Triple championne d'Europe, la reine slovène Janja Garnbret vise un sans-faute en Coupe du monde de difficulté

8 compétitions cette saison pour Janja Garnbret... et 8 victoires. (Dimitris Tosidis/Ifsc)

À 23 ans seulement, avec son triplé doré aux Championnats d'Europe d'escalade de Munich mi-août, Janja Garnbret a désormais tout gagné. Ce week-end (2-3 septembre), à domicile, à Koper, la championne olympique poursuit sa quête de sans-faute en Coupe du monde de difficulté, du jamais-vu sur le circuit.

Juste après son triplé européen inédit en or, Janja Garnbret évoquait dans un sourire un problème... d'armoire à trophée. « Une étagère s'est cassée il y a peu, expliquait la première championne olympique de l'escalade. Les choses dessus étaient trop lourdes. Quand je regarde l'étagère et les médailles, je me dis "wow, quand est-ce arrivé ?". Car le temps file, je suis beaucoup en compétition et parfois, tu t'arrêtes et tu réalises ce que tu as fait car c'est incroyable. »

À Koper ce week-end, la Slovène a l'occasion d'y ajouter un peu de poids, une médaille de plus, à domicile. Pour son retour sur les murs de compétition depuis les Championnats d'Europe allemands, la grimpeuse va vivre une Coupe du monde (2-3 septembre) devant son public, dans cette ville portuaire du sud-ouest du pays, sur la côte Adriatique.

Plus qu'une médaille, Garnbret est en course pour signer cette saison un sans-faute sur le circuit de difficulté (qu'elle a déjà réalisé en bloc en 2019). Après avoir fait une pause régénératrice en début de saison de bloc, elle a enchaîné les succès sur le circuit de difficulté : quatre en autant de manches de Coupe du monde (il en reste trois).

Preuve une fois de plus de son incroyable domination. Du haut de ses 23 ans, la Slovène a tout gagné en compétition (bloc, difficulté et combiné) : l'or olympique à Tokyo, six titres mondiaux, 36 victoires en Coupe du monde et 9 fois le classement général du circuit. À Munich mi-août, sur la Königsplatz (en français « place Royale »), la reine a décroché les deux derniers titres qui manquaient à son palmarès : l'or européen en bloc et en difficulté (et le format de Paris 2024, le combiné, déjà remporté en 2017). Sans survoler entièrement la compétition, mais toujours solide au bon moment.

Imbattable ? « Je ne crois pas, répond Nicolas Januel, coach des Bleus, à Munich. Notamment en qualifications, Oriane (Bertone, en bronze en bloc) a fait un bloc que Janja n'a pas fait. Alors, ça n'a pas suffi pour la battre, mais à partir du moment où tu peux faire un bloc que l'autre n'a pas fait, tu peux gagner. Après, effectivement, Janja a une très grosse marge. » Surtout, celle qui a débuté sur le circuit Coupe du monde à 16 ans, son premier podium (2e), sait mieux qui quiconque tenir la pression.

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« Je ne dirais pas que je ressens plus ou moins de pression que d'habitude, expliquait-elle à Munich, car je ressens toujours de la pression partout. Les gens attendent de moi que je gagne toutes les compétitions où je vais. Mais j'essaie de ne pas penser comme ça. J'essaie de juste profiter de la grimpe, être bien, être moi et repousser mes limites. »