Les trois points clés de la piste des Mondiaux de VTT de descente des Gets

La piste dessinée aux Gets pour les Championnats du monde de VTT de descente est appréciée des pilotes. Modifiée depuis la Coupe du monde de 2021, elle reste variée, alternant entre alpages et sous-bois, entre parties roulantes ou plus techniques, et toujours sous la menace d'un changement météo de dernière minute.

Depuis le haut de cette piste des Championnats du monde des Gets, on peut apercevoir le Mont-Blanc. Mais les vététistes n'auront pas le temps d'apprécier la vue ce samedi lors des finales, dès 13h15 pour les femmes et 14h35 pour les hommes. Ils connaissent la piste dans ses moindres recoins. Explication des enjeux du tracé avec Pierrick Lannes, membre de l'équipe de France junior et responsable sport marketing du team Commencal/Muc-Off, et avec Sylvain André, champion du monde de BMX en 2018, venu apporter sa vision de champion de vélo.

1- Une piste naturelle appréciée des riders
Même si les Championnats du monde ne sont plus venus aux Gets depuis 2004, les coureurs connaissent bien cette piste du Mont-Chéry. Depuis plusieurs années, elle est au programme de la Coupe du monde. Amaury Pierron y a gagné en 2019, imité par Thibaut Daprela l'année dernière. Néanmoins, la piste a quelque peu changé depuis 2021.

Un saut placé au coeur d'un virage a notamment été modifié, pour laisser plus de place aux riders lors de son approche. La dernière ligne droite a elle aussi été corrigée en début de semaine. « Il fallait augmenter la taille des réceptions, sinon il y avait un vrai risque de retomber sur une partie plate, ce qui peut être violent », décrit Sylvain André, connaisseur de ce genre de terrain accidenté. Dès mardi, les coureurs ont pu repérer la piste lors du « track walk », après qu'elle a été définitivement validée par l'Union cycliste internationale (UCI).

« La grande qualité de la piste, c'est qu'elle est naturelle. Parfois, comme à Fort William, en Écosse, les tracés sont largement aménagés, avec des obstacles qui sont installés. » Aux Gets, la terre est très meuble, presque aérienne, sans devenir pour autant trop poussiéreuse. « On se rapproche presque du terreau, décrit Pierrick Lannes. En course, ça permet d'éviter les surprises, il y a peu de glissades. Et bien sûr, avoir une piste naturelle, c'est aussi important pour notre discipline, les riders apprécient. »

2- Deux segments très raides
La piste du Mont-Chéry est longue de 2,4 kilomètres et se divise en plusieurs parties. La première est très rapide, avec un enchaînement de virages serrés dès la sortie du portillon de départ, puis une longue ligne droite descendant vers la deuxième section du tracé, dans les sous-bois. C'est là que se situent les deux segments les plus raides, et donc les plus compliqués à négocier. Les pourcentages de dévers peuvent monter jusqu'à 30 % par endroits. Même à pied, la descente est difficile. Au total, en moins de quatre minutes, les vététistes parcourent un dénivelé négatif de 560 mètres pour rejoindre l'arrivée, à une altitude de 1180 mètres.

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« Ce sont vraiment les endroits les plus techniques. Il faut arriver à garder une trajectoire la plus directe possible », décrit Pierrick Lannes en bord de piste. Sur ces parties, la piste est plus large et laisse souvent deux possibilités de trajectoire, que les pilotes choisissent en fonction de leurs impressions et de leurs points forts.

Les sauts, toujours impressionnants et télégéniques, sont loin d'être la partie la plus compliquée pour les pilotes. « C'est même la plus facile », renchérit Sylvain André. Et Pierrick Lannes d'ajouter : « Il y a peu de risque de tomber sur de gros sauts, surtout sur une partie droite. Ce qui peut être plus compliqué, c'est si un virage relevé arrive juste après le saut. Il faut gérer à la fois la réception et garder de la vitesse. »

3- Une météo variable qui pourrait modifier la piste
Dans le paddock, à moins de 24 heures du départ des finales, les équipes se veulent optimistes quant aux conditions climatiques. « Normalement, selon les prévisions météo, il ne devrait pas pleuvoir samedi matin, ni pendant les courses », assure Pierrick Lannes. Mais ce vendredi, deux petites averses sont venues surprendre les pilotes et les fans, déjà présents en nombre aux abords de la piste pour les entraînements. Le sol reste très sec, mais les équipes sont prévenues et se préparent à d'éventuels changements de dernière minute, notamment au niveau des pneus. Verdict ce samedi, avec les finales, dès 13h15 pour les femmes et 14h35 pour les hommes, en direct sur la chaîne L'Équipe.

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