Tour de France : amende requise contre les militants de Dernière Rénovation

Les militants de Dernière Rénovation pendant leur évacuation par les gendarmes, le 22 juillet, lors de la 19e étape du Tour de France. (S. Mantey/L'Équipe)

Appelés à comparaître mardi matin devant le tribunal correctionnel d'Auch pour avoir perturbé une étape du Tour de France, les six militants de Dernière Rénovation risquent une peine commune de 500 euros d'amende, dont 300 avec sursis.

Quatre mois après les faits et la perturbation de la 19e étape du Tour de France entre Castelnau-Magnoac (Hautes-Pyrénées) et Cahors (Lot), six « citoyen (ne) s engagé(e) s » - comme ils se définissent eux-mêmes - de Dernière Rénovation étaient appelés à comparaître mardi matin devant le tribunal correctionnel d'Auch. Cinq d'entre eux étaient présents à l'audience. Ils étaient jugés du chef d'entrave à la circulation des véhicules sur une voie publique.

Alors qu'ils encouraient chacun une peine de deux ans d'emprisonnement et 4 500 euros d'amende, le procureur de la République Jacques-Edouard Andrault a requis une peine commune de 500 euros d'amende, dont 300 avec sursis, pour les six militants, quatre hommes et deux femmes. Le jugement a été mis en délibéré au 24 janvier prochain. Amaury Sport Organisation (ASO), société organisatrice du Tour, avait initialement déposé plainte, puis l'avait retirée.

Vagues d'actions militantesLe 22 juillet dernier, un des prévenus a allumé un fumigène à environ 150 km de l'arrivée de l'étape pour prévenir le peloton de la présence des « citoyen (ne) s engagé(e) s ». Les cinq autres se sont assis au milieu de la route, enchaînés par les chevilles les uns aux autres, pour interrompre la course. Elle a été neutralisée une dizaine de minutes, le temps que les gendarmes évacuent ces activistes non-violents.

« On a marché, on a manifesté, on a fait tout un tas d'actions dans le cadre légal pour faire entendre nos revendications, mais cela n'a pas marché. C'était le dernier recours », a argué mardi une jeune militante. « Les rôles étaient bien définis, on a même reçu une formation avant d'agir. On avait choisi une zone droite, avec de la visibilité pour éviter que l'action soit dangereuse. »

Deux des prévenus ont déclaré avoir participé à des actions similaires de Dernière Rénovation lors d'une autre étape du Tour et sur le périphérique parisien en avril dernier. Le mouvement de résistance civile agit « pour tout le monde » et « souhaite mettre sur le devant de la scène une situation écologique préoccupante », a ajouté un autre militant. Le collectif « réclame une rénovation thermique des bâtiments, mais rien n'est mis en place de manière sérieuse ».

« Est-ce qu'il n'y avait pas d'autres moyens légaux pour alerter sur cette importance de la rénovation thermique des bâtiments ? », a demandé le procureur de la République, qualifiant l'action de « dangereuse, même si les prévenus disent avoir pris des mesures pour éviter l'accident ».

C'était la première apparition de Dernière Rénovation devant les tribunaux français. Cette campagne de résistance civile, lancée en avril 2022, se déroule par vagues d'actions. Celles menées sur le Tour de France faisaient partie de la deuxième. La troisième est en cours et a vu des « citoyen (ne) s engagé(e) s » perturber la rencontre de Ligue 1 entre le PSG et l'OM et celle de Top 14 entre le Stade Toulousain et le Stade Français. Ces actions feront l'objet de procès prévus en 2023.

lire aussi : Martin inquiet pour le climat