

Yann Mvila et Chris Mavinga, saison 2012-2013, Stade rennais

Que n'a-t-on pas dit à propos de cette virée nocturne des cinq Espoirs ? Qualifiés de jeunes décadents par ce pays qui n'aime pas le foot , torpillés en conf' de presse par Frédéric Antonetti, qui parlait alors de séjour en CFA2 pouvant durer jusqu'en mai prochain – tout juste une semaine avant de se contredire et de les réintégrer – c'est peu dire que Yann M'Vila et Chris Mavinga ont pris cher lors de cette folle semaine d'octobre. En guise de punition, leur club leur inflige donc un dimanche de football-passion du côté de Vitré. Un dimanche où le premier se fit huer et insulter à chaque prise de balle quand le second fut raillé après avoir écopé d'un rouge au bout de six petites minutes de jeu pour annihilation d'occasion de but en position de dernier défenseur. Putain de discothèque.


Stéphane Noro, saison 2012-2013, RC Strasbourg

Il y a ceux pour qui la CFA n'est pas un bon signe dans l'évolution de leur carrière et ceux pour qui retomber au quatrième niveau est un choix motivé. C'est le cas de Stéphane Noro, revenu à Strasbourg en début de saison pour réussir l'incroyable pari de la renaissance du club phare de la région alsacienne. Avec sa frappe de mammouth, le Juninho des Ardennes est actuellement en position de chasseur avec son club dans la poule B de CFA, à trois points du leader, Mulhouse. Il n'est d'ailleurs pas le seul pro à avoir tenté l'aventure strasbourgeoise puisqu'on retrouve aussi Benjamin Genghini ou Milovan Sikimic.


Bonus : Ludovic Giuly, saison 2013-2014, MDA Chasselay

MDA Chasselay, un club de CFA qui pourrait être rebaptisé le FC Giuly. Si le club situé à quelques bornes de Lyon perdure depuis quelques saisons en championnat de France amateur, c'est en partie grâce au boulot de son regretté président, Gérard Leroy, disparu en février dernier. Mais aussi grâce à l'influence et aux gros sous de Ludo Giuly. Sur place, le vice-président et membre du conseil d'administration n'est autre que Dominique Giuly, père de. Le stade situé non loin de la Saône porte aussi le nom de l'ancien Blaugrana et devrait même l'accueillir à partir de la saison prochaine. Avant sa disparition, Ludovic Giuly avait en effet fait la promesse à l'ancien patron du club qu'il finirait sa carrière sous ses couleurs. Beau geste.

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