Triathlon - Vincent Luis, champion du monde de triathlon, à son rythme

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Le champion du monde a repris l'entraînement depuis la fin novembre. Mais il gère avec soin sa montée en puissance pour aborder les JO de Tokyo au meilleur de sa forme.Quelques jours en Corse avec sa compagne, la triathlète américaine Taylor Spivey (4e mondiale), puis plusieurs jours à répondre aux sollicitations médiatiques à Paris, tout en passant chez lui à Reims pour de la paperasse, Vincent Luis a eu des vacances bien remplies depuis la fin du mois d'octobre (3 semaines de coupure).Pourtant, le champion du monde n'avait qu'une seule envie : reprendre le chemin de l'entraînement. « La vie que je mène en coupure, c'est cool mais ce n'est pas ma vie, ce n'est pas ce que j'aime, avoue-t-il. C'est nécessaire, c'est une récompense mais ça va dix jours. Tu ne t'entraînes plus, tu bouffes des trucs que tu ne manges pas d'habitude, tu te couches beaucoup plus tard. J'ai hâte d'arriver à mon premier jour de stage. »Depuis la fin du mois de novembre et son arrivée à San Luis Obispo en Californie, pour son stage de reprise, le triathlète de 30 ans a pu reprendre son rythme d'ascète, avec un réveil à 7 heures du matin, deux à trois entraînements par jour, une sieste et une extinction des feux à 21 h 30.Une remise en route avant de débuter les choses vraiment sérieuses dès le 6 janvier du côté de Fuerteventura (îles Canaries, Espagne) pour ses retrouvailles avec son groupe d'entraînement où l'attend notamment le triple champion du monde Mario Mola. « L'avantage d'avoir obtenu le titre (de champion du monde) et d'être qualifié pour les Jeux Olympiques, c'est que j'ai seulement besoin d'être prêt à m'entraîner au début du mois de janvier, lâche-t-il. Mario m'a donné une grande confiance en montrant qu'il était sûr de ce qu'il faisait. Je sais qu'en janvier 2019 on se faisait lâcher à l'entraînement et on a été performants ensuite. Il n'y a pas de stress. »Vincent Luis : «On est seulement limité par les capacités qu'on s'impose»Le Français sort d'une saison quasi parfaite avec un titre mondial et, comme pire résultat, une sixième place à l'étape de Leeds. De quoi inscrire son nom en premier sur la feuille des favoris à Tokyo le 27 juillet.« La saveur de la saison pour le moment est la même, je ne pense pas tellement aux Jeux, glisse-t-il. Je suis juste impatient de faire des courses. Ce qui me donne la confiance, c'est que quel que soit le scénario de course, je sais que je peux être devant. J'ai tellement de cartes en main. Cette année, ma plus mauvaise course c'est Leeds, où je suis malade comme un chien. Après, il peut toujours se passer quelque chose, un problème mécanique, une méforme. Mais depuis les Jeux de Londres (2012, 11e), j'ai fait en sorte d'avoir le maximum d'atouts et d'éliminer le maximum de variables. Tous les trucs que je peux maîtriser, j'essaie de les maîtriser. »Fini donc les caméras au coeur de sa préparation comme cela avait été le cas en 2016, tout comme un probable surentraînement lié à l'envie débordante de décrocher l'Olympe. « J'ai déjà fait l'erreur d'en faire plus pour les Jeux. Je ne prendrai pas de risques de faire plus ou de faire plus vite à l'entraînement. » Pour le reste, le Français, qui était déjà tombé autour des 67 kg pour la finale mondiale à Lausanne, compte bien être « encore plus rigoureux sur la nourriture », tout en allant « gratter des gains marginaux » dans le matériel.Et si la médaille n'est finalement pas au rendez-vous, ça ne sera pas la fin du monde, comme cela avait été le cas au Brésil il y a trois ans (7e des Jeux de Rio). « Le fait d'avoir eu le titre m'a donné un peu de tranquillité, avoue-t-il. Si demain je n'ai pas une médaille olympique, je resterai quand même champion du monde. Une médaille olympique c'est fou, mais si je ne l'ai pas, ma carrière restera l'une des meilleures dans l'histoire du triathlon mondial. »

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