Trampoline - Face au Covid-19, une compétition derrière un écran à l'Insep

L'Equipe.fr
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À l'occasion d'un stage à l'Insep, la France a organisé ce vendredi un match international, avec adversaires et juges en visioconférence. L'idée a fusé il y a moins d'un mois, quand la Fédération internationale de gymnastique a annulé une énième Coupe du monde. Elle aurait dû avoir lieu cette semaine, alors que la dernière rencontre internationale de trampoline date désormais de Bakou en mars 2020. Un an sans compétition internationale, c'est décidément long. « Le but du jeu, c'est que les athlètes renfilent justaucorps et sokol, qu'ils ressautent devant des juges, se confrontent », explique Christophe Lambert, le directeur du haut niveau. À l'initiative de la France, une rencontre a donc été organisée ce vendredi, qui réunissait quatre nations. Mais, attention, le match est resté virtuel, à distance : les Espagnols étaient dans leur centre de Barcelone ; les Portugais, assujettis à un assez strict confinement, dispersés dans trois de leurs salles spécialisées ; les Bleus et l'Algérien Redha Messatfa en stage à l'Insep.

Pour l'occasion, les gymnastes de la rythmique avaient déserté leurs praticables, où une dizaine de spectateurs est venue assister au spectacle. Les quatre drapeaux ont été épinglés au mur et, plus symboliquement, au revers des vestes des trois juges parisiens. Les sponsors de la FFGym et de l'institut du bois de Vincennes ont été affichés aux abords des toiles et, surtout, un grand écran a permis de suivre en visioconférence les évolutions des trampolinistes étrangers, mais aussi d'être en contact avec les juges souvent cantonnés chez eux. Christophe Lambert, directeur du haut niveau « Les athlètes se sont pris au jeu, ils ont avoué avoir ressenti cette pression en montant sur la toile qu'ils n'ont jamais à l'entraînement » Puisque les résultats n'avaient que peu d'importance en cette période de l'année, la formule choisie a réparti les vingt athlètes en cinq équipes, sans distinction de sexes ou de nations. On appréciera quand même quatre notes à plus de 108 points. « Les athlètes se sont pris au jeu, ils ont avoué avoir ressenti cette pression en montant sur la toile qu'ils n'ont jamais à l'entraînement », souligne encore Christophe Lambert. Il cite les performances de Mikaël Viviani et Pierre Gouzou, celles du Portugais Diogo Abreu, qui possède le potentiel d'une finale olympique. En revanche, les deux Français qualifiés pour les Jeux olympiques de Tokyo n'ont pu s'exprimer totalement : à cause de douleurs au psoas, Léa Labrousse a dû aménager ses deux enchaînements de dix touches ; Allan Morante, lui, toujours convalescent d'une aponévrosite plantaire, a prudemment décidé de ne pas concourir, mais il a quand même officié comme juge du temps de vol. En profiter pour travailler de nouvelles acrobaties Dans cette période particulière, alors que le monde reste confronté à la crise sanitaire, les équipes de France en profitent pour travailler de nouvelles acrobaties, se bastonnent à coups de records de difficultés. « Le report des Jeux permet aux gars de développer leurs compétences », observe Lambert. N'empêche qu'ils souhaitent tous reprendre le chemin de la compétition. Avec l'innovation de ce match virtuel, une réelle réussite malgré un léger couac informatique à mi-parcours, les Français ont fait la preuve que des solutions restent envisageables dans l'attente de jours meilleurs.